Discours de Manuel Valls devant les ambassadeurs
27 août 2015 - Actualité

"Une diplomatie forte pour que la France pèse"

Que l'optimisme "devienne, à nouveau, un symbole de la France. Qu’il fasse partie, à nouveau, de notre étendard." C'est le souhait qu'a formulé Manuel Valls, mercredi 26 août, devant les ambassadeurs réunis au ministère des Affaires étrangères. Dans son discours, le Premier ministre a appelé à "une diplomatie forte au service d'une France forte" face à la menace terroriste, aux replis nationaux et aux crises que traverse l'Union européenne.
 

Une France forte face au terrorisme  
 

La France se doit d'être forte d'abord face à la menace terroriste mondiale, au djihadisme radical.
Manuel Valls
Le 26 août 2015

Face à un "totalitarisme nouveau (…) qui veut abattre la civilisation, ici, en Europe, en Afrique, dans le monde arabo-musulman, pour y substituer la terreur, la tyrannie", notre force, c’est la République, a expliqué Manuel Valls devant les ambassadeurs. "Une République déterminée à se donner tous les moyens, dans le respect du droit – c’est l’arme et l’honneur des démocraties – pour lutter de manière implacable ici, en France bien sûr, mais aussi au Sahel ou au Moyen-Orient où nous armées sont déployées." Face à cette menace, "le Gouvernement a pris les décisions qui s’imposaient", avec l'adoption, notamment, d'une loi sur le renseignement, qui donne un cadre légal aux services et leur confère les moyens juridiques nécessaires pour traquer plus efficacement les terroristes.
 
"Mais, nous ne pouvons lutter seuls. La coopération internationale contre le terrorisme est plus que jamais une nécessité. Elle est même une condition de notre efficacité", a souligné Manuel Valls. Lutter contre le terrorisme, c’est aussi protéger nos intérêts à l’étranger. "Je tiens à vous le dire : jamais nous ne transigerons avec la sécurité des Français de l’étranger et avec la protection des représentants de l’État et de nos ambassades."
 

Une France forte qui pèse en Europe

 
Il appartient à la France, pays fondateur, de réaffirmer cette aspiration qu’est la construction européenne !
Manuel Valls
Le 26 août 2015

"Mettre au cœur de nos politiques, la croissance, l’investissement et l’emploi", c’est le pré-requis pour que l’Europe avance. Mais face aux défis – migration, croissance et emploi… - que rencontre aujourd’hui l’Europe, le plus grave, a pointé Manuel Valls, est que "le projet européen ne s’impose plus avec évidence". Il revient à la France de réaffirmer l’élan de la construction européenne : "je suis frappé de constater, dans tous les échanges que j’ai avec des responsables européens, que la parole de notre pays sur l’Europe est irremplaçable. Ceci nous honore. Ceci, surtout, nous oblige."

Dès lors, l’ambition doit être d’aller plus loin, de tirer la leçon des crises à répétition que traverse l'Europe. Aller plus loin c'est relancer la croissance et l'emploi. Le plan Juncker, pour lequel la France s’est beaucoup impliquée, se met en place. Les premiers financements sont disponibles, les premiers projets y compris en France, commencent à se réaliser. Aller plus loin, c'est aussi préparer l'avenir en investissant massivement dans des capacités de recherche, dans le capital humain, dans les nouvelles technologies. C’est ensuite préparer la prochaine étape, celle de l’intégration croissante de la zone euro pour la rendre plus efficace et surtout plus légitime : "il faut que la zone euro bâtisse une véritable politique de convergence économique, financière, fiscale et sociale". Enfin, c’est ne jamais hésiter à encourager les solutions européennes, partout où elles sont nécessaires ; l'Europe n'est pas la solution à tous nos maux, "mais ne pas s’engager pleinement au plan européen et ne faire les choses qu’à moitié, au motif que politiquement ce serait sensible ou que les opinions publiques ne comprendraient pas, ce n’est pas non plus la solution."

Manuel Valls a appelé à "combler les lacunes qui finissent par se retourner contre le projet européen lui-même", à faire peuvre "de solidarité, mais aussi de responsabilité". Il faut, dans cet esprit, "que l’Union européenne se dote d’une politique de l’asile pleinement conforme aux valeurs que l’Europe porte aux yeux du monde", a souligné le Premier ministre, faisant écho à l'actualité.
 

Une France qui se réforme

 
Une France forte, c’est aussi une France qui continue de se réformer pour amplifier la croissance, créer davantage d’emplois et préparer l’avenir. Une France qui se réforme et retrouve confiance en elle-même.
Manuel Valls
Le 26 août 2015

Il y a un an, Manuel Valls présentait aux ambassadeurs l'agenda des réformes. Des réformes qui, aujourd'hui, produisent les premiers résultats :
 
  • La croissance repart. "L’an prochain, nous devrions atteindre les 1,5%. C’est  encourageant, mais c’est encore insuffisant pour faire baisser le chômage, même si les chiffres qui viennent d’être publiés ce soir vont dans le bon sens. Nous devons donc persévérer."
  • Le déficit budgétaire se réduit, passant de 5,1% en 2011 à 4% en 2014. "Nos objectifs de redressement de nos comptes publics seront donc tenus. Pas parce qu’on nous le demanderait, à Bruxelles ou à Berlin. Mais tout simplement parce que c’est indispensable pour le pays."
  • La compétitivité de nos entreprises s'améliore. "Grâce au CICE, au Pacte de responsabilité et de solidarité, le coût du travail dans l’industrie est désormais moins élevé en France qu’en Allemagne. Il ne faut pas hésiter à le dire. Les marges des entreprises se redressent."
  • L'image de la France change. "Il y avait encore, très récemment, un sport à la mode : le "French bashing". Or, je le constate à l’occasion de mes déplacements en Europe, la France n’est plus décriée comme elle avait pu l’être, et les regards se tournent à nouveau vers elle."
Mais "il reste beaucoup à faire". Le Premier ministre a ainsi rappelé les grands chantiers de la rentrée :
 
  • Le projet de loi de finances pour 2016 avec la poursuite des économies budgétaires, des allégements de charges pour les entreprises, la réduction de l’impôt des ménages.
  • Le projet de loi sur l’économie numérique. La France à tous les talents et les atouts pour être à la pointe de l’innovation européenne et mondiale.
  • Des mesures de simplification dans le domaine économique, dont l’ouverture des magasins le dimanche en zones touristiques. La réforme du marché du travail avec pour objectif "plus de souplesse et moins de complexité".

"Poursuivre nos réformes économiques pour affirmer nos valeurs"

Tribune de Manuel Valls, Premier ministre, publiée dans Les Echos, le 25 août 2015... [Lire la suite]
mardi 25 août 2015

 

Une France forte qui prépare l’avenir

 
Réussir ce rendez-vous, c’est coaliser derrière notre ambition 195 pays, c’est aussi savoir aider les pays du sud à financer leur transition énergétique.
Manuel Valls
Le 26 août 2015

Manuel Valls a rappelé les instructions données par le président de la République aux ambassadeurs pour préparer le rendez-vous de la fin d’année, la conférence de Paris Climat 2015. "C’est l’affaire de la Nation tout entière et chacun doit y prendre sa place : l’État et le gouvernement bien sûr, totalement mobilisés sous le pilotage de Laurent Fabius et de Ségolène Royal, mais aussi la société civile, les collectivités territoriales, les entreprises."

L’avenir, c’est aussi la tenue en France de grands événements mondiaux : l’Euro 2016, la candidature pour les Jeux olympiques 2024 et l’exposition universelle de 2025. "Plus généralement, nous devons faire rayonner partout notre langue, notre culture, nos médias. Notre influence dans le monde, c’est aussi – je dirais presque surtout – là qu’elle se joue", a conclu le Premier ministre.