20 novembre 2018

Protection de l'enfance : une stratégie nationale pour lutter contre la maltraitance

A l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfance, Agnès Buzyn lance ce mardi 20 novembre une stratégie pour la protection de l’enfance.
 
Il y a 29 ans, l’Organisation des Nations unies (ONU) adoptait la Convention relative aux droits de l’enfant. Depuis, le 20 novembre est devenu la journée internationale des droits de l’enfance. Ce mardi, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, lance une stratégie nationale pour la protection de l’enfance.

Un sujet pris à bras-le-corps

Dans le cadre du lancement de la stratégie nationale, la ministre a annoncé la nomination d’un haut-commissaire en charge de la protection de l’enfance. Celui-ci sera chargé de mettre en place une stratégie adéquate et d’organiser un meilleur pilotage de cette politique. “Je souhaite en effet prendre le sujet des violences faites aux enfants, quelle que soit leur forme, à bras-le-corps”, a-t-elle déclaré au journal La Croix.

Cette politique portera sur trois grands axes : la santé, l’éducation et enfin la lutte contre les violences faites aux enfants. Actuellement, les 340 000 enfants pris en charge par les services sociaux ne bénéficient pas des mêmes soins ni du même suivi que les autres.

Pour remédier à cette situation, l’État va “s’engager à financer un parcours de santé axé sur les besoins de ces enfants, impliquant davantage les agences régionales de santé”, explique Agnès Buzyn. Concrètement, le Gouvernement veut mettre en place une prise en charge à 100 % des frais de santé des mineurs confiés aux services sociaux.

Une collaboration de tous les acteurs

En France, la protection de l’enfance comprend trois volets : des actions de prévention ; le repérage et le traitement des situations de danger ou de risque de danger pour l’enfant ; et enfin des décisions administratives et judiciaires. “Cela nécessite de faire travailler ensemble tous les acteurs”, préconise la ministre.

En effet, l’aide sociale à l’enfance relève de la compétence des départements. Pour mener une action efficace, l’État devra d’abord se concerter avec les acteurs locaux, puis signer des conventions pour appliquer la politique de lutte contres les violences faites aux enfants. “Les départements et l’État doivent se substituer jusqu’au bout aux familles défaillantes et donner vraiment les mêmes droits et les mêmes chances à ces jeunes”, précise Agnès Buzyn.

En cas de maltraitance : composer le 119

143 000
enfants ont été exposés à des violences conjugales en 2016
En 2016, 131 mineurs ont été victimes d’infanticides, dont 67 dans le cadre familial. La même année, les forces de l'ordre ont enregistré 19 700 plaintes pour des violences sexuelles sur mineurs. Face à la violence subie par les enfants, le ministère des Solidarités et de la Santé lance ce soir, à 19h58 sur France 2, une campagne de sensibilisation. Pour Agnès Buzyn, le message est le suivant : “chaque citoyen peut aider à éviter des drames. Il est rarissime que les maltraitances soient un événement unique et brutal”.

Pour y faire face, le 119 est ouvert aux victimes ou témoins d’une maltraitance. Disponible à tout moment, sur tous les téléphones et depuis tous les départements français, ce numéro d’urgence met en relation l’appelant avec des professionnels de l’enfance pour une aide ou des conseils. En cas d’urgence, le Service national d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger (SNATED) alerte à son tour les services de première urgence pour qu’ils interviennent.