11 décembre 2019

Mieux organiser les fins de carrière : des transitions de l’activité à la retraite facilitées

 

Diagnostic

Depuis quinze ans, le taux d’emploi des seniors (55-64 ans) a nettement progressé. Il était de 37% au début de l’année 2004 et s’établit à 52,5% au début de l’année 2019, soit une hausse de 15 points environ. Ce taux est néanmoins toujours inférieur à la moyenne européenne. Ces chiffres masquent également une disparité entre la tranche 55-59 ans (72%) et la tranche 60-64 ans (31%). Si le taux de chômage est plus faible que la moyenne, le retour à l’emploi est plus difficile, ce qui entraîne un chômage de plus longue durée.

Les transitions entre l’emploi et la retraite, si elles ont connu des assouplissements et des diversifications depuis 10 ans, restent trop uniformes. La retraite progressive peine à décoller (18 000 bénéficiaires fin 2018) et le cumul emploi-retraite, même s’il a progressé, reste limité en raison de la liquidation définitive de la pension et de l’impossibilité d’acquérir de nouveaux droits en travaillant.

Enjeux

Pour accompagner l’allongement de la vie active, l’emploi des travailleurs expérimentés doit constituer une priorité collective des pouvoirs publics, des employeurs et des salariés.

Les dispositifs de transition entre l’emploi et la retraite doivent être plus simples et plus attractifs pour offrir des solutions sur mesure à l’ensemble des travailleurs.

L’emploi des seniors doit être pleinement intégré aux politiques de ressources humaines des entreprises : accès à la formation, parcours professionnels, aménagement des fins de carrière, adaptation des postes de travail, etc.

Mesures

L’objectif est de donner davantage de liberté aux personnes pour organiser leur fin de carrière en élargissant et en simplifiant la retraite progressive et le cumul emploi/retraites.

Le départ en retraite progressive qui permet de travailler à temps partiel avec une compensation par la retraite de la perte de revenus, sera élargi et simplifié :
  • Elle sera ouverte à l’ensemble des salariés, y compris les cadres au forfait ;
  • les modalités d’accès seront rendues plus faciles pour le salarié (définition du temps partiel plus souple) ;
  • l’employeur qui en refusera l’accès devra démontrer que la réduction du temps de travail est impossible, compte tenu de l’activité économique de l’entreprise.
Thomas est salarié et dispose d’un salaire net mensuel de 2 260 euros. À 62 ans, il décide de se mettre à mi-temps et demande à bénéficier de la retraite progressive. Ses revenus sont les suivants :
  • Salaire à mi-temps = 1 130 euros
  • Retraite progressive = 756 euros
  • Thomas dispose donc de 1 130 euros + 756 euros = 1 886 euros nets par mois.
Pendant sa retraite progressive, il continuera de cotiser et d’améliorer sa retraite.

Le dispositif de cumul emploi retraite sera plus attractif :
  • À compter de l’atteinte de l’âge d’équilibre, de nouveaux droits à la retraite pourront être acquis, contrairement à aujourd’hui, où les retraités cotisent mais n’améliorent pas leur retraite.

Au-delà, le gouvernement proposera aux partenaires sociaux d’élaborer une stratégie pour améliorer l’emploi des travailleurs expérimentés autour notamment des axes stratégiques suivants :
  • Mettre les enjeux du vieillissement au cœur des politiques de prévention et de santé au travail des entreprises ;
  • Prévenir les risques d’obsolescence des compétences en seconde partie de carrière et favoriser la transmission des savoirs ;
  • Renforcer les capacités de choix individuels ;
  • Aménager les parcours et soutenir les transitions professionnelles des travailleurs expérimentés ;
  • Accélérer la transformation culturelle des organisations pour faire évoluer les représentations.