Manuel Valls lors du 110e anniversaire du SGDSN
24 novembre 2016 - Actualité

Terrorisme islamiste : "Pour vaincre cet ennemi insidieux, la France doit s’en donner les moyens"

À l’occasion du 110e anniversaire du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), jeudi 23 novembre, Manuel Valls a réaffirmé l’engagement total de la France contre le terrorisme islamiste et fait le point sur les actions mises en œuvre par l’État pour mettre à bas cette idéologie totalitaire.
 
C’est avec "gravité et détermination" que le Premier ministre s’est exprimé lors du colloque du 110e anniversaire du SGDSN, institution vers laquelle convergent "l’ensemble des dossiers intéressant la sécurité intérieure et extérieure de la France". Il a rappelé, en préambule, que la France et l’Europe étaient "entrées dans une période inédite, marquée par la multiplicité des crises". Au premier rang de ces crises, figure évidemment l’émergence et l’expansion de l’islamisme radical : "En l’espace de quinze ans", a rappelé Manuel Valls, ce fléau "s’est imposé sur tous les continents comme la plus grande menace pour nos démocraties."
"Il faut être fort face aux menaces, mais il faut être fort aussi de notre capacité à nous rassembler"
 
Pour gagner cette bataille d’un genre nouveau contre un "ennemi insidieux", la France doit donc "s’en donner les moyens". Tout en restant dans le cadre de l’Etat de Droit : "En sortir, céder à l’arbitraire, ce serait concéder une victoire aux ennemis de la démocratie. L’Etat de Droit, ce n’est pas de la naïveté. Au contraire, c’est être fort, c’est être certains de ce que nous sommes : une démocratie, une République."

Le renforcement des moyens de défense

Depuis les attentats de janvier et novembre 2015, l’État a considérablement renforcé ses outils de lutte contre daech et son idéologie mortifère. Les lois des 24 juillet et 30 novembre 2015 ont par exemple conféré aux services de renseignement le droit d’user de nouvelles méthodes de surveillance (comme les "interceptions de sécurité"), et l’activité de Tracfin s’est accrue pour assécher les filières financières qui alimentent le terrorisme.

Dans le même temps, le Gouvernement a prolongé et intensifié cet effort sur le volet Défense. Outre l’augmentation, déjà prévue, du budget et des effectifs de la Défense, Manuel Valls s’est dit convaincu de la nécessité de consacrer, dans les prochaines années, au moins 2% de PIB à la Défense, pour garantir son bon fonctionnement et son efficacité pérenne. La France ne s’engagerait d’ailleurs pas seule sur cette voie : il s’agit d’un objectif  "vers lequel nos alliés de l’Otan ont aussi commencé à avancer", a précisé le Premier ministre, soulignant ainsi la nécessité d’un effort conjoint à l’échelle continentale.

Une Europe mobilisée et unie face aux enjeux de sécurité

"Pendant longtemps, l’Europe a ignoré les enjeux de sécurité et de défense. Aujourd’hui, face aux menaces qui pèsent sur elle, l’Europe est au pied du mur", a constaté Manuel Valls, avant de préciser les mesures qu’il estime nécessaires pour faire face plus efficacement à la menace terroriste. Si l’Europe a d’ores et déjà approuvé le dispositif PNR (pour passenger name record), qui permet de tracer les déplacements en avion, et proposé la mise en place d’un système d’identification des voyageurs entrants (à l’image de l’ESTA américain), le Premier ministre a ainsi préconisé une pleine reprise du contrôle de l’espace Schengen, "par la création de garde-frontières européen pour assurer enfin la protection de nos frontières extérieures".

Manuel Valls a également souligné le rôle de l’Otan, "indispensable outil d’interopérabilité en matière de défense", tout en mettant en garde l’Europe contre la tentation de s’en remettre uniquement à l’Alliance atlantique : "L’Europe doit se prendre en main et construire son autonomie stratégique", a-t-il prévenu.

Poursuivre l’action militaire hors des frontières…

Grande puissance militaire, la France a déployé ses forces armées pour contrer les islamistes partout où ils se trouvent : les militaires tricolores ont été engagés au Mali dans le cadre de l’opération Serval en janvier 2013, puis dans l’ensemble de la bande sahélo-saharienne, à partir de l’été 2014, dans le cadre de l’opération Barkhane. Il s’agit, a rappelé Manuel Valls, d’un "enjeu de prévention essentiel pour la sécurité du Maghreb, celle du continent africain, mais aussi la nôtre et celle de l’Europe".
 
"L’ennemi prend des coups, il recule là où il cherchait à s’établir, perd des capacités. Il sera vaincu, à Mossoul comme à Raqqa, mais les batailles seront longues et meurtrières."
Manuel Valls
Premier ministre


Pour lutter contre daech au Levant, les armées françaises sont également intervenues en septembre 2014 en Irak puis, un an plus tard, en Syrie, dans le cadre de l’opération Chammal. Une action qui, conjuguée à l’effort de la coalition internationale, porte actuellement ses fruits, notamment à Mossoul : "L’ennemi prend des coups, il recule là où il cherchait à s’établir, perd des capacités. Il sera vaincu, à Mossoul comme à Raqqa, mais les batailles seront longues et meurtrières", a prévenu Manuel Valls, avant d’ajouter : "Agir, c’est aussi redoubler d’efforts sur notre sol."

… Et redoubler d’effort sur le territoire national

Aujourd’hui, les ennemis de la République ne sont plus, comme jadis, massés aux frontières, mais ils se trouvent  au contraire "au cœur de notre société" et sont susceptibles de passer à l’action à tout moment. Ces ennemis peuvent être "des Français, des résidents français qui, sur notre sol et après un processus de radicalisation, fomentent des attaques meurtrières", a déploré Manuel Valls.

Pour lutter contre cette nouvelle réalité, le Premier ministre a réaffirmé la détermination du Gouvernement à intensifier son action sur le sol national. Il a salué l’efficacité de la stratégie française en matière de justice antiterroriste et de la centralisation des procédures terroristes au tribunal de Paris : "Il y a 30 ans, la France a fait le choix de la centralisation de l’antiterrorisme. Ce choix, je crois, était le bon et il me semble qu’il ne faut pas revenir dessus."

Manuel Valls l’a répété, la justice aussi doit être au cœur du dispositif intérieur de lutte contre le terrorisme. L’Etat d’urgence ayant permis d’accélérer le processus de déstabilisation des réseaux et de déjouer plusieurs projets d’attentats, le Premier ministre s’est prononcé pour sa prolongation jusqu’aux prochaines échéances électorales.

 "Agir, c’est aussi lutter en amont contre la radicalisation", a insisté Manuel Valls. L’ouverture d’un premier centre de prévention, d’insertion et de citoyenneté pour prendre en charge les personnes radicalisées relève de cette volonté, tout comme la promotion d’un contre-discours sur internet et les réseaux sociaux, à l’image de la campagne #ToujoursLeChoix lancée le 18 novembre dernier par STOP DJIHADISME.

#ToujoursLeChoix, une campagne web pour lutter contre la radicalisation

Manuel Valls a réaffirmé la détermination du Gouvernement à lutter sans répit contre le radicalisme islamiste, notamment sur le te... [Lire la suite]
vendredi 18 novembre 2016

Enfin, le Premier ministre a insisté sur la nécessité pour la France de bâtir une nouvelle culture de sécurité, citant notamment l’opération Sentinelle et la Garde nationale (qui sera opérationnelle en 2017) : "Nous devons accompagner les Français pour développer collectivement une nouvelle culture de sécurité, qui intègre pleinement la menace dans notre vie quotidienne, qui donne de nouveaux réflexes." Car, rappelle-t-il, "nous sommes engagés dans une nouvelle forme de guerre mondialisée. Et elle sera longue."
 

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lundi 26 septembre 2016