11 février 2017 - Actualité

Ferme des 1000 veaux : "l'entreprise collective que vous avez conçue à la ferme Saint-Martial présente un caractère d'exemple"

Bernard Cazeneuve s'est rendu le 10 février 2017 à la Ferme Saint-Martial dans la Creuse, cible d'un incendie criminel le 22 décembre 2016. Le Premier ministre est venu exprimer le soutien moral et financier du Gouvernement. Il a réaffirmé toute sa confiance dans le choix stratégique des éleveurs et des élus locaux pour développer l'activité au bénéfice de l’agriculture et du territoire.
 
Il est 5 heures du matin, le 22 décembre 2016, quand un incendie est signalé dans un bâtiment du centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux (Creuse). Les flammes embrasent la quasi totalité des 1 500 m² du bâtiment de stockage de fourrage. Les animaux sur place n'ont pas été touchés. Selon la préfecture, "il s’agit de toute évidence d’un incendie volontaire et criminel puisque des tags ont été retrouvés sur le bâtiment", auxquels il faut ajouter des propos injurieux inscrits à l'endroit de l'entreprise et de la ministre de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer.
 
Élevage : soutien moral et financier de Bernard Cazeneuve à la Ferme des 1000 veaux dans la Creuse

Soutenu et subventionné par l’Etat et les collectivités locales, ce centre, plus connu sous l'appellation "Ferme des 1 000 veaux", accueillait des "broutards", des veaux de 8-9 mois, nourris sur place plusieurs mois. Suite à la parution du décret du 5 décembre 2016 - portant sur la modification de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement dans le Code de l'environnement - des voix d'associations de défense de l’environnement et du bien-être animal s'étaient élevées pour exprimer leurs désaccords.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a le jour même condamné avec la plus grande fermeté les exactions et "les qualificatifs inadmissibles et diffamatoires, employés dans des inscriptions retrouvées sur les bâtiments, en particulier à propos d’une ministre de la République". Il a rappelé que les pouvoirs publics n'avaient eu de cesse "depuis 2012, de travailler avec les éleveurs et les défenseurs de la cause animale" et qu’il recherchera "toujours une approche équilibrée des problématiques agricoles".

Exclure la violence

En se rendant sur place, ce 10 février 2017, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, est venu "exprimer un soutien moral face à l'acte" dont ont été victimes les éleveurs concernés. Il a aussi réaffirmé avec force les valeurs démocratiques et de dialogue dans un État de droit : "Je suis venu ici aussi pour vous dire comme républicain que si je suis attaché à la pluralité des points de vue, je suis déterminé à faire en sorte que jamais on ne puisse dans un État de droit, dans la République, imposer sa volonté par la violence."
 
Bernard Cazeneuve a également remis en perspective le rôle primordial de l'élevage bovin dans la région. Il est venu réaffirmer le soutien financier de l'État afin de "surmonter le sinistre", mais surtout pour permettre le redémarrage et le développement de l'activité "dont la réussite est cruciale pour les éleveurs."

Un rôle central au service de l'économie locale…

Bernard Cazeneuve a mis en exergue l'activité de la ferme Saint-Martial au sein du département de la Creuse. Une démarche globale ayant fait le choix d'un circuit-court pourvoyeur d'activités économiques non délocalisées : "l'entreprise collective que vous avez conçue à la ferme Saint-Martial présente un caractère d'exemple. Dans une région où l'élevage bovin est le pilier fondamental de l’activité agricole, où il assure le maintien de l’activité économique, où il permet l’entretien du territoire et des paysages, cette démarche des éleveurs, des élus, répond à des objectifs que chacun ne peut que partager."

 … et de l'environnement

Avec des conséquences positives sur l'environnement, car ainsi que le souligne le Premier ministre, les "broutards" ne seront plus transportés "à destination des centres d'engraissement, en Italie ou en Espagne", allégeant d'autant la facture carbone. De plus, précise-t-il, cette exploitation "participe au développement des énergies renouvelables, grâce aux panneaux photovoltaïques que nous avons vus sur 5 hectares, grâce au projet de méthanisateur qui est le vôtre".
 
Et de conclure : "Je veux que vous sachiez que dans la responsabilité qui est la mienne, je ne laisserai jamais des campagnes se développer à l'encontre de l'initiative que vous avez prise parce que j'estime que lorsqu'il y a de bons projets, qui sont de nature à rehausser les chances et les atouts des territoires, il est du rôle de ceux qui gouvernent la France de les valoriser et de soutenir leurs promoteurs."