Décret de la Convention entérinant le calendrier républicain

Publié le : 23/11/2017
Calendrier républicain An II
Calendrier républicain An II - Photo : Gallica/BNF / Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg
Le mois Germinal du calendrier républicain
Le mois Germinal du calendrier républicain - Photo : Archives départementales Haute-Garonne, 1L330, pièce 16

Le 24 novembre 1793 (4 frimaire an II) paraît le décret de la Convention fixant dans sa version définitive le calendrier républicain. Il entérine l’usage, adopté un an plus tôt lors de l’abolition de la royauté, de dater les actes publics de la République à partir du 22 septembre 1792, premier jour de l’an I de la République et de « l’ère des Français ».
 
Un an plus tôt, la bataille de Valmy, remportée par les troupes révolutionnaires, a en effet « sauvé » la Révolution française, le 20 septembre 1792. La Convention nationale, réunie pour la première fois le lendemain, 21 septembre 1792, « décrète à l’unanimité que la royauté est abolie ». Et le 22 septembre 1792, « l’an premier de la République française » est proclamé.
 
Il faut ensuite un an à la Convention pour voter l’abolition du calendrier grégorien en vigueur, contesté pour son aspect religieux, et lui substituer par décret du 5 octobre 1793 un calendrier au service de la Raison – le « calendrier républicain » – fondé sur « les mouvements célestes » et la « numération décimale » si chère à la République, « une et indivisible ».  
 

Le premier jour de l’année du nouveau calendrier républicain commence le 22 septembre, jour à la fois de l’équinoxe d’automne et de la fondation de la République. C’est un calendrier solaire composé de 12 mois de 30 jours (360 jours), auxquels il faut donc ajouter, pour former une année solaire de 365 jours, cinq jours fériés dits « sans-culottides », successivement dédiés à la vertu, au génie, au travail, à l’opinion et aux récompenses. Un sixième jour « sans-culottide » – le jour de la Révolution – doit également être ajouté et célébré en fin d’année lors des années dites « sextiles ».
 
Les noms des douze mois de l’année sont réinventés par le poète audois Philippe Fabre, dit Fabre d’Églantine, à partir de racines françaises, latines et grecques, augmentées d’une finale caractéristique de chaque saison : Vendémiaire, Brumaire, Frimaire pour l’automne ; Nivôse, Pluviôse, Ventôse pour l’hiver ; Germinal, Foréal, Prairial pour le printemps ; Messidor, Thermidor, Fructidor pour l’été.
 
Les semaines n’existent plus. Chaque mois est divisé en 3 décades de 10 jours. Les noms des jours de chaque décade dérivent de leur ordre numérique : primedi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi.  Suivant la même logique décimale, le jour, qui va de minuit à minuit, est divisé en 10 heures, chaque heure en 100 minutes, chaque minute en 100 secondes.
 
Afin de remplacer les noms des saints du calendrier grégorien, chaque jour de l’année porte un nom particulier : soit le nom d’un animal pour les quintidi (les 5e, 15e et 25e jour du mois), soit le nom d’un outil (râteau, sarcloir, arrosoir, …) pour les décadi (les 10e, 20e et 30e jour du mois), soit le nom d’un végétal (arbre, fruit, légume, fleur et épice) pour les jours qui restent. [voir ci-contre le mois de Germinal]
 
De 1793 à 1805, le décadi remplace le dimanche, ce qui enlève 16 jours de repos dans l’année (qui compte 36 décades contre 52 semaines). Le calendrier républicain sera finalement aboli par décret de Napoléon Ier, le 9 septembre 1805 (22 fructidor an XIII) pour deux autres raisons principales : ce calendrier débute à « l’équinoxe vrai d’automne », mais l’équinoxe n’est pas régulier (il peut tomber entre le 21 et le 24 septembre, suivant les années) ; par ailleurs - et surtout - les Français continuent malgré tout à vivre selon l’ancien calendrier.
 
Le calendrier grégorien est à nouveau en usage à compter du 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV).