Mis à jour le dimanche 10 mai à 20h00

Comprendre le Covid-19

L'origine du virus

Le COVID-19, un nouveau coronavirus
Le virus identifié en janvier 2020 en Chine est un nouveau coronavirus, nommé SARS-CoV-2. La maladie provoquée par ce coronavirus a été nommée COVID-19 par l’Organisation mondiale de la Santé - OMS. Depuis le 11 mars 2020, l’OMS qualifie la situation mondiale du COVID-19 de pandémie ; c’est-à-dire que l’épidémie est désormais mondiale.

Les coronavirus sont une famille de virus qui provoquent des maladies allant d’un simple rhume (certains virus saisonniers sont des coronavirus) à des pathologies plus sévères (comme les détresses respiratoires du MERS, du SRAS ou du COVID-19).

Le COVID-19 est dangereux pour les raisons suivantes :
  • il est très contagieux : chaque personne infectée va contaminer au moins 3 personnes en l'absence de mesures de protection ;
  • une personne contaminée mais qui ne ressent pas encore de symptômes peut contaminer d’autres personnes.

Les symptômes

Le COVID-19 peut se manifester par :
  • la fièvre ou la sensation de fièvre (frissons, chaud-froid) ;
  • la toux ;
  • des maux de tête, courbatures, une fatigue inhabituelle ;
  • une perte brutale de l’odorat (sans obstruction nasale), une disparition totale du goût, ou une diarrhée ;
  • dans les formes plus graves : difficultés respiratoires pouvant mener jusqu’à une hospitalisation en réanimation voire au décès.

Comment bien prendre sa température ?

Prendre sa température corporelle permet de déceler l’apparition de la fièvre. On considère qu’une personne a de la fièvre lorsque sa température est supérieure à 38°C le matin ou 38,3°C le soir (pour les enfants, cliquez ici). En général la fièvre n'est pas en elle-même dangereuse.

On peut prendre la température avec plusieurs types de thermomètres.

Thermomètre électronique :
  • par le rectum : état de fièvre si la température dépasse 38°C ;
  • par la bouche : état de fièvre si la température dépasse 37,5°C ;
  • sous l’aisselle : état de fièvre si la température dépasse 37,3°C.
Thermomètre infrarouge :
  • par l’oreille : état de fièvre si la température dépasse 38°C ;
  • sur la tempe : état de fièvre si la température dépasse 37,8°C.
 
Attention : la prise de température par voie frontale, avec thermomètres frontaux à cristaux, n’est pas recommandée. Cette méthode manque de précision ; de plus, en cas de fièvre d’origine infectieuse, la température cutanée frontale peut varier en sens inverse de la vraie température.

Pour plus d’information et de conseils, visitez le site de l’Assurance Maladie.

Délai d’incubation de la maladie

Le délai d’incubation (période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes) du COVID-19 est de 3 à 5 jours en général, mais peut s’étendre jusqu’à 14 jours.

Catégories de la population les plus touchées

Le virus touche toutes les classes d'âges, y compris les plus jeunes, chez qui on constate aussi des complications ou des formes graves.

L’infection n’a pas les mêmes conséquences chez tous les individus. Nos corps, selon notre immunité, notre âge, nos pathologies associées, ne réagissent pas tous de la même manière au virus. Les plus fragiles sont considérées comme “personnes à risques”, et il existe des recommandations spécifiques de prise en charge dans ces situations.

L'infection au COVID-19 entraîne des décès surtout chez les personnes âgées et les plus fragiles, présentant des pathologies pré-existantes :
  • les + de 60 ans représentent environ 90% des décès,
  • les + de 70 ans représentent environ 80% des décès,
  • les + de 80 ans représentent environ 60% des décès.

Covid-19 et allergies

Être allergique n’est pas un facteur de risque.
  • Les symptômes secondaires à des allergies respiratoires peuvent selon les situations ressembler au COVID-19, notamment la toux et les difficultés respiratoires lors des crises d’asthme. Cependant, on ne trouve ni fièvre, ni courbatures dans les allergies. Les crises d’asthme sont le plus souvent de courte durée, variables et réversibles, contrairement à l’insuffisance respiratoire liée au COVID-19 qui est de plus longue durée.
  • Si vous êtes allergique aux pollens, vous pouvez continuer à prendre vos traitements habituels (inhalateurs, comprimés). Il n’existe pas de risque associé aux traitements antiallergiques, y compris les corticoïdes qui sont prescrits à faible dose dans le cadre des allergies.
En cas de doute sur vos traitements pendant l’épidémie de COVID-19, demandez conseil à votre médecin, ou consultez les sites https://www.covid19-medicaments.com. ou https://maladiecoronavirus.fr/.

Mutation potentielle du virus

À ce jour, il n’existe pas d’arguments scientifiques suffisamment robustes en faveur de la circulation de plusieurs souches réellement différentes de COVID-19, et donc d’une mutation de ce virus. Les travaux de recherche se poursuivent aujourd’hui pour mieux connaître le virus.

Il est commun pour un virus de muter et la grande majorité des mutations d’un virus sont neutres, voires bénéfiques à l’homme, c’est-à-dire que le virus évolue généralement vers moins de dangerosité.

Après avoir rencontré un virus, notre organisme développe des défenses immunitaires appelées anticorps, lui permettant de se défendre contre ce virus. Après l’infection au coronavirus, nous ne savons pas encore bien si ces anticorps sont efficaces ni pour combien de temps.

La transmission

La maladie se transmet par ce qu’on appelle les gouttelettes : il s’agit de sécrétions invisibles qui sont projetées lors d’une discussion, d’éternuements ou en toussant. Les postillons correspondent aux gouttelettes visibles, mais la plupart des gouttelettes ne le sont pas.

Un contact étroit avec une personne malade est le principal mode de transmission de la maladie : notamment lorsqu’on habite ou travaille avec elle, qu’on a un contact direct à moins d’un mètre lors d’une discussion, d’une toux ou d’un éternuement, sans mesures de protection.

Le contact avec des mains non lavées ou des surfaces souillées par des gouttelettes est également à risque de contamination.


La maladie se transmet :
  • par projection de gouttelettes (comme les postillons) contaminées par une personne porteuse : en toussant, éternuant ou en cas de contacts étroits en l’absence de mesures de protection (distance physique, mesures barrières, port du masque). Les gouttelettes contaminées sont inhalées par la personne saine, et déclenchent la maladie
  • par contact direct physique (poignée de main, accolade, bise...) entre une personne porteuse et une personne saine. Le virus est ensuite transmis à la personne saine quand elle porte ses mains à la bouche.
  • par contact indirect, via des objets ou surfaces contaminées par une personne porteuse. Le virus est ensuite transmis à une personne saine qui manipule ces objets, quand elle porte ses mains à la bouche.
La meilleure des protections : les mesures barrières et les mesures de distanciation physique.

Vivre avec un malade sans être contaminé

Si l’on vit avec un cas COVID-19 à domicile, afin de ne pas être contaminé, il faut respecter scrupuleusement les gestes barrières et les mesures d’isolement disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé afin de ne pas être contaminé.

Le respect de ces règles est indispensable car le risque de contamination est important.

Limiter la contagion par la distanciation physique

Une personne malade peut contaminer un certain nombre de nouvelles personnes : ce nombre correspond au taux de reproduction de base d’une infection, aussi appelé le R0. 
 
Pour le COVID-19, le R0, en l’absence de mesures de protection, le R0 serait de 3 : 1 malade Covid-19 contaminerait donc en moyenne 3 nouvelles personnes.

Par conséquent :
  • Si le R0 est supérieur à 1 : l’épidémie se poursuit et le nombre de nouveaux cas augmente.
  • Si le R0 est inférieur à 1 : l’épidémie s’atténue et le nombre de nouveaux cas  décroît.
Pour diminuer le R0, plusieurs solutions existent : respecter scrupuleusement les mesures barrières, la distanciation physique, et les règles fixées par le Gouvernement et les collectivités territoriales dans votre département.

Pas de transmission par l'air

Pour rappel, le virus se transmet par la projection de postillons ou de gouttelettes (invisibles) contaminées, émises par les individus lors d’une discussion, d’éternuements ou en toussant. Ce sont donc les individus qui transportent le coronavirus, pas l’air.

Par projection, les gouttelettes peuvent cependant atteindre une personne à proximité (moins d’1 m) ou se fixer à une surface qui pourra être touchée par d’autres personnes : c’est pour cela qu’il est important de respecter les mesures barrières et les mesures de distanciation physique.

Transmission par les surfaces souillées

À ce jour, les recherches suggèrent que le virus peut, dans certaines conditions, rester infectieux jusqu’à quelques heures sur une surface contaminée. C’est pour cela qu’il est vivement recommandé, par mesure de précaution, de nettoyer les surfaces fréquemment et récemment touchées par des mains potentiellement contaminées (cliquez ici [lien avec le paragraphe suivant qui passera en bloc “adapter son comportement”] pour connaître les conseils de nettoyage des surfaces).

Selon les dernières publications scientifiques, le virus se dégrade après quelques heures sur une surface et n’est donc plus dangereux : le nettoyage des surfaces n’est donc plus nécessaire.

Par conséquent :
  • il n’est pas utile de désinfecter le sol, les murs ou le courrier car ce sont des surfaces qui passent peu de main en main ;
  • quand on touche certaines surfaces fréquemment manipulées par d’autres (boutons de porte ou d’ascenseur, caddies de supermarché), il faut se laver ou se désinfecter les mains avant, éviter de se toucher le visage et bien se laver ou désinfecter les mains après ;
  • quand on sort, c’est le respect des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale qui permet de se protéger efficacement du virus.

Nettoyage des surfaces potentiellement contaminées

De l’avis des experts, la charge virale du virus, c’est-à-dire sa capacité à contaminer, diminue très rapidement dans le milieu extérieur et, en quelques minutes, celui-ci n’est plus contaminant.

Selon les dernières publications scientifiques, le virus peut, dans certaines conditions, survivre sous forme de traces plusieurs heures à plusieurs jours sur une surface contaminée par des gouttelettes. Mais il s’agit de matériel génétique, et non pas de virus vivant. 

Par principe de précaution, il peut toutefois être utile de nettoyer les surfaces fréquemment et récemment touchées par les mains d’autres personnes, notamment quand elles sont visiblement souillées.

Par conséquent :
  • il n’est pas utile de désinfecter le sol, les murs ou le courrier car ce sont des surfaces qui passent peu de main en main
  • quand on touche certaines surfaces fréquemment manipulées par d’autres (boutons de porte ou d’ascenseur, caddies de supermarché), il faut avant tout éviter de se toucher le visage et bien se laver les mains de retour à domicile ;
  • quand on sort, c’est le respect des mesures barrières et des mesures de distanciation sociale qui permet de se protéger efficacement du virus.

Pas de transmission par les moustiques

Il n’existe pas de preuve de transmission du virus ni par les moustiques, ni par aucun autre insecte ou animal.

Le COVID-19 se transmet entre humains, via les gouttelettes respiratoires.

Pas de contamination par l'eau

À ce jour, il n’a pas été rapporté de contamination par l’eau.

Cette maladie se transmet de personne à personne par la voie des gouttelettes (toux, éternuements, mains, objets ou surfaces contaminées par les gouttelettes).

Rôle de la chaleur sur le virus

Nous ne savons pas si la hausse des températures avec la venue des beaux jours aura une incidence sur le COVID-19.

Nous savons en revanche que la forte chaleur tue efficacement le virus lors du lavage du linge en machine : il est recommandé de choisir un programme incluant au moins 30 minutes à 60°C afin de décontaminer correctement le linge.

Les animaux de compagnie et le virus

Au vu des connaissances actuelles, les animaux de compagnie ne transmettent pas le virus COVID-19. Ce virus se transmet d'homme à homme mais il peut vivre quelques heures sur le pelage d'un animal.

Pour éviter toute contamination et comme recommandé par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) :
  • séparez les animaux des personnes malades ou présumées malades ;
  • ne laissez pas l'animal vous lécher le visage ;
  • lavez-vous les mains avant et après avoir caressé un animal ;
  • ne maltraitez pas votre animal en le nettoyant avec des produits inadaptés : il n'est pas utile de laver un animal qui sort en promenade et l'usage de produits inadaptés (eau de javel...) peut être assimilé à une véritable maltraitance et ferait souffrir votre animal sans aucun bénéfice, ni pour vous ni pour lui.

Pas de preuve de risque lié aux aliments

Au vu des informations disponibles à ce jour, le passage du COVID-19 de l’être humain vers une autre espèce animale semble peu probable, et l’éventuelle contamination des denrées alimentaires d’origine animale à partir d’un animal infecté par le COVID-19 est exclue.

La principale recommandation est de continuer à respecter les règles d’hygiène habituelles lors de la manipulation et de la préparation des denrées alimentaires .

Faire ses courses en respectant les mesures barrières

Il n’y a pas de risque à faire ses courses si on respecte les mesures barrières et la distanciation physique.

Si vous le pouvez, nettoyez également la poignée de votre caddie avec une lingette.

Le courrier postal peut continuer

Il n’existe aucun risque de contamination par le courrier ou les colis. La Poste continue également son travail de distribution du courrier pendant l’épidémie.

Les effets du confinement sur la situation sanitaire en France

Selon une étude de l’École des hautes études de santé publique, le confinement aura permis d’éviter au moins 62 000 décès le premier mois.

Il a permis de faire baisser le taux de circulation du virus et d’éviter l’engorgement des hôpitaux :  il aurait fallu plus de 105 000 lits de réanimation, alors que nous n’en comptions que près de 10 000.

Pour en savoir plus sur les bons réflexes à adopter et sur les idées reçues afin de limiter la transmission (mesures barrières, masques, courses, courrier, nettoyage de son intérieur, alimentation, animaux de compagnie…) : reportez-vous aux rubriques “Lutter ensemble contre le virus” et “Adapter son quotidien”.

Vivre avec une personne guérie du Covid-19 : risques et bonnes pratiques

En l’état actuel des connaissances, selon le Haut Conseil de la Santé Publique, les malades guéris peuvent à nouveau rentrer en contact avec d’autres personnes après la levée de l’isolement strict.
 
Voici les critères de levée de l’isolement strict :
  • il faut attendre au moins 8 jours (10 jours pour les sujets à risque) après le début des symptômes,
  • et 48 heures après la disparition d’éventuelles difficultés respiratoires et de fièvre (< 37.8 °C, mesurée par 2 mesures rectales dans la journée, sans prise d’antipyrétique/paracétamol).
Le risque de contamination est faible avec les personnes présentant ces critères de guérison. Il n’est néanmoins pas totalement exclu : il a été décrit des situations de survie un peu plus longue du virus.
 
Avec une personne guérie, comme avec le reste de la population générale, continuez d’appliquer la distanciation physique et les gestes mesures barrières.

Le dépistage

La stratégie de dépistage des autorités sanitaires


Après avoir réservé les tests aux personnes les plus vulnérables, il s’agit désormais de pouvoir tester toute personne qui présente des symptômes du COVID-19 et les personnes de son entourage qu’elle aurait pu contaminer. Pour cela, 700 000 tests diagnostiques virologiques vont être réalisés chaque semaine (contre 175 000 auparavant).

Pour découvrir la stratégie nationale de déconfinement présentée par le Premier ministre à l’Assemblée nationale, rendez-vous sur cet espace dédié au déconfinement.
 

Différence entre les 2 grands types de tests utilisés dans la lutte contre le Covid-19 : tests diagnostiques virologiques (RT-PCR) et tests sérologiques

Quelle est la différence entre les tests par PCR et les tests sérologiques ?
  Tests diagnostiques virologiques
(RT-PCR)
Tests sérologiques
Principe Détecter la présence du virus Détecter la présence d’anticorps au virus
Réponse à la question "Suis-je infecté en ce moment ?" "Ai-je été en contact avec le virus ?"
Fiabilité Très bonne
Méthode de référence validée
Trop d’incertitudes sur la fiabilité des tests et l’immunité
Développement et évaluation toujours en cours par les scientifiques
Prélèvement Écouvillonnage naso-pharyngé par un professionnel de santé équipé Sanguin
Durée d’analyse Quelques heures Quelques minutes à quelques heures
 
Les tests par PCR, dont l’objectif est de casser la chaîne de transmission du virus en détectant les personnes contaminées, sont les tests utilisés en France dans le cadre d’opérations de dépistage concernant les publics les plus vulnérables ainsi que les soignants. Ils seront progressivement élargis, en priorisant les contacts rapprochés des personnes contaminées ou jugées “à risque”.

Les tests sérologiques n’apportent à ce jour aucune information fiable sur une possible contamination, protection ou sur le statut immunitaire. Ils ne sont donc pour le moment pas recommandés pour le dépistage ou pour savoir si l’on est immunisé. Le Gouvernement travaille néanmoins au déploiement sélectif des sérologies dans certaines indications limitées, toujours en lien avec les scientifiques qui nous permettent de définir les meilleures conditions d’utilisation de ce nouvel outil.

Déroulement des tests

Plusieurs possibilités :
  • pour les patients diagnostiqués à l’hôpital ou avec signes de gravité : les tests sont réalisés dans les hôpitaux.
  • pour les autres patients répondants aux critères de dépistage : il est possible d’être testé par les laboratoires de ville sur prescription médicale de son médecin traitant.
 

La prise de température est-elle un bon moyen pour le dépistage du COVID-19 ?

Selon le Haut Conseil de la Santé Publique, la prise de température dans les établissements recevant du public, les entreprises et les transports, n’est pas utile pour dépister le COVID-19. En effet, la fièvre n’est pas toujours présente chez les malades (asymptomatiques, pré-symptomatiques) et elle peut être masquée par des médicaments. De plus, les contrôles risquent de diffuser le virus.
 
Ainsi, la prise de température dans un objectif de dépistage n'apparaît pas comme une mesure fiable pour repérer les personnes infectées ; le dépistage par prise de température n’est donc pas recommandé.

Il convient de favoriser l’auto-surveillance, la déclaration spontanée et la consultation d’un médecin en cas de symptômes évocateurs de COVID-19.

Les traitements

Les patients infectés par le COVID-19 bénéficient aujourd’hui de traitements symptomatiques, c’est-à-dire visant à soulager les symptômes.

Il n’existe pas encore de traitement spécifique efficace, validé et approuvé contre le virus, d’où l’importance de freiner sa propagation par les gestes mesures barrières et les mesures de distanciation physique.

En savoir plus

Plusieurs traitements sont en cours d’évaluation en France, en lien avec l’OMS, pour être utilisés contre le COVID-19. Il y a de nombreuses pistes thérapeutiques potentielles, mais leur efficacité et leur innocuité doivent encore être démontrées. De nombreux autres essais cliniques, sur d’autres molécules, sont en cours. Pour le moment aucun médicament n’est favorisé ; aucun traitement spécifique n’est donc validé.

Un grand projet d’essai clinique nommé DISCOVERY a démarré au niveau européen. Son but : évaluer l’efficacité et la sécurité de quatre stratégies thérapeutiques expérimentales qui pourraient avoir un effet contre le COVID-19. Les molécules testées sont le Remdesivir, l’association Lopinavir + Ritonavir, l’association Lopinavir + Ritonavir + interféron beta et enfin l’hydroxychloroquine. Au 24 avril, plus de 700 patients ont pu être recrutés en France, pour un objectif de 800 patients.

Qu'est-ce qu'un essai clinique ?

C’est une étude scientifique qui a pour but d'évaluer l’efficacité et la sécurité d’une méthode diagnostique ou d’un traitement.

Le plus souvent, on compare deux groupes de malades de même profil. Dans un groupe, on donne le nouveau traitement testé, et dans un autre groupe, on donne un comparateur (placebo ou traitement normalement utilisé).

À l’issue de l’essai, on évalue si le nouveau traitement est plus efficace ou pas et on évalue les risques qu’il présente pour les malades. C’est donc une étape indispensable pour obtenir la preuve de l’efficacité d’un traitement, et ne pas exposer les malades à des risques liés au médicament.
 

Attention aux anti-inflammatoires (ibuprofène)

De manière générale, l’auto-médication par anti-inflammatoires doit être proscrite : il semblerait que les anti-inflammatoires non stéroïdiens puissent être un facteur d’aggravation de l'infection.

➜ Dans le cas d’une infection au COVID-19, le paracétamol est recommandé. Si vous êtes déjà sous anti-inflammatoires ou en cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou consultez le site https://www.covid19-medicaments.com.

Vente de paracétamol

La vente de paracétamol n’est pas limitée, mais il faut respecter les modalités d’usage : 1g toutes les 6h maximum.

Néanmoins, pour garantir sa disponibilité, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé que :
  • les pharmaciens ne peuvent délivrer, sans ordonnance, qu’une seule boîte de paracétamol (500 mg ou 1g) par patient ne présentant aucun symptôme, ou deux boîtes (500 mg ou 1g) en cas de symptômes (douleurs et/ou fièvre) ;
  • la vente sur Internet des médicaments à base de paracétamol, d'ibuprofène et d'aspirine est suspendue.

Point d'étape sur l'utilisation de la chloroquine

À ce stade, l’efficacité de la chloroquine, de l’hydroxychloroquine ou de l’azithromycine dans le traitement de l’infection au COVID-19 n’a pas été scientifiquement démontrée.

Le Haut-Conseil de Santé Publique préconise de ne pas utiliser ce traitement en l’absence de recommandation, à l’exception des cas graves à l’hôpital sur décision collégiale des médecins et sous surveillance stricte.

En l’absence de toute donnée probante, le Haut Conseil exclut pour le moment toute prescription dans la population générale et pour des formes non sévères.

Dans un décret paru le 26 mars, le Gouvernement a autorisé la prescription de l'hydroxychloroquine et de l'association lopinavir/ritonavir, dispensés et administrés sous la responsabilité d'un médecin, aux patients atteints des formes les plus graves du COVID-19.

La prescription doit se faire dans les établissements de santé qui les prennent en charge, puis à domicile pour la poursuite de leur traitement, si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial.

D’importantes études cliniques, sur plusieurs milliers de malades en Europe sont en cours pour identifier le ou les traitements les plus efficaces, dont l’hydroxychloroquine et l’azithromycine.

Gestion des stocks de médicaments destinés à la réanimation

Les hôpitaux du monde entier sont confrontés à des besoins croissants en médicaments utilisés en réanimation.

Lorsqu’elles sont localisées, ces tensions sont maîtrisées :
  • en assurant la coordination et la circulation des produits sur l’ensemble du territoire, notamment à partir du stock national ;
  • en encourageant l’augmentation de la production nationale, lorsque c’est possible ;
  • en encourageant l’augmentation de la production mondiale : les acteurs économiques et industriels augmentent leurs capacités de production ;
  • en mobilisant tous les moyens de l’État pour acheter ces produits en quantité importante.

La recherche

Organisation de la recherche autour du virus en France


Le monde de la recherche est mobilisé :
  • La France est le seul pays européen à avoir initié un programme de recherche clinique sur le COVID-19 dès le 22 mars. Des équipes travaillent sur plusieurs pistes de traitement à Paris, Marseille ou encore Lyon ; les protocoles ont commencé. C'est la première fois que la communauté scientifique française mène un effort de recherche d’une telle ampleur, en temps réel, au cours d'une épidémie.
  • De nombreux programmes français et européens et des essais cliniques sont en cours afin d’améliorer le diagnostic, la compréhension et la prise en charge de cette maladie.
  • La France participe activement aux initiatives mondiales de recherches scientifiques. Tous les travaux sont mis en ligne en code source ouvert et en libre accès pour partager le maximum de données scientifiques.


Afin de soutenir l’effort de recherche :
  • les ministères des Solidarités et de la Santé, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, l’Agence Nationale de la Recherche, l’INSERM… sont mobilisés ;
  • 8 millions d’euros ont été débloqués par les ministères en soutien et à la coordination de la réponse scientifique à la propagation du virus ;
  • un fonds d’urgence de 50 millions d’euros pour lutter contre l’épidémie ainsi que le réinvestissement de 5 milliards d’euros supplémentaires dans la recherche sur les dix prochaines années a été annoncé par le président de la République.

État des recherches sur les vaccins


Il n’existe pas de vaccin contre le COVID-19 pour le moment.
De nombreux laboratoires publics comme privés, français comme internationaux, y travaillent. Dans tous les cas, les vaccins ne devraient pas être disponibles avant plusieurs mois.
 

Bactérie Prevotella


À ce jour, il n’existe aucune preuve d’un rôle de la bactérie Prevotella dans l’infection au COVID-19. Quelques travaux en prépublication explorent le sujet, mais sont discutés par le reste de la communauté scientifique car ils n’apportent pas d’argument robuste en faveur de cette hypothèse. Aucune équipe française n’a travaillé sur le sujet à ce jour.
 

Maladie de Kawasaki


La maladie de Kawasaki est une maladie inflammatoire connue, qui se développe chez l’enfant, et dont les causes sont peu claires. Son déclenchement pourrait être favorisé par une infection virale aspécifique.

Il faut suspecter une maladie de Kawasaki chez un enfant ayant pendant plus de 5 jours une fièvre élevée (supérieure à 39,5°C) et non réduite par le paracétamol, et présentant d’autres signes cliniques (conjonctivite, atteinte buccopharyngée, éruption cutanée, atteinte des extrémités, adénopathies cervicales). En cas de doute, appelez votre médecin.

C’est une pathologie rare (environ 1 enfant sur 10 000), possiblement grave, mais pour laquelle on dispose de traitements. Avec une bonne prise en charge, la guérison est la plupart du temps totale en 2 mois.

Une accumulation possiblement anormale de maladies de Kawasaki a été observée par certains chercheurs et pédiatres en France et à l’étranger. Les chercheurs travaillent activement afin de savoir s’il existe un lien entre la maladie de Kawasaki et le Covid-19.

Néanmoins, la maladie de Kawasaki ne semble vraisemblablement pas être une autre présentation du Covid-19. Le Covid-19 étant une maladie virale (comme d’autres), il est donc plausible que des enfants, suite au contact avec le Covid-19, développent une maladie de Kawasaki à terme, comme c’est le cas pour les autres infections virales.

La Direction Générale de la Santé reste néanmoins vigilante et en lien permanent avec les chercheurs, les sociétés savantes et l’agence nationale de santé publique sur ce sujet.