Le discours d’Élisabeth Borne pour la remise du Prix Samuel Paty

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 16/10/2023 |Modifié 16/10/2023

À l'occasion de la remise du Prix Samuel Paty à la Sorbonne, la Première ministre a tenu, le 14 octobre 2023, un discours de soutien destiné à l'ensemble de la communauté enseignante.

Remise du Prix Samuel Paty par la Première ministre Élisabeth Borne

L'école est un sanctuaire. Elle doit être préservée des intimidations, de la brutalité, des violences et du fanatisme.

Élisabeth Borne

  • Première ministre
Remise du prix Samuel Paty

Discours de la Première ministre Élisabeth Borne devant la communauté éducative.

Mesdames et Messieurs les recteurs,
Madame la cheffe du service de l'Inspection,
Mesdames et Messieurs les professeurs,
Chers parents, chers élèves,
Chers Bernadette, Jean et Gaëlle Paty,
Mesdames et Messieurs,

Il y a trois ans presque jours pour jour, Samuel Paty était assassiné, victime du terrorisme, victime du fanatisme, victime de l'obscurantisme. Samuel Paty est mort par ce qu'il enseignant, parce qu'il aimait son métier, et croyait dans sa mission. Hier à Arras, la haine et la barbarie ont à nouveau frappé, emportant la vie de Dominique Bernard, professeur de Lettres au lycée Gambetta.


Professeur victime du terrorisme, tombé en s'interposant face à l'assassin, tomber en ayant permis de sauver de nombreuses vies. Mes premiers mots sont aujourd'hui pour sa famille., ses proches, ses élèves, ses collègues.

Comme le président de la République hier, je veux leur dire notre solidarité et notre peine. Je veux aussi avoir une pensée pour les personnes blessées, parfois très gravement lors de cette attaque. Enseignants ou agents de service, ils sont autant de visages de la communauté éducative. À eux, à tous l'équipe du lycée Gambetta, aux élèves, aux familles, uns dans la douleurs et profondément choqués par ce drame, je veux dire tout mon soutien, et celui de mon gouvernement.

Mesdames et Messieurs, à Arras, une nouvelle fois, c'est l'école que les terroristes ont voulu attaquer. Ce choix n'est sans doute pas le fruit d'un hasard dramatique. C'est à dessein que le fanatisme la vise. L'école est un lieu sacré et singulier où les savoirs se transmettent et l'esprit critique se forge, où notre jeunesse apprend et conquiert sa liberté.


L'école est un lieu d’émancipation. C'est là que sont déjoués les destins tracés d'avance, et que chacun peut trouver sa voie par son travail et par son talent. L'école est le terreau de la République : on y entre élève, on en sort citoyen. Et pour beaucoup, elle est le premier visage de la démocratie. Cette école, nous la devons à nos enseignantes et nos enseignants. Ils la font vivre avec passion et engagement, avec patience et obstination, guidés par une volonté : donner à notre jeunesse les moyens de grandir.

Chacune et chacun, nous gardons pour toujours des souvenirs de nos enseignants : une phrase, une leçon, un exemple, ils sont une source d'inspiration, des passeurs de connaissance. Ils éveillent les consciences et expliquent le monde, chacune et chacun, à l’aune de leur discipline. Ils donnent chaque jour à des millions d'élèves le goût du savoir et les clés de l'émancipation. Et chaque jour, dans chaque salle de classe, ils montrent le cap de la République. C'est cela que l’obscurantisme combat férocement.
La haine se nourrit de l'ignorance. Et quand un enseignant est attaqué, ça n'est pas seulement la République qui est visée, c'est son avenir qui est menacé.

Mesdames et Messieurs, on n'enseigne pas dans l'angoisse. On n'apprend pas la peur au ventre. Alors, nous ne céderons rien à la violence. Nous lui ferons face et nous la combattrons. Je veux le dire à tous les enseignants : nous serons au rendez-vous pour assurer votre sécurité. Et d'ores-et-déjà des mesures importantes ont été prises. Je veux le dire aux élèves, au parents : mon gouvernement, les préfets, toutes les forces intérieures sont mobilisés. Enseignants, élèves, équipes pédagogiques, vous protéger, c'est protéger la République. C'est protéger notre avenir. L'école est un sanctuaire. Elle doit être préservée des intimidations, de la brutalité, des violences et du fanatisme. Nous ferons tout ce qui est nécessaire.

Mesdames et Messieurs, cette cérémonie en votre présence chers Jean, Bernadette et Gaëlle Paty, nous donne force et espoir. Je veux remercier tous ceux qui ont imaginé et créé le prix Samule Paty et en particulier l'association des professeurs d'Histoire et de Géographie et sa présidente Joëlle Alazard. Les professeurs d'Histoire et de Géographie ont ce rôle singulier d'aider à comprendre le présent en le mettant en perspective. Cette mission, vous la relevez chaque jour en classe. Et par ce prix, vous la mettez en acte. Je veux saluer le jury pour son travail et son président Christophe Capuano dont je connais l'amitié qui le liait à Samul Paty.

Je veux féliciter tous les lauréats, leurs enseignants, mais aussi toutes celles et ceux qui, en participant à ce prix, font vivre la mémoire de Samuel Paty et portent son héritage. Votre seule volonté, c'est de faire en sorte que ses messages, ses valeurs, nos valeurs, républicaine,s restent toujours vivantes. Face au drame que nous venons de vivre, cette cérémonie a une résonance particulière. C'est la réponse la plus forte qui puisse être faite à ceux qu croient pouvoir nous faire taire, étouffer les savoirs, bloquer la connaissance.

Chers élèves, pendant un an, encadrés par vos enseignants, vous avez réfléchi, fait des recherches, travaillé, et cette année vous vous êtes saisis du thème des fausses informations. L'année prochaine, il s'agira de la laïcité. Grâce à ce prix autour de nos valeurs démocratiques et républicaines, les élèves de France se retrouvent et montrent que le savoir l'emporte toujours face à la violence, que l'éducation ne cède jamais face à la terreur.

Ce prix, c'est aussi une promesse d'unité. Notre République est forte parce qu'elle est unie. Les terroristes veulent nous faire peur, ils veulent nous diviser. Notre réponse doit être claire : la cohésion nationale et l'unité. Rien ne peut résister à un peuple uni, rassemblé autour de son école et de ses enseignants, rassemblé autour de ses valeurs et de ses principes. Trois ans après la mort tragique de Samuel Paty, aujourd'hui, à nouveau, la France pleure un de ses enseignants. Face à la violence et au terrorisme islamiste, nous ne renoncerons pas. Nous continuerons à défendre la transmission et les savoirs, à défendre la liberté d'enseigner, de penser, de débattre. Et ensemble, à défendre la République.

Vive la République ! Vive la France !


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