Remise du rapport de Brigitte Bourguignon à Manuel Valls
2 septembre 2015 - Actualité

"Le Gouvernement agit pour les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées"

La députée Brigitte Bourguignon a remis à Manuel Valls, mercredi 2 septembre, son rapport "Reconnaître et valoriser le travail social". Face au désarroi du monde du travail social, le Premier ministre a livré les pistes d'actions pour reconnaître davantage la valeur de l’engagement des travailleurs sociaux et pour un meilleur accompagnement des personnes prises en charge.
 
La question de la place du travail social n’avait pas été posée dans le débat public depuis 30 ans, "depuis la circulaire de Nicole Questiaux en 1982", a précisé Manuel Valls, mercredi 2 septembre, lors de la remise du rapport final de la mission parlementaire sur le travail social, "Reconnaître et valoriser le travail social".
 
 
Ce rapport fait suite au Plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, lancé par le Gouvernement en janvier 2013, et aux États généraux du travail social, qui se sont tenus depuis 2013 à travers "des espaces de dialogue et de concertation avec le monde de l’intervention sociale, grâce à des assises régionales et à des groupes de travail nationaux", a expliqué le Premier ministre.
 

Répondre au désarroi des travailleurs sociaux

 
Ce rapport fait le "constat sans appel du désarroi des travailleurs sociaux comme de ceux qui l’accompagnent", a relevé le Premier ministre. Un désarroi auquel, "il faut apporter des solutions concrètes", a-t-il déclaré devant les représentants des travailleurs sociaux, réunis à Matignon pour la remise du rapport.
 
Il faut, en premier lieu, reconnaître davantage la valeur de l’engagement des travailleurs sociaux. Grâce au "projet d’accord sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations dans la fonction publique que Marylise Lebranchu [...] a soumis aux organisations syndicales", les travailleurs sociaux de la fonction publique vont pouvoir, si l'accord recueille la signature d’une majorité de syndicat de la fonction publique, accéder à la catégorie A. Cette réforme "instaure la juste reconnaissance de votre formation, de votre travail, de votre expertise, et elle est également une avancée considérable en termes d’égalité femmes-hommes", dans un métier où les femmes sont majoritaires.
 
Afin que le travail social soit mieux connu et reconnu, il faut ensuite "repenser votre système de formation initiale comme continue". Le travail social doit devenir "un champ de recherche universitaire à part entière" et "les formations aux différents métiers du travail social doivent être davantage harmonisées afin que vous ayez tous un corpus de connaissances communes."

 
Une meilleure coordination et une plus grande efficacité sur le terrain

 
Les professionnels doivent travailler davantage en réseau et le travail social se rapprocher des autres champs d’intervention. Sur l’emploi, par exemple, c’est le sens de "la convention signée entre Pôle emploi et les départements sur l’accompagnement social et professionnel des bénéficiaires du RSA", a cité Manuel Valls. Autre exemple, dans le domaine de la santé : la coordination entre les interventions sanitaires, médico-sociales et sociales pour les personnes âgées en risque de perte d’autonomie avec le dispositif  PAERPA.
 
Le Premier ministre a aussi appelé à simplifier les dispositifs existants devenus au fil des années, "un maquis dense et ardu avec des spécialisations et souvent un cloisonnement entre les disciplines." L’objectif  est de permettre aux travailleurs sociaux de se recentrer sur leur cœur de métier que sont la prévention des difficultés et l’accompagnement des personnes.
 
Parmi les exemples de simplification déjà opérés, le Premier ministre a mis en exergue :
 
  • la prime d’activité pour les jeunes ;
  • l’élargissement de l’accès à une mutuelle grâce au dispositif d’Aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS) pour les personnes non éligibles à une couverture complémentaire santé du fait de revenus inférieurs au seuil de pauvreté. 
     
  
Le Premier ministre a demandé à Marisol Touraine et Ségolène Neuville d’élaborer un plan d’action pour le travail social, qui lui sera remis d’ici fin octobre.
 
La responsabilité de mon gouvernement, [...] c’est de donner à tous et à toutes l’opportunité de se réaliser pleinement. Il faut agir sur tous les leviers, se donner les moyens d’une ambition pour le travail social, pour professionnels comme pour ceux qu’ils accompagnent.
Manuel Valls, 2 septembre 2015