Tram à Bordeaux
26 novembre 2018

Transports : un projet de loi pour penser les mobilités de demain

Comment améliorer la mobilité de tous les citoyens ? C’est la question à laquelle veut répondre le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), présenté le 26 novembre en Conseil des ministres. Un texte qui vise à désenclaver les territoires et proposer des alternatives à la voiture.
 

Façonner les transports du futur

Près de 36 ans après la dernière grande loi d’organisation des transports, la ministre chargée des Transports, Elisabeth Borne, présente le projet de loi d’orientation des mobilités en Conseil des ministres ce lundi 26 novembre 2018.

Enclavement de certains territoires, urgence environnementale et climatique, priorisation du TGV plutôt que des besoins de transport quotidien, nouvelles solutions de mobilité… Face aux défis d’aujourd’hui, l’heure est à la refonte générale de la politique des transports. À terme, la loi d’orientation des mobilités vise à réorganiser les déplacements des Français pour les décennies à venir.

Pour ce faire, le projet de loi se structure autour de quatre grands objectifs : apporter à tous et partout des solutions alternatives à la voiture individuelle ; développer l’innovation et les nouvelles solutions de mobilité ; réduire l’empreinte environnementale des transports et investir davantage dans les infrastructures qui améliorent les déplacements du quotidien.

La priorité donnée aux territoires

Gare du Nord à ParisPour le Gouvernement, l’un des principaux enjeux réside dans le désenclavement des territoires “victimes du tout-TGV, qui a structuré notre politique des transports pendant des décennies au détriment des transports du quotidien”, a expliqué la ministre dans une interview au Journal du dimanche.

Ainsi, l’État prévoit d’investir un total de 13,4 milliards d’euros dans les transports entre 2018 et 2022. Un budget en hausse de 40% par rapport à la période 2013-2017, qui sera largement consacré à deux grandes mesures : l’amélioration des transports du quotidien et la rénovation des réseaux routiers et ferroviaires. “L’État va aussi investir à hauteur de 2,6 milliards pour augmenter l'offre de trains du quotidien là où il y a le plus de besoins”, a détaillé Elisabeth Borne.

Proposer des solutions à la voiture individuelle

Autre grand axe de travail : la simplification de l’exercice de la compétence mobilité pour les collectivités territoriales. Aujourd’hui, 80% des collectivités territoriales ne sont pas pleinement chargées d’organiser la mobilité. Conséquence : peu de solutions concrètes sont proposées aux citoyens pour leurs déplacements du quotidien (souvent des lignes de bus), qui s’en remettent à la voiture individuelle.

VoitureAvec la loi d’organisation des mobilités, les collectivités pourront mettre en place des solutions alternatives comme le développement de plateformes de covoiturage, l’organisation d’un service de transport à la demande ou encore la mise en place de véhicules en autopartage.

Des solutions de ce type sont déjà mises en place dans certaines collectivités : à Charleville-Mézières, la communauté d’agglomération Ardenne Métropole met à disposition des habitants 32 véhicules électriques en autopartage. Ces véhicules sont disponibles à des bornes en libre-service réparties dans l’ensemble des villes de l’agglomération. Dans un territoire plus rural comme le Parc naturel régional des Grands Causses en Aveyron, le syndicat mixte du Parc propose un bouquet de solutions alternatives à la voiture : vélo, autostop organisé, covoiturage ou autopartage.

Une loi qui s’inspire de propositions citoyennes

Face à la révolution actuelle du secteur des transports, une grande phase de concertation a précédé l’élaboration du projet de loi d’orientation des mobilités. Il y a un an, les Assises nationales de la mobilité ont permis de recenser d’une part les besoins des citoyens en termes de déplacements, et d’autre part les solutions émergentes à développer dans les années futures.

La plateforme dédiée à la concertation avait permis de recueillir plus de 2 500 propositions, et près de 30 000 internautes avaient pu s’exprimer par le vote sur ces dernières. Parmi les thématiques les plus débattues, on retrouvait le souci de se diriger vers des mobilités plus propres. Le projet de loi d’orientation des mobilités s’est directement de cette concertation pour construire concrètement les transports de demain.