Manuel Valls et Ségolène Royal et Jean-Francois Macaire lors de la signature du CPER Poitou-Charentes
5 mai 2015 - Actualité

"Les CPER sont le fruit de différentes volontés qui se retrouvent dans cette recherche de l’intérêt général"

Manuel Valls était à Poitiers, lundi 4 mai, pour signer le protocole d’accord du Contrat de plan État-Région Poitou-Charentes. Au total, 2 milliards d’euros d’investissements seront engagés pour accompagner la mutation de la région.
 
Après les Pays de la Loire, la Bourgogne, la Bretagne, le Languedoc-Roussillon, les deux Normandies, l’Île-de-France, le Nord-Pas-de-Calais ou l’Auvergne, Manuel Valls, accompagné de Ségolène Royal, s’est rendu le 4 mai en Poitou-Charentes, et plus précisément à Poitiers, pour signer le protocole d'accord d'un nouveau CPER. Celui-ci s’inscrit pleinement dans la mutation engagée par le projet de loi NOTRe. "Demain, la région Poitou-Charentes, qui ne perdra pas son identité, sera le cœur géographique d’un ensemble de près de 6 millions d’habitants", a rappelé le Premier ministre. L’objectif de la réforme territoriale est de renforcer les collectivités locales, de redonner du sens à l’action publique et de "s’assurer qu’aucun territoire n’est laissé de côté". Il est indispensable de donner aux régions les moyens de réussir cette transition : c’est tout l’intérêt des CPER.


 
Les signatures de contrats de plan État-région sont pour moi l’occasion de redécouvrir la singularité de chaque région française. L’occasion, aussi, de voir combien notre pays sait préparer l’avenir.
Manuel Valls, le 4 mai 2015 à Poitiers

Véritable outil de politique publique de l’égalité des territoires, les contrats de plan État-région 2015-2020 sont un moteur de l’investissement permettant de faire progresser le niveau d’équipement des territoires pour préparer l’avenir. L’enjeu, comme pour les autres régions, est d'obtenir un effet de levier pour l'investissement local. En effet, si le Gouvernement et les régions s’accordent à relancer une nouvelle génération de CPER, c’est pour relancer l’investissement public. Au total, l’État investira 12,5 milliards d’euros aux côtés des régions, qui mobiliseront des montants au moins équivalents, pour les six prochaines années. "Six années, c’est le temps nécessaire pour que les graines que nous semons commencent à germer", a expliqué Manuel Valls.
   


Garantir la cohérence des fonds publics


Les CPER, comme l’a rappelé le Premier ministre, sont le fruit d’un dialogue entre l’État et les collectivités. Un dialogue qui permet de mieux cibler les projets engagés, "viables et équilibrés car utiles à tous". Pour le CPER Poitou-Charentes, l’État mobilisera 534 millions d’euros. "A ces crédits, il faut bien sûr ajouter ceux de la région, d’un niveau équivalent, ainsi que le concours des conseils départementaux et des intercommunalités".  Les crédits "hors CPER" représentent près de 225 millions d’euros : 101 millions en faveur du Très Haut Débit, 27 millions d’euros dans le cadre du programme "Usine du futur", et 87 millions d’euros pour le volet enseignement supérieur. Les financements européens atteignent, quant à eux, 780 millions d’euros. Il faut également ajouter la participation de l’Ademe et de l’Agence de l’eau, qui inscrivent désormais leur action dans la logique des CPER. "Au total, ce sont donc - et s’il y a un chiffre à retenir c’est bien celui-ci - 2 milliards d’euros d’investissements publics qui accompagneront vos territoires."
 
Le contrat de plan joue pleinement son rôle quand il mobilise les acteurs et les financements au service d’investissements d’avenir.
Manuel Valls, le 4 mai 2015 à Poitiers
 

4 PRiorités


Pour le CPER Poitou-Charentes, quatre secteurs prioritaires ont été dégagés :
 
  • La transition énergétique
"Le Poitou-Charentes est une région pionnière", a rappelé Manuel Valls. 173 millions d’euros ont été engagés pour encourager cette région à prendre le virage de la transition énergétique. Il s’agira de maîtriser la consommation d’énergie grâce à la création de plateformes locales pour la rénovation énergétique de logements privés. Les filières industrielles qui développent les technologies écologiques de demain seront accompagnées, et notamment Tiper, un projet de production d’énergie renouvelable innovant. Quatre conventions en faveur des territoires à énergie positive ont été signées. Elles permettront la création de pistes cyclables, la réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments publics ou la diminution de la pollution liée aux transports. Le Premier ministre l’a rappelé, la France accueillera la COP21 en décembre, à Paris. "Nous nous sommes ainsi fixé comme objectif de réduire de 40 % nos émissions de CO2 d’ici 2030 ; et c’est grâce à ce type d’initiatives que nous pourrons atteindre notre objectif".


 
  • Les transports
290 millions d'euros seront dégagés pour les transports. Vitaux pour le développement économique de la région, les grands axes qui traversent le Poitou-Charentes seront améliorés. Ce sera notamment le cas de la Route Centre-Europe Atlantique, ou RCEA. En outre, le Grand Port maritime de La Rochelle, "seul port en eaux profondes de la façade atlantique", sera doté de deux nouveaux quais, l'un à Chef de Baie et l’autre au niveau de l'Anse Saint-Marc.
 
  • L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation
Les six projets de recherche retenus par la région Poitou-Charentes seront financés par le CPER. Il s’agira, par exemple, de l’extension de l’Institut du Littoral, "une opération qui permettra de mieux structurer la recherche autour de l’université de la Rochelle et donc de développer une recherche de pointe".  A l’instar de quatre autres régions, le Poitou-Charentes expérimentera un Partenariat régional pour l’innovation dans les filières d'avenir et l'usine du futur, qui bénéficiera aux entreprises picto-charentaises.
 
  • Volet territorial
Une attention toute particulière sera portée aux territoires ruraux. Le Gouvernement en a fait une priorité, symbolisée par le plan pour les ruralités dévoilé le 13 mars. Le développement du Très Haut Débit est une condition sine qua non au désenclavement de certains territoires. Environ 101 millions d’euros y seront consacrés, grâce notamment au Fonds pour la société numérique. Les projets culturels seront accompagnés avec la rénovation du Confort Moderne de Poitiers. Enfin, le CPER aura pour ambition de mettre en valeur certains trésors touristiques du Poitou-Charentes, par exemple les vallées fluviales de la Charente, de la Sèvre Niortaise et de la Vienne.

Pour conclure, Manuel Valls a rappelé qu’il réunira le 12 mai les présidents de région et les partenaires sociaux afin de trouver de nouvelles solutions pour l’emploi, l’apprentissage et le développement des territoires. "Car pour gagner cette bataille de l'emploi, nous devons la mener ensemble et de front. Nous devons y engager toutes nos forces !".