Manuel Valls, le 24 octobre, à la Ciédes Sciences et de l'Industrie lors des rencontres nationales "État et Territoires : mobilisés contre la radicalisation".
25 octobre 2016 - Actualité
Contenu publié sous le Gouvernement Valls III du 11 Février 2016 au 06 Décembre 2016

Pour un partenariat, Etat, collectivités, secteur associatif, fort contre la radicalisation

Manuel Valls a clôturé, le 24 octobre à la Villette, les Rencontres nationales "État et territoires mobilisés contre la radicalisation", appelant les représentants de l’État, les élus, les universitaires et les acteurs du monde associatif à la mobilisation générale. Pour répondre à l’urgence de la situation, il a également jugé qu’il faudra au moins doubler les capacités de prise en charge des personnes radicalisées d’ici à 2017.
 
"Notre pays comme tant d’autres fait toujours face à la menace pesante, permanente du terrorisme islamiste et de la radicalisation violente. Deux fléaux imbriqués se nourrissant, se renforçant mutuellement", a expliqué le Premier ministre. A ce jour, près 1 300 individus ont rejoint les bastions djihadistes : 700 y sont encore présents et 217 y sont morts. Le retour de ces individus sur notre territoire, formés à différentes techniques d’action violente, pose un enjeu majeur de sécurité.

Pour se donner les moyens juridiques et budgétaires, le Gouvernement a adopté, le 9 mai 2016, un Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme, avec l’ambition de mobiliser tous les ministères et tous les partenaires de l’État, à commencer par les collectivités territoriales.

C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan que se sont déroulées, le 24 octobre 2016 à la Villette, les rencontres nationales État-collectivités territoriales, en présence de Bernard Cazeneuve, Patrick Kanner et Estelle Grelier. Elles ont été l’occasion de donner aux acteurs de terrain des outils de compréhension du phénomène de radicalisation et d’identifier les actions de prévention à développer, y compris sur internet. L’objectif du Gouvernement est également d’encourager la mise en œuvre de mesures permettant localement, dans une logique partenariale, de mieux détecter et prendre en charge les personnes radicalisées et leurs familles.

Développer une meilleure prise en charge des personnes radicalisées


 
En parallèle de l’activité des services de renseignement et de l’action judiciaire, le Premier ministre souhaite que chaque individu radicalisé puisse bénéficier "d'une prise en charge adaptée à sa situation : assistance éducative, mesures de protection de l'enfance, accompagnement social, aide à l'insertion professionnelle, soutien psychologique".
 
Si les actions sont nombreuses, "nous sommes encore loin d'avoir bâti un réseau décentralisé complet de prise en charge, tenant compte des différents besoins spécialisés sur tous les territoires concernés, aussi bien en métropole que dans les territoires ultramarins", a-t-il insisté. Pour être efficace, l’appui sur les acteurs locaux est déterminant. C’est la raison pour laquelle un partenariat étroit a été engagé avec les départements de France et qu'une convention-cadre a été signée avec les maires. 
 

Pour répondre à l’urgence de la situation, le Premier ministre estime qu’il faudra doubler les capacités de prise en charge d’ici à la fin 2017, et soutenir les acteurs qui s’investissent dans ce champ d’action. Déjà, depuis mai, "les dispositifs locaux sont passés de 1 600 à 2 240 individus pris en charge, et de 800 à 970 familles accompagnées", a-t-il expliqué. En matière de lutte contre le terrorisme, "ce qui est sûr, c'est que les dispositifs de suivi et de prise en charge que nous bâtissons réduisent les risques de passage à l'acte et agissent donc pour la sécurité, la protection des Français", a souligné Manuel Valls.
 

Structurer les actions de recherches sur la radicalisation

Sur ce point, le Premier ministre a souligné la nécessité de s’appuyer sur des bases scientifiques toujours plus solides, annonçant la volonté du Gouvernement de structurer les actions de recherches sur la radicalisation. "Les moyens alloués à ce terrain d'études seront augmentés, il y aura des créations de postes ; l'attribution de bourses de recherche." Najat Vallaud-Belkacem précisera prochainement l’ampleur du dispositif pour 2017.
 

Par ailleurs, le conseil scientifique, prévu par le plan d'action de mai dernier, sera créé dans les prochains jours. Il sera composé pour moitié d'universitaires et pour moitié de représentants de l'État et des services publics.

Informer régulièrement les maires sur l’intensité des menaces

Manuel Valls est également favorable à ce que les préfets informent "régulièrement les maires sur la nature et l'intensité des menaces" terroristes sur leur territoire, prévenant néanmoins que "travailler ensemble ne signifie pas que l’on peut tout partager ni entrer dans la confusion des responsabilités de chacun". Et de préciser : "Etre efficace dans la lutte contre la radicalisation, c’est d’abord veiller à ne pas compromettre des enquêtes en cours et à ne pas éveiller les soupçons des individus qui font l’objet d’investigations de la justice ou des services de renseignement."

Pour le Premier ministre, "travailler ensemble c’est également construire  des actions concertées et cohérentes à l’échelon local avec la coordination des préfets". Dans cette optique, l'État s’engage à soutenir des actions initiées par les collectivités territoriales contre la radicalisation par le biais du  Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), abondé en mai dernier de 40 millions d'euros. "Au total, ce sont plus de 100 millions d'euros qui sont consacrés, sur 3 ans, à la lutte contre la radicalisation", a-t-il ajouté.

Contrecarrer la propagande djihadiste sur internet

Manuel Valls : "il faudra au moins doubler les capacités de prise en charge des personnes radicalisées, d'ici à la fin de l'année 2017"
 
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de développer "un contre-discours puissant, innovant et crédible" pour contrecarrer la propagande djihadiste dans la sphère numérique. L’écosystème "Stop-Djihadisme" a  notamment pour objectif  de répondre à la menace dans l’espace virtuel avec un site internet et une présence sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter : avec une page et un compte @stopdjihadisme.

Pour Christian Gravel, directeur du SIG, "Les djihadistes ont fait de la propagande l’une de leurs principales armes. Dominer le champ de la communication, fasciner ou terroriser les esprits constitue un but de guerre à part entière. Confrontées à ce fléau, les démocraties doivent elles aussi, dans le respect de leurs principes, engager un combat sur ce plan." Et de préciser : "une part significative du phénomène d’embrigadement s’effectue sur la toile. D’où l’intérêt pour l’ensemble des acteurs publics d’investir ce champ avec force."

La stratégie numérique de l'écosystème vise par conséquent 3 objectifs : informer sur les moyens déployés par l’État, contre argumenter la propagande djihadiste (notamment avec des témoignages) et fédérer l’ensemble des acteurs en les impliquant dans cette lutte. Capture d'écran du site Stop Djihadisme
En conclusion, le Premier ministre a rappelé que dans les années à venir le budget de l’État devra être mobilisé pour soutenir l’exigence de protection et de sécurité des Français. La lutte contre le djihad et la radicalisation devra également être poursuivie en mobilisant toute la société française. "Et chacun de nos compatriotes, d'une certaine manière, chacun avec ses responsabilités doit être un acteur de cette mobilisation."