Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon au lycée professionnel Maximilien de Robespierre
21 novembre 2014 - Actualité

Décrochage scolaire : "donner aux jeunes une nouvelle chance de se former"

Que faire pour les jeunes élèves qui quittent le système éducatif sans le moindre diplôme en poche ? Mobilisation de tous et implication des parents sont quelques-unes des réponses apportées par le plan global de lutte contre le décrochage scolaire.
 
Accompagné par Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Mandon, Manuel Valls a détaillé, le 21 novembre à Lens, les grandes lignes du plan interministériel de lutte contre le décrochage scolaire. Doté de 50 millions d'euros par an, il prévoit un véritable pilotage national pour traiter à la fois la prévention, le raccrochage et la remédiation. Son objectif ? Diviser par deux d’ici à 2017, le nombre de jeunes Français qui décrochent chaque année du système scolaire.
 
Pour y parvenir, le plan a l’ambition d’agir sur l’ensemble du parcours du jeune, depuis la maternelle jusqu’à l’obtention d’un diplôme ou d’une qualification. La stratégie, mise en oeuvre, repose sur 3 axes clés :
 
  1. Tous mobilisés contre le décrochage
  2. Faire le choix de la prévention
  3. Une nouvelle chance pour se qualifier
Ce plan de lutte contre le décrochage scolaire s'inscrit dans la continuité des autres grands chantiers engagés par le ministère de l'Éducation nationale avec, notamment, la priorité à l'école primaire et la politique de l'éducation prioritaire qui vise à corriger l'impact des inégalités sociales et économiques.
 
Le décrochage scolaire, de quoi parle-t-on ?
140 000 jeunes quittent, chaque année, le système de formation initiale sans qualification équivalente au baccalauréat, CAP ou BEP. 620 000 jeunes de 18 à 24 ans sortent également précocement du système éducatif sans diplôme du second cycle du secondaire, et restent durablement en dehors de tout dispositif de formation.

Source de mal-être, le décrochage scolaire est un processus complexe qui combine plusieurs facteurs internes et externes à l’école (voir : la fabrique du décrochage sur le site du ministère de l’Éducation nationale).

Les jeunes en situation de décrochage sont davantage confrontés au chômage, notamment de longue durée et occupent le plus souvent des emplois précaires et peu qualifiés par rapport au reste de la population diplômée. Du point de vue économique, les coûts associés au décrochage d’un jeune, cumulés tout au long de sa vie, sont évalués à 230 000 euros.

En savoir plus sur les chiffres du décrochage scolaire
 

Donner une deuxième chance


"Placer chacun de nos jeunes à égalité face à un avenir meilleur, c'est cela au fond la vocation première de la République", a précisé Manuel Valls, soulignant parmi les axes principaux du plan l'occasion de donner aux jeunes une nouvelle chance de se former.
 
"Il nous faut donner toute sa place dans notre système à cette belle idée de la seconde chance"

 
"Il nous faut donner toute la place dans notre système à cette belle idée de la seconde chance". L’acquisition d’une qualification est "la meilleure arme contre le chômage". L’idée de seconde chance permet "d’expérimenter des parcours plus souples" pour assurer à chacun "un accompagnement personnalisé", a-t-il expliqué, saluant les structures du micro-lycée et de l’école de la deuxième chance.  
Un numéro unique : 0 800 12 25 00


Mais c’est surtout la mobilisation de l’ensemble des acteurs qui est la condition de la réussite du plan. Une dynamique collective vise à impliquer parents, jeunes, professeurs, pouvoirs publics au niveau national et local, associations et entreprises. Parmi les nouvelles mesures, le numéro unique 0 800 12 25 00 permettra aux  jeunes en situation de décrochage et à leurs parents d’obtenir des conseils et une information sur les solutions alternatives de formation et d’accompagnement. Le renforcement de la prévention et le repérage du décrochage seront particulièrement encouragés, notamment à travers l’évolution des pratiques pédagogiques. C’est une nouveauté car jusqu’à présent les moyens financiers étaient consacrés principalement au raccrochage des élèves.
 
En effet, "le chiffre amer" de 140 000 décrocheurs représente un "gâchis pour la société". Une nouvelle étape sera franchie dès 2015 avec 50 millions d'euros supplémentaires par an pour lutter contre le décrochage. Les économies attendues par la mise en œuvre du plan sont considérables : le seul fait de "raccrocher" 10 000 jeunes ferait économiser 2,3 milliards d’euros à la France sur 40 ans, soit près de 60 millions d’euros par an.