22 février 2018 - Vidéo

Grand Paris Express : l'État s'implique plus fortement dans le projet

Le Premier ministre, Édouard Philippe et Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports, ont annoncé des décisions sur le Grand Paris Express, le 22 février 2018, à l'Hôtel de Matignon.

"Un exercice de vérité" : c'est en ces termes que le Premier ministre, Édouard Philippe, a qualifié la présentation et les annonces faites sur le dossier du Grand Paris Express.

Le Grand Paris Express (GPE), projet de construction d'un réseau de 200 km de lignes de métro souterrain reliant Paris avec les petites, grandes et moyennes couronnes, a été confirmé par le Premier ministre qui a affirmé "la volonté de l'Etat de mener à bien ce projet à l'horizon 2030 dans toutes les composantes initialement prévues et de le rendre totalement irréversible."

Un chantier pharaonique

Une décision à lire à l'aune des contraintes que connaît ce "chantier du siècle", comme l'a qualifié le Premier ministre :

  • des difficultés à hauteur des défis techniques et technologiques : avec 200 km de nouvelles lignes souterraines, 68 nouvelles gares en sous-sol à 35 mètres en moyenne en contrebas, les aménagements urbains consécutifs à ces réalisations qui vont générer 300 sites de chantier. Les 43 millions de tonnes de déblais estimés correspondent à "8 pyramides de Gizeh", a illustré Édouard Philippe. Le GPE est le plus grand chantier d'Europe continentale, à ce jour.
  • des difficultés en termes de ressources humaines. Le GPE va multiplier par  4 le volume des travaux en Île-de-France. Les entreprises de BTP devront employer et former + de 15 000 femmes et hommes pour mener les travaux. "Une bonne nouvelle pour l'activité et l'emploi", s'est félicité le Premier ministre, mais aussi un défi en termes de recrutements et de formations.
  • Des difficultés financières pointées par la Cour des comptes et rappelées par le Premier ministre : "la Cour des comptes a tiré la sonnette d'alarme en annonçant que la prévision des coûts à terminaison devait passer de 25 à 35 milliards d'euros."
  • Des difficultés de calendrier : "la vérité oblige à dire que le calendrier de mise en service tel qu'il est connu en ce moment, ne correspond plus à la réalité. Aujourd'hui, il ne peut pas décemment nous sers servir de boussole pour conduire les travaux de cette importance", a déclaré Édouard Philippe.

Une reprise en main de l'État

Face à ces difficultés, le Gouvernement a, "sous l'autorité du Président de la République, décidé de reprendre en main le projet et de tenir un langage de vérité", a déclaré Édouard Philippe : "pour que le projet réussisse, nous devons faire toute la vérité, les prix, les dates, les délais, les priorités. Pour que chacun - élus, investisseurs, chefs d'entreprises, entreprises du BTP, Franciliens –sachent à quoi s'en tenir."

"Je n'éprouve aucun plaisir à jouer les pères la rigueur. Mon rôle, celui du Gouvernement et de rappeler le principe de réalité, de redonner de la  robustesse à un projet qui, sinon, pourrait trembler sur ses bases", a précisé le  Premier ministre.

"Redonner de la robustesse", a précisé le Premier ministre c'est :

  • Mener à bien ce projet à son terme et "le rendre irréversible"
  • Maîtriser les coûts : "je ne veux pas que les chiffres dérivent à nouveau."
  • Assurer le calendrier de livraison des nouvelles 68 gares, afin de consolider les investissements : logements, équipements, infrastructures…

Ce "recalage est l'occasion pour l'État de s'impliquer plus et mieux dans la réalisation d'un projet qui, par sa nature, son ampleur, les montants en jeux revêt une importance nationale", a souligné le Premier ministre.

Nouveau phasage

Avec pour conséquence la nécessité de "lisser la réalisation de certains tronçons, de les prioriser pour assurer leurs réalisations dans des délais réalistes, pour éviter de prendre du retard sur tous les chantiers en même temps avec les conséquences sur les conditions de transports des Franciliens"

2 priorités pour une mise en service à horizon 2024

  1. Mise en service des lignes qui bénéficient au plus grand nombre de Franciliens : extensions de la ligne 14 au Nord et au Sud (jusqu’à l’aéroport d’Orly), tronçon commun des lignes 16 et 17 entre Saint-Denis-Pleyel et Le Blanc-Mesnil, et ligne 15 Sud ;
  2. La ligne 16 entre Le Bourget RER et Clichy-Montfermeil, qui est un axe de cohésion majeur pour la métropole du Grand Paris. Cette ligne facilitera l’accès de toute une population de l’Est francilien à des pôles essentiels, qu’ils soient économiques ou culturels. Concrètement, les usagers pourront faire le trajet Clichy-Montfermeil-Saint-Denis en 20 mn contre plus d’1h aujourd’hui.

Les autres lignes feront quant à elles l’objet d’un recalage.

L’objectif reste le même : faire au plus vite, mais en maîtrisant strictement les coûts à terminaison et en respectant les délais qu’on aura fixés.

  • Ligne 18, qui accompagnera notamment le développement du plateau de Saclay : la liaison entre l’aéroport d’Orly et le plateau de Saclay sera réalisée au plus tard en 2027. L’objectif de mise en service de la deuxième section de la ligne 18 jusqu’à Versailles en 2030 est maintenu.
  •  Ligne 17 : les procédures de marchés pour la réalisation de la ligne 17 Nord jusqu’au Triangle de Gonesse seront engagées sans délai avec comme objectif une mise en service au plus tard en 2027. La ligne sera ensuite prolongée jusqu’au Mesnil-Amelot au plus tard en 2030.
  • Le bouclage de la ligne 15 sera réalisé en 2030, car la ligne présente des complexités inédites.