25 avril 2019 - Actualité

Grenoble, Nice, Paris et Toulouse accueillent des instituts de recherche en IA

L'objectif de ces instituts : développer le potentiel français en matière d'intelligence artificielle (IA), technologie stratégique pour l'avenir du pays.
 
En mars 2018, le président de la République annonçait une stratégie nationale pour l'intelligence artificielle. Un an après, la ministre Frédérique Vidal et le secrétaire d'État Cédric O ont annoncé le lancement de quatre instituts interdisciplinaires d'intelligence artificielle (3IA) dans quatre grandes villes françaises.

Structurer la recherche en IA sur le territoire

Présélectionnés en amont par un jury de chercheurs internationaux, les quatre projets ont été définitivement labellisés ce mercredi 24 avril 2019. Cette labellisation couvre une période initiale de quatre ans.

En complément, une spécialité a été décernée pour chaque institut :
 
  • le MIAI@Grenoble-Alpes se concentrera sur les domaines de la santé, l’environnement et l’énergie.
  • À Nice, le 3IA Côte d’Azur se penchera sur la santé et le développement des territoires.
  • L’institut PRAIRIE, basé à Paris, privilégiera la santé, les transports et l’environnement.
  • L’ANITI de Toulouse concernera les questions de transport, d’environnement et de santé.
Dotés de 75 millions d’euros via le 3e volet du programme d’investissements d’avenir (PIA3), les instituts compteront également sur des soutiens équivalents de partenaires publics et privés. Au total, ce sont donc 225 millions d’euros qui seront consacrés aux projets de recherche des 3IA.

J'attends des 3IA qu'ils fonctionnent rapidement en réseau au plan national avec l'appui de l'INRIA qui coordonne le programme national de recherche, avec leurs homologues allemands et plus largement avec les meilleures institutions de recherche mondiale en IA”, a déclaré Frédérique Vidal.

Les 3IA, premiers jalons d’une stratégie globale pour l’IA

La stratégie nationale de recherche en IA repose sur un double objectif : d’une part, installer la France comme un pays expert de l’intelligence artificielle dans le monde. De l’autre, en faire le leader européen de la recherche en IA.

Cette stratégie s’articule autour de six grands axes. D’abord, le déploiement d’un programme national pour l’IA, piloté par l’Institut national de la recherche dédié aux sciences du numérique (INRIA). Son objectif : développer l’écosystème de recherche en IA, notamment via les instituts 3IA.

Ensuite, le lancement d’un programme d’attractivité et de soutien aux talents, chercheurs et doctorants spécialisés en IA. "La bataille pour l'IA est d'abord une bataille pour l'intelligence humaine”, explique Cédric O. “Il nous faut conserver et attirer les meilleurs chercheurs mondiaux afin qu'ils forment nos futurs chercheurs et irriguent l'écosystème français.”

À cette fin, l’Agence nationale pour la recherche (ANR) lancera prochainement deux appels à projets. Le premier portera sur des chaires individuelles en IA ; le second portera quant à lui sur des programmes doctoraux. Chaque appel à projet sera doté de 20 millions d’euros.

Le troisième axe de la stratégie consiste à dynamiser la recherche en IA à l’ANR. Pour ce faire, les pouvoirs publics prévoient de renforcer la dotation de l’agence de 100 millions d’euros d’ici à 2022.

La stratégie prévoit aussi le renforcement des moyens de calcul de la France (notamment en installant un des plus puissants supercalculateurs en Europe). Enfin, les deux derniers axes consistent au renforcement de la recherche des projets partenaires (programme Labcom, instituts Carnot, IRT) et des coopérations bilatérales, européennes et internationales en IA.

AI for Humanity : une vision française de l’IA

Après la remise du rapport Villani au président de la République en mars 2018, Emmanuel Macron avait présenté les grands engagements de la France en matière d’IA. Au nombre de trois, ces engagements servent de socle au développement de l’IA sur le territoire :
  • Miser sur les talents français, notamment via le programme national de recherche en IA ;
  • Ouvrir les bases de données françaises pour exploiter leurs données au mieux, dans le cadre du Règlement général sur la protection des données (RGPD) ;
  • Enfin, poser un cadre éthique au développement de l’IA, afin d’assurer la transparence et la loyauté des algorithmes.