Discours d'Élisabeth Borne sur l'élimination des violences faites aux femmes

Ce contenu a été publié sous le gouvernement de la Première ministre, Élisabeth Borne.

Publié 24/11/2023 |Modifié 24/11/2023

À la veille de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Première ministre Élisabeth Borne a pris la parole devant les acteurs et parlementaires engagés contre la violence envers les femmes.

Violences faites aux femmes : prise de parole de la Première ministre Élisabeth Borne

Dès le 1er décembre, les caisses d'allocations familiales verseront une aide financière d'urgence aux victimes de violences conjugales qui doivent quitter leur domicile ou se séparer.

Élisabeth Borne

  • Première ministre
Contre les violences faites aux femmes

Prise de parole de la Première ministre Élisabeth Borne devant les acteurs et parlementaires engagés.

Bien, bonjour à tous. 

Mesdames et Messieurs les ministres, 

Mesdames et Messieurs les parlementaires, 

Mesdames et Messieurs,

À la veille de cette Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, je tenais à avoir cet échange avec vous qui incarnait ce combat au quotidien. Depuis 2017, vous le savez, le président de la République a fait de l'égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de ses quinquennats. Comme ministre puis Premier ministre, je me suis personnellement engagé sur ce sujet et contre les violences faites aux femmes. 

Avec mon Gouvernement, je suis déterminée à mener ce combat. Les violences faites aux femmes, c'est d'abord une réalité terrible qui prend des formes diverses : des agressions dans la sphère familiale, dans la rue, au travail, mais aussi dans les transports. Et nous étions justement avec Dominique FAURE, Bérangère COUILLARD et Clément BEAUNE, il y a un instant Gare Saint-Lazare, pour lancer la campagne de communication contre les violences sexuelles et sexistes dans les transports avec un message simple : « Contre les agresseurs, levons les yeux ».

Il y a évidemment toutes les actions concrètes que l'on connaît, des actions de l'État, des collectivités, des opérateurs de transport, mais on a aussi besoin d'une mobilisation collective totale sur ce sujet. 

Les violences faites aux femmes, c'est aussi le harcèlement dans les milieux professionnels ou sportifs. J'ai demandé à Bérangère COUILLARD d'approfondir la question du harcèlement, notamment dans le cadre d'un lien hiérarchique ou d'autorité. On va donc travailler sur ce sujet dans les prochains mois.

Et puis, ce sont des coups assénés par un conjoint violent, parfois jusqu'au pire. Et l'an dernier, 118 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Et avec vous, je veux avoir une pensée pour elles. 

Les violences faites aux femmes, c'est encore trop souvent la honte. Une honte qui envahit les victimes alors qu'elle devrait accabler les coupables. C'est aussi parfois le silence de ceux qui voient, qui savent, mais qui ne disent rien. 

Mesdames et Messieurs, à toutes les victimes, je veux dire que nous sommes à leurs côtés, que nous ne banaliserons jamais et que nous agissons. Et je veux également vous remercier et rendre hommage à votre action. Dans tous vos domaines, vous vous engagez, vous écoutez, vous accompagnez, vous agissez. 

Le Grenelle nous a permis de mieux sensibiliser, de protéger les victimes et de réprimer les auteurs de violence. Nous avons agi pour que la parole se libère et que chaque victime puisse être entendue. Je pense à des mesures comme l'extension des horaires du 39 19, les dispositifs de plainte hors les murs, ou encore une meilleure formation des forces de l'ordre. Pour mieux protéger les victimes, nous avons déployé les téléphone grave danger, les bracelets anti-rapprochement, je pense que le ministre y reviendra. Puis, nous avons permis la levée du secret médical en cas de danger immédiat. La lutte contre les violences faites aux femmes ne s'arrête jamais.

Dans les prochaines semaines, et dès aujourd'hui, plusieurs mesures nouvelles vont entrer en vigueur. Dès le 1er décembre, les caisses d'allocations familiales verseront une aide financière d'urgence aux victimes de violences conjugales qui doivent quitter leur domicile ou se séparer. C'est évidemment important parce que la dépendance financière et la crainte de ne pas savoir où aller poussent souvent les victimes à rester avec leur bourreau. De plus, aujourd'hui, un décret a été publié pour instituer dans toutes les juridictions, comme nous nous y étions engagés, des pôles spécialisés sur les violences intrafamiliales pour mieux traiter les dossiers au plan civil et pénal. Nous déployons le fichier de prévention des violences intrafamiliales, là encore, comme le président de la République s'y était engagé. Il permettra aux magistrats et aux forces de l'ordre de mieux suivre les auteurs de violences et vous aurez une démonstration dans quelques instants. Enfin, l'Assemblée nationale examinera prochainement la proposition de loi de la députée Émilie CHANDLER qui instaure une ordonnance de protection immédiate pour les violences de victimes conjugales. 

Mesdames et Messieurs, aller plus loin, c'est le sens de cette réunion. Nous pouvons, par exemple, réfléchir à l'accompagnement des enfants dont les mères sont décédées sous les coups de leurs conjoints. Parce que j'en suis convaincue, on ne peut pas dissocier ces deux formes de violences. Un tel dispositif pourra, par exemple, s'appuyer sur les futurs délégués départementaux à la protection de l'enfance, dont j'ai annoncé la création lundi dernier, en lien étroit avec les acteurs associatifs et l'État. 

Alors, je souhaite que notre échange soit libre, que nous trouvions ensemble des solutions nouvelles qui pourront enrichir la feuille de route de mon Gouvernement et notamment celle de la ministre Bérangère COUILLARD. 

Je vous remercie.

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