5 avril 2019 - Actualité

Peut-on se passer de l'intelligence artificielle ?

Bruno Le Maire, en déplacement le 4 avril 2019 dans un laboratoire de développement de l'intelligence artificielle (IA) à Bezons (95), et Florence Parly, en déplacement à l'institut de convergence DATA IA, à Saclay (91) le 5 avril, sont tous deux intervenus sur le thème de l’intelligence artificielle et l'importance cruciale que revêt cette technologie de rupture.
 
Au fait, qu'est-ce que l’IA ? Disons que c’est un "cerveau" reconstitué numériquement et implanté dans des machines capables d’effectuer des tâches simples mais aussi plus complexes jusqu'ici dévolues aux humains. L’un des exemples est la voiture autonome, capable d’effectuer un trajet tout en respectant les règles de sécurité routière, tout ceci sans personne au volant.

Tous les domaines sont impactés : banque et finances, logistique et transports, la santé avec les systèmes experts d'aide au diagnostic… La liste n’est pas exhaustive. Les cerveaux artificiels sont capables, qui plus est, d’apprendre et de progresser.

"Nous sommes dans un moment de révolution technologique historique", a déclaré Bruno Le Maire, en déplacement, à Bezons (95) au Lab IA d’Atos, société consacrée à l’intelligence artificielle, le 4 avril 2019.





Un diagnostic partagé par la ministre des Armées, Florence Parly, en déplacement ce jour à Saclay, à l’institut de Convergence Data IA : "c'est une évidence", les armées françaises doivent investir dans l’IA. "C’est une technologie stratégique indispensable pour notre supériorité opérationnelle", a-t-elle déclaré.



En effet, au-delà du véhicule autonome, du traitement massif de données, des démonstrations futuristes de robots guidés par de l’IA, l’intelligence artificielle revêt une dimension stratégique de souveraineté.

Conquérir notre souveraineté technologique

La révolution de l’IA n’est pas seulement un enjeu de développement technologique et commercial. C’est bien, selon Bruno le Maire, "un enjeu de souveraineté politique." Pour le ministre, il ne peut y avoir de "souveraineté politique sans souveraineté technologique, et de souveraineté technologique sans la maîtrise totale de l’IA." L’IA est la pierre angulaire de l’indépendance technologique de la France.

C’est pourquoi, dès les premiers jours de sa mandature, le président de la République a voulu définir la stratégie française de l’IA pour en faire "la colonne vertébrale de l’affirmation technologique de la France", a déclaré Bruno le Maire.

Le 8 septembre 2017, le Premier ministre Édouard Philippe a confié une mission à Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne. Son objectif : poser les bases d’une stratégie nationale ambitieuse pour la France en matière d’IA, avec 4 grands domaines prioritaires : défense, environnement, santé, transports.

La stratégie de la France en matière d’intelligence artificielle a été de nouveau exposée, le 29 mars 2018, lors de la conférence "AI for Humanity" au Collège de France, par le président de la République.

La Défense en ordre de bataille

"L’IA n’est ni plus ni moins que la garantie du plus haut niveau de protection des Français" et "au sein du ministère [des Armées], nous prenons tous sans exception ce virage technologique", a affirmé Florence Parly.

Et de préciser :"Nous investirons 100 millions d’euros par an de 2019 à 2025 pour le cœur de l’IA. […] Cet effort touche tous les programmes d’armement, du Rafale au Scorpion, de l’espace au combat naval collaboratif."

Dans le domaine des équipements, 6 domaines d’investissement sont identifiés : l’aide à la décision et à la planification, le renseignement, le combat collaboratif, la robotique et le cyber-espace.

Une cellule de coordination de l’IA de défense, composée d’une dizaine d’experts pluridisciplinaires, sera chargée de coordonner l’action du ministère en matière d’IA. D’ici à 2023, la cellule s’appuiera sur un réseau de 200 spécialistes de l’IA. "Ce réseau développera les usages de l’IA dans tous les domaines, du théâtre d’opération jusqu’à la direction des affaires financières en passant par le Maintien en condition opérationnelle (MCO) aéronautique", a déclaré la ministre.

Des financements à la hauteur de l’enjeu

Développer l’IA dans tous les domaines d’application, c’est aussi l’un des points cruciaux soulevés par Bruno Le Maire, en particulier vers les PME. L’IA peut améliorer leur performance opérationnelle, le suivi logistique ou la gestion de qualité. "Les PME qui maîtriseront l’IA gagneront en compétitivité. Le succès des PME dépendra de leur capacité à mettre de l’IA dans leurs process de fabrication", a-t-il déclaré.

Le développement de l’IA demande un investissement "très lourd" de plusieurs "centaines de millions d’euros". Des moyens pris en compte par le Gouvernement par un financement à hauteur des enjeux :
  • 800 M€ pour l’amorçage et les premières commercialisations de projets en IA dans le cadre du plan "Deep Tech" ;
  • 30 M€ respectivement pour soutenir deux projets d’innovation de rupture : amélioration du diagnostic en santé et certification de l’IA pour éviter les biais liés aux algorithmes.

Économie, défense, santé, transports, industrie… c’est maintenant que la révolution de l’IA se joue, "c’est maintenant qu’il faut dégager les moyens financiers pour innover et investir. C’est maintenant qu’il faut soutenir nos chercheurs pour avoir une recherche qui soit à la pointe de cette révolution technologique. C’est maintenant qu’il faut tisser les partenariats stratégiques pour faire face à cette révolution", a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances.