Réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et accélérer la transition agroécologique

Agriculture
Publié le : 7 mai 2021
Une pousse de plante dans un champ
Photo : Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation

Comment réduire les produits nocifs dans les champs ? Quelles sont les alternatives pérennes ? Retrouvez ici les réponses à ces questions.

Agriculteurs engagés en2019 dans des démarches de certification Bio et Haute Valeur Environnementale
52 000

Qu’est-ce qui a changé ?

La réduction de l’usage des produits phytosanitaires (communément appelés pesticides) constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité.

Depuis le 9 avril 2019, le plan Ecophyto II+ prévoit une réduction de l’usage de ces produits de 50% d'ici à 2025. Il prévoit également de sortir du glyphosate d'ici la fin 2020 pour les principaux usages et au plus tard en 2022 pour l'ensemble des usages.

Pourquoi cette mesure ?

Pour réduire les risques et les effets de l’utilisation des produits phytosanitaires sur la santé humaine et l’environnement et fournir une alimentation saine, durable, locale et accessible à tous. Il s'agit d'accompagner les agriculteurs et l'ensemble des filières de production dans la transformation et la diversification des systèmes de production. Cette transformation repose en particulier sur la mise au point de nouvelles pratiques culturales ne faisant pas appel aux produits phytosanitaires.

Pour qui ?

Ces mesures s’adressent aux entreprises de distribution et de services, aux collectivités, aux particuliers, aux agriculteurs et aux entreprises des filières agricoles.

Des aides spécifiques sont mises en place pour encourager les agriculteurs dans la transformation des systèmes de production

Plus de 400 millions d’euros sont mobilisés chaque année, dont 200 millions d’euros dédiés à la conversion en agriculture biologique.
Ce montant a été porté à hauteur de 250 millions d’euros dès 2020 afin d’accélérer la transition agroécologique. Des moyens complémentaires ont été dégagés en 2021 dans le cadre du plan de relance pour soutenir les investissements nécessaires à l’acquisition par les agriculteurs de matériels de substitution permettant de faire évoluer les techniques culturales sans recourir aux des produits phytosanitaires (deux appels à projets pour un montant total de plus de 230 millions d’euros permettant d’accompagner l’investissement dans des matériels d’épandage plus performants ou de substitution à l’usage de produits phytopharmaceutiques).

L’ensemble des acteurs, depuis les agriculteurs jusqu'à la grande distribution, les scientifiques et les citoyens sont mobilisés et concernés par le sujet.

Où en-est on ?

La séparation des activités de vente et de conseil pour les produits phytosanitaires est effective depuis le 1er janvier 2021, cette séparation de la vente et du conseil a pour objectif de garantir l’indépendance du conseil délivré aux agriculteurs et de réduire l’utilisation des produits phytosanitaire.

Le développement de la certification environnementale progresse, plus de 52 000 agriculteurs sont engagés dans des formalités de certification (+18% entre 2018 et 2019) qui portent sur des engagements en terme de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires (certification Bio et Haute Valeur Environnementale).

Un plan d’action spécifique pour le glyphosate a été initié. L’ANSES a, à la demande du Gouvernement, mis en place de nouvelles restrictions d’usage pour le glyphosate. Seuls restent autorisés les usages pour lesquels aucune alternative à l’emploi du glyphosate n’existe. Ces restrictions sont applicables dès 2021. La réduction attendue des volumes de glyphosate utilisés en agriculture est de 50%.

L’interdiction d’utilisation des produits phytosanitaires dans tous les lieux de vie (mise en œuvre de la loi Labbé) rentrera en vigueur d’ici à juillet 2022, elle sera étendue aux terrain de sport de haut niveau d’ici à 2025.

La France participe activement aux discussions au niveau européen

  • elle exprime une position constante en faveur du retrait des substances CMR 1. Ces substances seront définitivement interdites fin 2022,
  • elle contribue et soutient les initiatives européennes telles que la stratégie de la ferme à la table qui retient un objectif de réduction de 50% des substances les plus dangereuses d’içi à 2030.

Ces actions s'inscrivent dans un cadre transparent avec la publication chaque année d’indicateurs de suivi de l’utilisation des produits phytosanitaires et d’évolution de la transformation des systèmes de production.

Est-ce que cela fonctionne ?

Les ventes de produits phytopharmaceutiques ont baissé de 34 % entre 2018 et 2019 après une hausse de 21% entre 2017 et 2018. Les ventes de glyphosate sont également orientées à la baisse en 2019 (-38%) après une augmentation de 10%.

On enregistre une baisse de 50% des ventes des produits les plus préoccupants entre 2018 et 2019 (produits contenant des substances cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques – CMR). Entre 2018 et 2019, les CMR1 diminuent de 63% tandis que les CMR2 baissent de 49%.

On observe une augmentation continue des surfaces en agriculture biologique depuis 2017. Fin 2019, 8,5% de la SAU nationale est cultivée en AB.

Les pratiques agricoles évoluent : on observe un recours accru aux produits de biocontrôle et l’engagement croissant des agriculteurs dans des démarches reconnues économes en produits (Bio et HVE).

Vous avez d’autres questions ?

Qu’est-ce qu’un produit phytopharmaceutique ?

Les produits phytopharmaceutiques sont des préparations destinées à protéger les végétaux et les produits de culture contre des maladies ou des ravageurs des végétaux.

Quelles sont les alternatives au glyphosate ?

Le 22 juin 2018 le Gouvernement s'est engagé à mettre fin aux principaux usages du glyphosate dans les trois ans au plus tard et dans les cinq ans pour l’ensemble des usages, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés sans solution. Il complète le plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, avec un objectif de -25% en 2020 et -50% en 2025.

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