Des berlingots de lessive.
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Connaissez-vous le « plastique sans plastique » ?

Ce contenu a été publié sous le gouvernement du Premier ministre, Jean Castex.

Publié 07/04/2022

La société Lactips, anagramme de « Plastic », produit un « plastique sans plastique » : contradiction, oxymore, simple jeu de mots ou réalité ? Enquêtons.

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La réponse se trouve à Saint-Paul-en-Jarez, à quelques 40 kilomètres au sud de Lyon, où est implantée la ligne de production de la société Lactips créée en 2014 par Marie-Hélène Gramatikoff, plasturgiste et Frédéric Prochazka, enseignant-chercheur à l’Université de Saint-Etienne,
La particularité de cette entreprise tient à sa production de plastique issu d’une protéine naturelle, la caséine ! 

Si ce matériau fait partie de la famille du plastique, contrairement aux plastiques de synthèse issus du pétrole ou du gaz naturel, celui de Lactips est écologique car biosourcé, recyclable et biodégradable. Une invention permise, entre autres, par des fonds européens.

Le plastique écologique et 100 % biodégradable, ça existe ! Et on accélère son développement grâce à l'Union européenne.

Marie-Hélène Gramatikoff (co-fondatrice de Lactips)

Sur le site de production de Lactips à Saint-Paul-en-Jarez

Des solutions contre la pollution plastique

Le plastique à usage unique est très présent dans notre quotidien. La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire vise à réduire l’utilisation du plastique jetable et à favoriser la substitution du plastique par d’autres matériaux ou le développement d’emballages réutilisables ou recyclables et recyclés.

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Que désigne-t-on par plastique ? Le plastique est un terme générique désignant un mélange contenant une matière de base (un polymère) susceptible d’être moulée, façonnée, en général à chaud et sous pression, afin de conduire à un semi-produit ou à un objet

Incontournable de par ses qualités (solide, souple, imputrescible…), il satisfait à de nombreux besoins tels que les emballages, les objets de consommation et de vie quotidienne.

Depuis son apparition à la fin du XIXe siècle et son essor après la seconde Guerre mondiale, la production de plastiques de synthèse (celluloïd, cellophane, PVC, téflon...) s’appuie principalement sur l’usage de matières fossiles comme le pétrole ou le gaz naturel, grâce aux progrès de la pétrochimie.

Le principal écueil du plastique issu de matériaux fossiles est qu’il n’est pas biodégradable. Il se répand et stagne dans les milieux naturels, sur terre comme dans les mers et les océans.

Certes, le plastique se réduit mais il met des siècles à se dégrader sans que ne soit garantie sa dégradation complète. Sa fragmentation en microparticules fait que ces dernières sont ingérées par les organismes vivants, comme les poissons et autres produits de la mer en milieu marin.

Chemin faisant, le plastique entre dans notre chaîne alimentaire, nous ingérons du plastique sans le savoir. Une voie d'entrée qui se fait aussi dans les airs. La pollution plastique est aujourd’hui un souci environnemental majeur.

Pour réduire l'usage du tout-plastique, notamment du plastique à usage unique, on peut agir sur sa réduction à la source, son recyclage et la réutilisation.

Une autre voie consiste à lui substituer des matériaux réutilisables ou biodégradables comme le carton, le papier ou le tissu, par exemple pour les emballages. Mais ces derniers présentent des faiblesses à l’usage tels que le manque de solidité, de perméabilité à l’air et à l’eau et du fait qu’on ne peut le sceller.

Or, l'usage des emballages plastiques traditionnels répond aux exigences d’hygiène et de protection contre la prolifération des bactéries. Ils augmentent la durée de vie des aliments et permettent que d’importantes quantités de denrées alimentaires ne finissent en nourriture avariée.

Avec le plastique biosourcée, recyclable et biodégrable,  il devient alors possible de continuer à bénéficier des avantages du plastique... sans les inconvénients.

Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas

Lave-linge
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Lactips propose une solution pour les emballages en papier sans plastique ni substance additives controversée, totalement recyclable et compostable. Grâce à la possibilité de mêler son plastique biosourcé  aux fibres de papier ou de carton ces dernières acquièrent ainsi des propriétés qui les rendent plus adéquats aux nouveaux usages de consommation. 

La société produit son plastique sous forme de granulés qui vont servir aux entreprises de plasturgie pour produire leurs produits : emballages divers, film plastique, doses hydrosolubles de lessive...Avec cet avantage majeur de pouvoir réutiliser et recycler ce matériau, car le plastique Lactips est soluble dans l’eau.

Biodégradable, il peut aussi être utilisé par les entreprises de compostage et retourner sans toxicité dans le milieu naturel.

Alors « plastique sans plastique » ou non ?

Issu d'un polymère, le matériau - appelons-le comme ça - de Lactips est bien un plastique d'un point de vue chimique, car sa structure moléculaire est un polymère.

Contrairement aux plastiques issus de matières fossiles (pétrole et gaz naturel), il ne pollue pas. Issu d'une source naturelle, le bioplastique de Lactips est écologique. « Zéro déchet » - recyclable et biodégradable - il entre dans une chaîne d'économie circulaire et ne présente aucune toxicité pour l'environnement.

Considéré comme un polymère naturel selon la réglementation Reach, il ne relève pas de la restriction par la loi des microplastiques - ceux que l'on retrouvent dans les océans - ni des exigences d'étiquetage et de déclaration relatifs aux plastiques de synthèse artificiels.
Alors « plastique sans plastique » ? Un bioplastique, assurément.

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