29 janvier 2019 - Actualité

Protection de l'enfance : la feuille de route du Gouvernement

Agnès Buzyn et Adrien Taquet ont présenté, le 28 janvier 2019, les premières actions du Gouvernement pour la protection de l’enfance, en attendant la présentation d'une stratégie nationale cet été.
 
Signe fort du Gouvernement pour faire de la protection de l’enfance une action prioritaire : la nomination d’un secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé chargé de l’enfance, le 25 janvier dernier.
 
Plus de moyens pour la protection de l'enfance

bientôt une stratégie nationale de la protection de l'enfance

Le nouveau secrétaire d'État, Adrien Taquet, veut s’attaquer à l’amélioration de la prise en charge de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), avec notamment une réflexion qui portera sur le recrutement et la formation des professionnels. Il va également conduire, avec le Conseil national de protection de l’enfance, l’élaboration de la stratégie de la protection de l’enfance. Celle-ci sera présentée à l’été, après une grande concertation des acteurs du secteur.

À ce stade, Agnès Buzyn et Adrien Taquet ont présenté les grandes lignes qui vont guider l’action et structurer la réflexion de la prochaine concertation. Elles s'articulent en trois axes principaux : renforcer la prévention, lutter contre tous les types de violence, faire respecter les droits fondamentaux des enfants.
 
  1. Agir dès la naissance de l'enfant : les actions doivent être effectives dès la venue au monde de l’enfant et se poursuivre dans les premiers mois de vie. Des parcours de périnatalité pour les parents dès le 4e mois pourraient être créés ainsi qu’un renforcement du suivi après la naissance par la Protection maternelle infantile (PMI). Aujourd’hui, plus de 300 000 enfants bénéficient de mesures de protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). 53% d’entre eux ont entre 11 et 18 ans.
  2. Contrecarrer la violence : le recours au numéro d’urgence 119 fera l’objet d’une campagne de communication. Objectif : sensibiliser les citoyens à signaler les problèmes de violence sur enfant, qu’ils soient réels ou suspectés. "Aujourd’hui, moins d’une personne sur quatre, face à une suspicion de violence, va effectivement la signaler", déplore Adrien Taquet. L’interdiction des violences éducatives ordinaires, comme la fessée, fait également partie de l’arsenal de lutte contre les violences.
  3. Garantir les droits fondamentaux des enfants (santé, éducation, justice…) : Agnès Buzyn a confirmé deux mesures annoncées en novembre dernier : la prise en charge à 100% des soins de santé et soins psychologiques des enfants de l’ASE, et un soutien scolaire adapté pour que ces jeunes "aux parcours scolaires chaotiques" puissent accéder aux études supérieures. Aujourd’hui, les enfants des l'ASE ont cinq fois moins de chances de passer un bac général. 70% d'entre eux sortent sans diplôme. Adrien Taquet a aussi plaidé pour une exécution plus rapide des mesures judiciaires de placement. Plusieurs mois peuvent en effet s’écouler entre la décision de justice et le placement.
Le secrétaire d’État souhaite également réfléchir à la disparité des politiques de protection actuellement mises en œuvre dans les départements.  Cette question fera l’objet d’une "conférence de consensus", a-t-il indiqué. Objectif : "assurer l’égalité de traitement et de prise en charge des enfants", a précisé Agnès Buzyn.