Une feuille de route pour prévenir le mal-être des agriculteurs

Publié le : 24/11/2021
Une agricultrice dans une serre
Source : Getty

Présentée par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, elle s'appuie sur 3 piliers : humaniser, aller vers et prévenir et accompagner.

Replacer l’humain au centre des préoccupations. Le mal-être de la profession agricole est une réalité qui ne doit pas être un tabou.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, accompagné d’Olivier Véran et de Laurent Pietraszewski, a annoncé mardi 23 novembre 2021 la mise en œuvre d’une feuille de route ayant pour objectif de lutter contre ce mal-être en replaçant l’humain au centre des préoccupations.

Ce document est le fruit d’un travail mené collectivement au plus près des territoires qui répond à un triple objectif :

  1. protéger les agriculteurs ;
  2. revaloriser leur travail ;
  3. redonner toute sa valeur à notre alimentation.

Pour y parvenir, le Gouvernement, qui s'appuie sur des dispositifs déjà existants (Agri’écoute, les associations ou les réseaux « sentinelles » ou les cellules Réagir des chambres d’agriculture), choisit trois piliers : humaniser, aller vers et prévenir et accompagner.

Pilier 1 : humaniser

Le Gouvernement lance la création de comités dédiés à la question du mal-être des agriculteurs dans chaque département. D’ici à fin 2022, plus de 100 comités seront montés (1 par département).

En leur sein, l’État s’engage dans une approche humaine et transversale de chaque situation avec la nomination des référents à la fois dans les cellules économiques (directions départementales des territoires) et dans les cellules sociales (mutualité sociale agricole- MSA) qui porteront une action coordonnée.

Pilier 2 : aller vers, mieux prévenir et accompagner la souffrance

Le Gouvernement va mettre en place et former des réseaux de « sentinelles » dans chaque département, proches d’agriculteurs qui par leur contact quotidien et familier peuvent être à même de détecter en amont des situations de détresse ou de mal-être.

Ces réseaux, qui existent déjà, vont être renforcés par la formation avec des professionnels et la mise à disposition d’outils (brochures, répertoires …).

L’objectif est d’avoir un maillage de sentinelles fort et capables d’accompagner au mieux les situations de détresse.

Pilier 3 : prévenir et accompagner

En ce sens, le Gouvernement a pris plusieurs mesures :

  • augmenter de 40% le budget dédié aux dispositifs d’accompagnement en cas de difficultés (+12 milliards d’euros pour attendre plus de 40 milliards d’euros par an) ;
  • renforcer financièrement des dispositifs permettant de soulager les agriculteurs, notamment l’« aide au répit », qui finance le remplacement jusqu'à 10 jours des exploitants en situation d'épuisement professionnel et le crédit d'impôt remplacement ;
  • doubler le budget dédié aux programmes départementaux d’accompagnement des agriculteurs en difficulté pour atteindre 7 millions d’euros et les rendre accessibles à un plus grand nombre de personnes et plus tôt. Ces programmes qui durent entre 3 et 5 ans permettent aux agriculteurs d’être conseillés à la fois sur la reprise de l’activité et sur les ajustements nécessaires pour redémarrer sereinement ;
  • prolongement du crédit d'impôt remplacement jusqu’en 2024 en cas d’épuisement de l’agriculteur.

Agri'écoute

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