France 2030 | Accélérer la transition agroécologique grâce aux agroéquipements de demain : lancement du Grand Défi « robotique agricole » et première pierre de l’Agrotechnopôle

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 22/09/2023 |Modifié 22/09/2023

Ce vendredi 22 septembre, Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement, ont lancé le Grand Défi « Robotique Agricole », opéré par l’Agence nationale de la recherche (ANR), confié à l’association RobAgri pour le pilotage global, avec l’appui scientifique d’INRAE, en présence de Philippe Mauguin, PDG d’INRAE, et de Christophe Aubé, président de RobAgri. Financé par l’Etat à hauteur de 21 millions d’euros dans le cadre de France 2030, le Grand Défi « Robotique Agricole » doit permettre de consolider la filière robotique agricole pour accélérer la transition agroécologique, en apportant aux agriculteurs des solutions pour le pilotage de leur exploitation. L’accent est mis sur la levée des verrous technologiques et réglementaires au déploiement de la robotique agricole

Le lancement du Grand Défi a été l’occasion pour les ministres et le PDG d’INRAE de poser la première pierre de l’AgroTechnoPôle sur le site d’INRAE à Montoldre (Allier), qui sera le cœur de recherches et d’expérimentations robotiques, en présence de Catherine Staron, vice-présidente déléguée à l’enseignement supérieur, recherche et innovation de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de Claude Riboulet, président du Conseil départemental de l’Allier.
La France figure parmi les leaders internationaux du marché mondial émergent de robotique agricole. Dans le cadre de la stratégie d’accélération « Systèmes agricoles durables et équipements agricoles contribuant à la transition écologique » (SADEA) et de France 2030, l’Etat a confié le pilotage du Grand Défi Robotique Agricole à l’association RobAgri, regroupant 85 acteurs du monde industriel, scientifique et agricole engagés dans le développement de la filière robotique française. Ce Grand Défi vise à déployer des solutions opérationnelles pour les agriculteurs sur le terrain, et sera conduit en cohérence avec les avancées réalisées au sein des grands programmes de recherche et d’innovation financés par France 2030.
En grandes cultures, arboriculture, maraichage ou élevage, le monde agricole doit pouvoir s’appuyer sur des technologies de rupture, en particulier en robotique pour amplifier et aider les changements de pratiques et de systèmes dans la conduite des exploitations, pour accompagner la transition du modèle agricole vers des systèmes plus durables. Réduction et précision des applications de pesticides et d’engrais, désherbage mécanique, combinaison et suivi des tâches, aide à la décision des agriculteurs, réduction de la pénibilité et des risques des travaux au champ et à l’étable, gestion du bien-être des animaux sont autant de tâches qui seront facilitées par la mise à disposition sur le terrain de plateformes robotiques innovantes. Le déploiement de ces nouveaux agroéquipements, aux côtés d’autres leviers comme la sélection végétale, l’utilisation du biocontrôle ou encore les infrastructures agroécologiques (agroforesterie, haies…), doit permettre d’accélérer le développement de l’agroécologie à grande échelle.
Dans cette optique, France 2030 investit sur la robotique agricole comme levier de l’accélération de la transition agroécologique par le financement à hauteur de 21 millions d’euros du Grand Défi « Robotique Agricole ». Celui-ci doit permettre d’accompagner scientifiques et industriels dans une approche transversale, en réunissant chercheurs, fabricants d’agroéquipements et de robots, enseignants, acteurs du développement et du conseil et groupements d’agriculteurs autour d’un même objectif : déployer des outils robotiques pour conduire des exploitations de manière agroécologique. Ensemble, ces acteurs vont placer la France parmi les leaders de ce champ d’innovation.
Le Grand Défi s’articulera ainsi autour de 3 objectifs complémentaires :
  • La mise en place de nouvelles pratiques agroécologiques (traitement localisé, surveillance précise, entretiens fréquents, impact réduit des sols…)
  • La mise au point de maturation des technologies (à l’aide aussi d’hackathons, de challenges, etc..)
  • L’appropriation des nouvelles technologies par les agriculteurs et leur acceptation par la société (échanges avec le monde agricole, actions de sensibilisation citoyenne).
Chargé de mailler un réseau national de stations de test et d’essai, le Grand Défi s’appuiera notamment sur la plateforme d’innovation ouverte de l’AgroTechnoPôle1 , sur le site d’INRAE à Montoldre, qui associe la recherche publique et les entreprises autour de la conception et de l’utilisation de bancs de recherche et d’expérimentation au service d’innovations de rupture dans le champ des agroéquipements pour l’agriculture durable de demain.
La première phase de cette plateforme est financée par la région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de 1,6 millions d’euros, par l’Etat à hauteur de 1 M€ dans le cadre du Contrat de Redynamisation du Site de Défense de Varennes sur Allier, par le département de l’Allier à hauteur de 200 k€ et par INRAE à hauteur de 1,2 M€ ainsi que par les contributions des entreprises référentes à hauteur de 800 k€ pour mettre au point, en conditions réelles et en rassemblant tous les acteurs de la chaîne, des agroéquipements et des robots répondant aux besoins de toutes les filières agricoles.
Dans un objectif de commercialisation, les verrous liés à la sécurité de l’usage de la robotique au champ devront être levés par la mise au point de référentiels standardisés pour l’ensemble de la filière robotique, ceci s’appuyant sur des bancs dédiés. Le Grand Défi se concrétise par la pose de la première pierre de l’AgroTechnoPôle et l’ouverture prochaine par l’Agence nationale de la recherche (ANR) d’un premier appel à projets de recherche fin 2023.
Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :
« Préserver la Terre, nourrir ses habitants, protéger la santé de ceux qui la cultivent : voilà autant d’enjeux sur lesquels la recherche et l’innovation robotique nous permettent de répondre aux enjeux de demain. Avec un investissement de 21 millions d’euros via France 2030, le Grand défi « robotique agricole » accélèrera notre transition agroécologique.Il permettra à la France de continuer à créer ce qu’elle sait le mieux produire : des savoirs et des biens agricoles. »
Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire :
« La robotique agricole est un levier de la transition agroécologique. Le grand défi va permettre de concentrer les efforts des acteurs publics et privés de la recherche, pour déployer ces innovations dans le monde agricole : en travaillant à l’adaptation de ces outils à leur environnement, à leur sécurité et facilité d’utilisation pour les agriculteurs. Ces innovations n’ont pas vocation à remplacer les femmes et les hommes qui ont choisi l’agriculture, mais à les épauler dans leur travail au quotidien. Dans le renouvellement des générations, c’est aussi un enjeu d’attractivité des métiers. La robotique agricole contribue à réduire la pénibilité des tâches, dans l’élevage comme les cultures végétales. Elle permet de renforcer la compétitivité des exploitations. Ce qui est en jeu, c’est la souveraineté alimentaire. »
Philippe Mauguin, PDG d’INRAE :
« Le lancement du Grand Défi Robotique Agricole va permettre de lever des verrous scientifiques et technologiques essentiels à la conception d’innovations robotiques durables. En combinant nos forces de recherche dans le domaine des agroéquipements, notamment sur la plateforme de l’AgroTechnoPôle, mais aussi dans les domaines agronomique et environnemental, et en nous appuyant sur l’expertise des 85 acteurs de RobAgri, nous nous donnons toutes les chances d’aboutir à des solutions concrètes adoptées par le monde agricole pour soutenir le déploiement de l’agroécologie à grande échelle. »
Christophe Aubé, président de RobAgr  :
« Le Grand Défi Robotique Agricole se veut transformant : nous engageons nos membres à construire une agriculture de demain plus durable et avec un impact rapide. C’est cette vision portée par les différents adhérents de RobAgri que nous soutiendrons et qui sera accéléré par le GDRA. Au-delà des sensibilités très différentes des membres, notre mission et d’accompagner notre agriculture dans cette transformation via cette pluralité de compétences et d’expériences. Ainsi nous ne nous appuierons pas exclusivement sur les solutions robotiques mais sur toutes les techniques agricoles et agronomiques de nos partenaires avec toujours, un lien fort avec nos agriculteurs.
Catherine Staron, vice-présidente déléguée à l’enseignement supérieur, recherche et innovation de la Région Auvergne-Rhône-Alpes :
« Premier financeur, avec un investissement de plus de 1,6 M€, la Région s’est associée dès 2019 au projet d’AgroTechnoPôle dont la vocation est de développer et tester de nouvelles solutions technologiques et numériques pour une exploitation agricole tout à la fois productive et respectueuse de l’environnement. Sous l’impulsion de Laurent Wauquiez, la Région soutient sans faille nos agriculteurs. Je suis extrêmement fière du soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes à l’AgroTechnoPôle. La Région s’est donnée comme priorités la modernisation des exploitations agricoles et l’adaptation au changement climatique. Nous sommes convaincus qu’aider nos agriculteurs à développer nos filières de productions régionales est essentiel pour assurer notre souveraineté. Notre politique de recherche et d’innovation est fortement mobilisée sur cet objectif. »
Claude Riboulet, président du Conseil départemental de l’Allier :
« Ce Grand Défi de la Robotique Agricole, le Département de l’Allier y prend une juste part avec le site de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) situé à Montoldre, non loin de Vichy. Cette plate-forme d’essai grandeur nature, à l’affût des technologies les plus innovantes au service de l’élevage et des cultures végétales, préfigure l’agriculture raisonnée et responsable de demain. Là où l’expérience s’avère école de pragmatisme parce que seul est vrai ce qui réussit. Là où les valeurs humaines lancent le plus grand défi aux robots de l’écotechnologie : conjuguer l’intelligence naturelle avec le bon sens naturel de nos agriculteurs. »

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