Transport de matières dangereuses

Une matière dangereuse, par ses propriétés physiques ou chimiques ou bien par la nature des réactions qu’elle est susceptible de mettre en œuvre, peut présenter un danger grave pour l’homme, les biens ou l’environnement. Elle peut être inflammable, toxique, explosive, volatile ou encore corrosive. De nombreux produits d’usage quotidien, comme les carburants, les gaz ou les engrais, peuvent présenter des risques pour la population, les biens et l’environnement. Cependant, les matières transportées ont souvent une concentration et une agressivité supérieures à celles des usages domestiques.

Quels sont les risques liés à un accident de transport de matières dangereuses ?


On peut observer  plusieurs types d’effets:
 
  • une explosion, provoquée par un choc avec production d'étincelles (notamment pour les citernes de gaz inflammables), par l'échauffement d'une cuve de produit volatil ou comprimé, par le mélange de plusieurs produits ou par l'allumage inopiné d'artifices ou de munitions. L'explosion peut avoir des effets à la fois thermiques et mécaniques (surpression due à l'onde de choc). Ces effets sont ressentis à proximité du sinistre et jusque dans un rayon de plusieurs centaines de mètres ;
  • un incendie, causé par l'échauffement anormal d'un organe du véhicule, un choc avec production d'étincelles, l'inflammation d'une fuite sur une citerne ou un colis contenant des marchandises dangereuses, un sabotage, etc... 70% des matières dangereuses transportées sont des combustibles ou des carburants ce qui rend ce type d’accident le plus probable. Un incendie de produits inflammables solides, liquides ou gazeux engendre des effets thermiques (brûlures), qui peuvent être aggravés par des problèmes d’asphyxie et d’intoxication, liés à l’émission de fumées toxiques ;
  • une contamination de l’air (nuage toxique), de l’eau ou du sol provenant d’une fuite de produit toxique ou résultant d’une combustion (même d’un produit non toxique). En se propageant dans l'air, l'eau et/ou le sol, les matières dangereuses peuvent être toxiques par inhalation, par ingestion directe ou indirecte, par la consommation de produits contaminés, par contact. Selon la concentration des produits et la durée d'exposition, les symptômes varient d'une simple irritation de la peau ou d'une sensation de picotements de la gorge, à des atteintes graves (asphyxies, œdèmes pulmonaires). Ces effets peuvent être ressentis jusqu'à quelques kilomètres du lieu du sinistre.
 
Selon la nature de l’accident, on observe alors plusieurs types de risques :
  • pour la santé : certaines matières peuvent présenter un risque pour la santé par contact cutané ou par ingestion (matières corrosives ou toxiques...). Ce risque peut se manifester en cas de fuite (d’où l’importance de ne jamais manipuler les produits suite à un accident).
  • pour les sols ou pour l’eau : une pollution peut survenir à la suite d’une fuite du chargement. En effet, certaines matières dangereuses présentent un danger pour l’environnement au-delà d’autres caractéristiques physico-chimiques (inflammabilité, corrosivité…).
 

Connaître la signalisation des transports de marchandises dangereuses pour mieux se préparer

 
Signalisation orange sur laquelle on peut lire deux numéros correspondant : 

  • Au Numéro d’identification du danger lié au produit.
  • Au numéro ONU permettant d’identifier le produit concerné.
numéro ONU permettant d’identifier le produit concerné.
 

Plaque-étiquette annonçant le type de danger :

Plaque-étiquette annonçant le type de danger.
 

Apprenez à déchiffrer les panneaux de signalisation en téléchargeant le dossier d'information sur le transport des matières dangereuses (PDF)
 

Agir en cas d’accident

 

Si vous êtes témoin de l’accident

  • Donnez l’alerte en téléphonant aux sapeurs-pompiers (composez le 18), à la police ou la gendarmerie (le 17). Précisez le lieu, le moyen de transport impliqué, le nombre approximatif de victimes et, dans la mesure du possible, le numéro ONU du produit, le numéro d’identification du danger, ainsi que la nature du sinistre.
  • S’il y a des victimes, ne les déplacez pas, sauf en cas d’incendie.
  • Si un nuage toxique vient vers vous, fuyez selon un axe perpendiculaire au vent, mettez-vous à l’abri dans un bâtiment clos à proximité immédiate (confinement), ou quittez rapidement la zone (éloignement).
  • Lavez-vous à l’eau en cas d’irritation, retirez vos vêtements et changez-vous si cela est possible. Consultez un médecin en cas d’apparition de symptômes.
 

Si vous êtes habitant d’une zone à risque

Si les services de secours demandent de se mettre à l’abri

  • Respectez les consignes de confinement, c’est-à-dire : bouchez toutes les entrées d’air (portes, fenêtres, aérations…), arrêtez la ventilation et la climatisation, évitez toute flamme ou étincelle.
  • Ne cherchez pas à rejoindre les membres de votre famille s’ils sont à l’extérieur.
  • Rendez-vous de préférence dans une pièce possédant une arrivée d’eau.
  • N’encombrez pas les réseaux téléphoniques, nécessaires à l'organisation des secours. Ne téléphonez qu'en cas d'urgence vitale
  • Ecoutez la radio et ne sortez qu’en fin d’alerte ou signal sur ordre d’évacuation.


Si l’ordre d’évacuer est donné

  • Rassemblez vos affaires personnelles indispensables : papiers, argent liquide, médicaments.
  • Coupez le gaz et l’électricité.
  • Suivez strictement les consignes données par les services de secours.
  • Fermez à clé les portes extérieures.
  • Dirigez-vous avec calme vers le point de rassemblement fixé.
  • Dans tous les cas, restez à l’écoute des autorités et respectez leurs consignes délivrées dans les médias (France Bleu, France Info, France Télévisions,...), les sites et réseaux sociaux de la préfecture, du ministère de l'Intérieur et du Gouvernement.


Agir après


 A la fin de l’alerte, aérez le local ayant été utilisé pour la mise à l’abri.
  • Ne touchez pas aux objets, aux aliments, à l’eau qui ont pu être contaminés par des substances toxiques.
  • Sans autorisation des autorités, ne consommez aucun aliment (fruits et légumes ou tout produit issu d’animaux d’élevage dont lait, viande, œufs) provenant de la zone éventuellement contaminée.
 
Textes réglementaires
  • La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l’article L 125.2 du Code de l’environnement.
  • Établi sous l’autorité du préfet, le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département l’ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans la commune, au moyen de cartes au 1 : 25 000 et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures mises en place par l’Etat.
  • Le maire élabore un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Le DICRIM doit être accompagné d’une communication (au moins une fois tous les deux ans si la commune est couverte par un plan de prévention des risques) et d’une campagne d’affichage. Ces deux documents sont disponibles en mairie.
Apprenez à déchiffrer les panneaux de signalisation en téléchargeant le dossier d'information sur le transport des matières dan