Réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et accélérer la transition agroécologique

  • Agriculture
Publié le : 15 décembre 2021
Mise à jour : 15 mars 2022
Source : Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Comment réduire les produits nocifs dans les champs ? Quelles sont les alternatives pérennes ? Retrouvez ici les réponses à ces questions.

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Nombre d’agriculteurs engagés en 2021 dans une démarche certifiée de transition agro-écologique

Le Gouvernement est pleinement engagé dans la transition agroécologique, notamment au travers du plan national de réduction des produits phytopharmaceutiques, Écophyto II+.

Après près d’une décennie de hausse, la tendance à la baisse observée depuis 2019 est confirmée par les chiffres provisoires des ventes 2021 avec un volume de produits phytopharmaceutiques de synthèse vendus sur la période 2019-2021 au plus bas depuis 2009 et le début du plan Ecophyto.

Qu’est-ce qui a changé ?

La réduction de l’usage des produits phytosanitaires (communément appelés pesticides) constitue une attente citoyenne forte et une nécessité pour préserver notre santé et la biodiversité.

Depuis le 9 avril 2019, le plan Ecophyto II+ prévoit une réduction de l’usage de ces produits de 50% d'ici à 2025.

Pourquoi cette mesure ?

Pour réduire les risques et les effets de l’utilisation des produits phytosanitaires sur la santé humaine et l’environnement et fournir une alimentation saine, durable, locale et accessible à tous. Il s'agit d'accompagner les agriculteurs et l'ensemble des filières de production dans la transformation et la diversification des systèmes de production. Cette transformation repose en particulier sur la mise au point de nouvelles pratiques culturales ne faisant pas appel aux produits phytosanitaires.

Pour qui ?

Ces mesures s’adressent aux entreprises de distribution et de services, aux collectivités, aux particuliers, aux agriculteurs et aux entreprises des filières agricoles.

Les transitions vers des systèmes agricoles plus durables sont déjà pleinement en cours grâce notamment au développement de l’agriculture biologique : 2,78 millions d’hectares sont cultivés en agriculture biologique en France (contre 1,3 million en 2015), soit une hausse de 53%, avec une part de 10,3% de surface bio dans la surface agricole française. A elle seule, la France représente 15,6 % de la SAU bio de l’UE soit la 1ère surface agricole en bio de l’Union européenne. L’ambition de la politique agricole commune prévoit un objectif de 18% de la surface agricole cultivée en agriculture biologique en 2027.

Près de 400 millions d’euros sont mobilisés chaque année, dont 200 millions d’euros dédiés à la conversion en agriculture biologique. Ce montant a été porté à hauteur de 250 millions d’euros dès 2020 afin d’accélérer la transition agroécologique. Des moyens complémentaires ont été dégagés en 2021 dans le cadre du plan de relance pour soutenir les investissements nécessaires à l’acquisition par les agriculteurs de matériels de substitution permettant de faire évoluer les techniques culturales sans recourir aux produits phytosanitaires

L’ensemble des acteurs, depuis les agriculteurs jusqu'à la grande distribution, les scientifiques et les citoyens sont mobilisés et concernés par le sujet.

Où en-est on ?

La séparation des activités de vente et de conseil pour les produits phytosanitaires est effective depuis le 1er janvier 2021, cette séparation de la vente et du conseil a pour objectif de garantir l’indépendance du conseil délivré aux agriculteurs et de réduire l’utilisation des produits phytosanitaire.

Le développement de la certification environnementale progresse, plus de 83 000 agriculteurs sont engagés dans des formalités de certification  (+23 % entre 2020 et 2021) qui portent sur des engagements en terme de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires (certification Bio et Haute Valeur Environnementale).

Un plan d’action spécifique pour le glyphosate a été initié. L’ANSES a, à la demande du Gouvernement, mis en place de nouvelles restrictions d’usage pour le glyphosate. Seuls restent autorisés les usages pour lesquels aucune alternative à l’emploi du glyphosate n’existe. Ces restrictions sont applicables depuis 2021.

L’interdiction d’utilisation des produits phytosanitaires dans tous les lieux de vie (mise en œuvre de la loi Labbé) est entrée en vigueur en juillet 2022, elle sera étendue aux terrain de sport de haut niveau d’ici à 2025.

La France participe activement aux discussions au niveau européen

Elle contribue et soutient les initiatives européennes telles que la stratégie de la ferme à la fourchette qui retient un objectif de réduction de 50% des substances les plus dangereuses d’içi à 2030.

Ces actions s'inscrivent dans un cadre transparent avec la publication chaque année d’indicateurs de suivi de l’utilisation des produits phytosanitaires et d’évolution de la transformation des systèmes de production.

Est-ce que cela fonctionne ?

La réduction ou l’arrêt de l’utilisation de produits phytosanitaires nécessite de disposer d’alternatives sérieuses et opérationnelles pour permettre aux agriculteurs de favoriser de nouvelles pratiques agricoles économiquement viables et garantir notre souveraineté alimentaire. Le recours à la recherche et l’innovation constitue donc un axe essentiel de l’action du Gouvernement. Il s’agit de développer des solutions nouvelles que ce soit dans la sélection variétale, le biocontrôle, la robotique ou encore le numérique que les agriculteurs mobilisent pour mettre en oeuvre la protection intégrée des cultures.

À cet égard, l’axe 2 du plan Écophyto II +, centré sur la recherche, monte en puissance depuis 2017. Afin d’accompagner les agriculteurs pour une meilleure appropriation, la France a aussi engagé des plans massifs d’investissements, notamment via France Relance et France 2030 pour un investissement total de près de 4 milliards d’euros. Ces dispositifs doivent permettre de financer des solutions durables et innovantes, notamment sur le volet renouvellement des agroéquipements.

Le plan Ecophyto arrivant à échéance en avril 2024, un travail de réflexion va être lancé au 1er semestre 2023 pour l’élaboration du prochain plan national quinquennal. Cette réflexion permettra de définir entre autres les objectifs stratégiques du plan, ses leviers d’action et les moyens adaptés pour y parvenir.

Les données provisoires des ventes agrégées à l’échelle de la France entière pour l’année 2021, issues des déclarations réalisées début 2022, font notamment apparaître :

  • qu’en 2021, les ventes se sont élevées à 43013 tonnes (hors produits utilisables en agriculture biologique et produits de biocontrôle) et sont restées stables par rapport à 2020 (+0,7%), et sont 19 % en dessous de la moyenne 2012-2017 ;
  • cette diminution se confirme en tendanciel: la moyenne triennale est la plus faible depuis le début du plan Ecophyto, elle diminue plus récemment de 19% entre 2017-2019 et 2019-2021 ;
  • les ventes de produits de biocontrôle et de produits utilisables en agriculture biologiques progressent de 13% entre 2020 et 2021, ce qui montre le développement de solutions alternatives ;
  • les ventes de glyphosate amorcent une baisse avec une diminution de 14% entre 2020 et 2021, passant de 8645 tonnes à 7765 tonnes ;
  • enfin, à noter une baisse continue de la vente des substances les plus à risque (CMR1) : de plus de 5000T en 2018, on passe à 780T en 2021 soit une baisse de 85% sur une période de 4 ans.

Les pratiques agricoles évoluent : on observe un recours accru aux produits de biocontrôle et l’engagement croissant des agriculteurs dans des démarches reconnues économes en produits (Bio et HVE).

Vous avez d’autres questions ?

Qu’est-ce qu’un produit phytopharmaceutique ?

Les produits phytopharmaceutiques sont des préparations destinées à protéger les végétaux et les produits de culture contre des maladies ou des ravageurs des végétaux.

Quelles sont les alternatives au glyphosate ?

Le 22 juin 2018 le Gouvernement s'est engagé à mettre fin aux principaux usages du glyphosate dans les trois ans au plus tard, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés sans solution. Il complète le plan d’action global pour la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, avec un objectif de - 50 % en 2025.

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