Manuel Valls à Chamonix
25 septembre 2015

Conseil national de la montagne : "une nouvelle pierre à l’édifice de la nouvelle France des territoires que nous construisons"

Manuel Valls s’est rendu, le 25 septembre 2015, à Chamonix-Mont-Blanc, en Haute-Savoie, pour présider le Conseil national de la montagne et poser les bases d’un nouveau pacte entre la Nation et les territoires de montagne.
 
La montagne est un espace singulier, qui connait des difficultés liées à l’enclavement, à la crise de certaines industries, au départ des jeunes vers les villes. Mais la montagne est aussi un territoire riche d’activités agricoles, forestières, artisanales, saisonnières, riche d’un secteur tertiaire en pleine croissance. Sa contribution à la richesse nationale est importante. Le tourisme d’hiver rapporte, à titre d’exemple, plus de 7 milliards d’euros et représente plus de 120 000 emplois.
 
Pour prendre en compte les caractéristiques de ces territoires, permettre leur maintien et accentuer leur développement, le Premier ministre avait demandé des propositions aux députées Bernadette Laclais et Annie Genevard qui lui ont remis, le 3 septembre dernier, le rapport sur l’"Acte II de la montagne".
 
Sur la base de ces propositions, et en partenariat avec les acteurs de la montagne, Manuel Valls a présenté, au cours du Conseil national de la montagne qu’il a présidé à Chamonix,  une feuille de route pour la reconnaissance de  la montagne.


 

Désenclaver la montagne

 
Le premier impératif c’est l’accès de tous aux soins de santé. Le Premier ministre a rappelé les mesures prises en faveur des territoires isolés depuis les Assises des ruralités de l’automne 2014. Le comité interministériel aux ruralités, qui s’est tenu à Vesoul, le 14 septembre dernier, a ainsi confirmé l’implantation de 1 000 maisons de santé pluridisciplinaires sur tout le territoire dans les mois à venir, et l’augmentation à 1 700 du nombre de bourses allouées aux médecins décidant de s’installer en territoires reculés.
 
En montagne, la question de l'accès aux soins d’urgence se pose particulièrement. Les moyens héliportés décidés seront d’autant plus nécessaires en montagne pour un accès aux urgences de 30 minutes maximum. L’État apportera son appui technique et financier pour les ponts aériens par hélicoptère, a précisé Manuel Valls.
 

La mobilité, un enjeu majeur

 
Le nerf de la guerre en montagne, c’est bien sûr la mobilité et les infrastructures de transport. L’État va mettre à disposition des collectivités des équipes d’ingénieries pour "assurer le suivi des ouvrages – routes, tunnels, viaducs – les plus stratégiques", a assuré le Premier ministre. Pour désenclaver les montagnes, le Premier ministre fait aussi appel à des solutions innovantes spécifiques à ces territoires nivelés, comme des projets de transport par câbles.


Mobilité numérique aussi avec l’accès aux services numériques fixes et à la téléphonie mobile pour améliorer la qualité de vie et l’attractivité des territoires de montagne. "Nous avons imposé aux opérateurs de couvrir tout le territoire en 3G d’ici à 2016", a déclaré Manuel Valls qui s’est aussi "engagé" à ce qu’en 2018, 150 000 foyers soient couverts par le satellite, "particulièrement adapté aux espaces très éloignés des centres urbains", grâce au lancement d’Eutelsat, un nouveau satellite de communication.
 

Soutenir l’activité économique des montagnes

 
Hiver comme été le tourisme nourrit la montagne. Son impact est majeur. Le tourisme d’hiver rapporte plus de 7 milliards d’euros et représente plus de 120 000 emplois. Pour le Premier ministre, il convient de  rénover les infrastructures mobilières des années 70. Pour ce faire, il a été décidé de "réorienter dès 2017, le dispositif  "Censi-Bouvard" vers la réhabilitation de l’ancien", a annoncé Manuel Valls. Objectif : construire un modèle de développement pour attirer les touristes tout au long de l’année.
 

La pluriactivité, une composante des montagnes

 
L’agriculture de montagne est aussi un véritable enjeu  économique, paysager, environnemental et social. Mais la réalité du travail en montagne fait appel à la pluriactivité. Quand le travail de la terre en hiver n’est plus possible, les agriculteurs peuvent se tourner vers l’artisanat et les travailleurs saisonniers peuvent trouver une occupation pendant les saisons creuses. Pour valoriser et sécuriser l’emploi saisonnier, le Gouvernement entend mieux reconnaître le travail saisonnier et renforcer les droits des salariés et créer une offre de service globale et adaptée aux salariés saisonniers.
 
 

La montagne au cœur de la COP21

 
A quelques semaines de la conférence mondiale sur le climat de Paris, le Premier ministre a rappelé que la montagne voit son avenir fragilisé par le réchauffement climatique. Victime du dérèglement climatique, la montagne peut aussi agir en s’engageant dans la transition énergétique, notamment en :
 
  • développant de nouveaux outils pour utiliser davantage de bois dans le cadre de la gestion durable et développer les entreprises de la filière forêt/bois ;
  • accompagnant le développement de l’industrie de transformation de bois et créer de la valeur ajoutée dans les massifs forestiers de montagne.

30 ans après la Loi Montagne,  le moment est venu de construire une nouvelle Loi Montagne. Elle devra être discutée en 2016. 
 
Ce conseil national de la montagne est une nouvelle pierre à l’édifice de la "nouvelle France des territoires" que nous construisons, c’est-à-dire le développement harmonieux de tous les espaces qui composent notre pays.
Manuel Valls, 25 septembre 2015
"Le changement climatique va beaucoup plus loin et plus fort que nos efforts pour le contenir"

 

Conseil national de la montagne

Dossier de presse • 25 septembre 2015