La petite histoire de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité »

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 15/09/2023 |Modifié 14/09/2023

La devise de la République française est aujourd’hui inscrite sur de nombreux bâtiments publics et documents officiels. Pourtant, l’idée d’associer « Liberté », « Égalité » et « Fraternité » dans une même formule n'a pas toujours été une évidence… En cette Journée internationale de la Démocratie, retour sur l’histoire mouvementée de ce triptyque.

Bandeau de la devise républicaine.

Aux origines du triptyque

Faire de la liberté et de l’égalité deux notions inséparables trouve son origine dans la période des Lumières, au XVIIIe siècle, notamment chez des philosophes comme Rousseau.
Cette idée s’illustre dans les textes fondateurs de la Révolution française. Ainsi, l’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen d’août 1789, reconnaît que « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ».
Le rapprochement des trois notions « Liberté », « Égalité » et « Fraternité » n’apparaît qu’en décembre 1790, sous la plume de Robespierre. Dans son Discours sur l’organisation des gardes nationales, le député de l’Artois propose que les mots « Le Peuple Français » et « Liberté, Égalité, Fraternité » soient gravés sur les drapeaux et les uniformes des officiers.
La proposition n’est pas retenue, mais l’expression revient en 1793, sous la Terreur. « Unité, indivisibilité de la République, Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort », telle est la formule radicale que Jean-Nicolas Pache, alors maire de Paris, ordonne d’inscrire sur les façades de l'Hôtel de Ville et des édifices publics en juin 1793.
Le souvenir douloureux de la Terreur, puis l’Empire napoléonien, finissent par reléguer la formule dans l’ombre, au même titre que de nombreux symboles républicains.

Une formule qui a suscité des débats

Ce n’est qu’en 1848, avec la proclamation de la IIe République, que la formule « Liberté, Égalité, Fraternité » devient la devise officielle de la France. Elle figure alors comme « principe » républicain inscrit au préambule de la Constitution.
Pourtant, le XIXème siècle est traversé par un vif débat autour de l’ordre et du sens des mots. À l’instar du philosophe et homme politique Alexis de Tocqueville, certains estiment que le désir d’égalité peut freiner la liberté des individus.
Le théoricien du socialisme Pierre Leroux, quoique partisan de la devise, propose quant à lui de placer la fraternité au centre du triptyque, pour réconcilier liberté et égalité. D’autres perçoivent dans la fraternité une connotation religieuse, et lui préfèrent l’idée de solidarité.
Si les débats se prolongent au début de la IIIe République, la devise s’impose finalement. Elle est inscrite sur les frontons des édifices publics le 14 juillet 1880.

Un pilier de notre démocratie

Pourtant, à chaque fois que la démocratie vacille, la devise de la République est mise en cause. Ce fut notamment le cas sous le Second Empire et, plus récemment, sous le régime de Vichy.
En 1940, la devise de la République est abandonnée au profit de celle de l’État Français : « Travail, Famille, Patrie ». Elle continue pourtant de circuler dans les journaux résistants, faisant office de revendication dans un contexte de lutte fraternelle pour la Libération. Dans son discours du 15 novembre 1941, le général de Gaulle affirme ainsi :

« Nous disons Liberté-Égalité-Fraternité parce que notre volonté est de demeurer fidèles aux principes démocratiques (…) qui sont l'enjeu de cette guerre pour la vie et la mort. »

Le général de Gaulle

  • Discours du 15 novembre 1941

La République, une et indivisible

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, s’installe l’idée selon laquelle les trois termes du triptyque ne peuvent pas être séparés. Parce que les citoyens sont libres en droits et égaux devant la loi, ils partagent un destin politique commun.
Cette logique interne illustre l’unité et l’indivisibilité de la République. Elle justifie l’inscription de « Liberté, Égalité, Fraternité » dans les constitutions de 1946 et de 1958. Au même titre que le drapeau tricolore et l’hymne national « La Marseillaise », elle figure comme un symbole de la République.

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