Ordonnance du général de Gaulle créant l'ordre de la Libération

Publié le : 15/11/2017
Ordonnance n° 7 créant l'ordre de la Libération
Ordonnance n° 7 créant l'ordre de la Libération - Photo : Musée de l'ordre de la Libération
Croix de la Libération
Croix de la Libération - Photo : Musée de l'ordre de la Libération
Le 13 octobre 1940, quatre mois seulement après avoir lancé l’Appel du 18 juin, le général de Gaulle, qui a compris que la guerre serait longue, fait part de sa décision de créer rapidement un symbole fort, un nouvel ordre, différent de celui de la Légion d’honneur : "Notre entreprise est hérissée de difficultés. Les Français seront lents à nous rallier. Le risque leur fait peur. Ils ont besoin d’être encouragés, stimulés. Je suis décidé à créer un insigne nouveau face à l’imprévisible conjoncture. Il récompensera ceux des nôtres qui se seront signalés dans cette haute et âpre campagne, pour la Libération de la France." 
 
Le 16 novembre 1940, comme annoncé, le général de Gaulle, chef des Français libres, crée donc par ordonnance un ordre dit « ordre de la Libération », « destiné à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de la Libération de la France et de son Empire »  (article 1er).
 
Les membres de cet ordre – « cette chevalerie exceptionnelle créée au moment le plus grave de l'Histoire de la France » – portent initialement le titre de  « croisés de la Libération », avant de porter le titre définitif de « compagnons de la Libération ».
 
Ne comportant qu’un seul grade, « l’insigne unique de cet ordre est la croix de la Libération » (article 2). C’est un insigne sobre, un écu de bronze poli rectangulaire portant un glaive chargé d’une croix de Lorraine. Au revers, on peut lire la devise : « patriam servando victoriam tulit » (« en servant la patrie, il a remporté la victoire »). Quant au ruban de la décoration, alliant le noir du deuil et le vert de l’espérance, il symbolise l’état de la France en 1940.
 
« L’admission dans l'ordre de la Libération est prononcée par le chef des Français libres » (article 3). À cet égard, une note du général de Gaulle, datée du 3 décembre 1945, atteste du caractère rare de l’attribution de la croix de la Libération : « On me propose des candidats qui, bien que très dignes et vaillants combattants, ne répondent pas aux conditions tout à fait exceptionnelles qui justifient l’accession dans l’Ordre. »
 
Seules 1036 personnes, 5 communes et 18 unités combattantes se voient attribuer la croix de la Libération entre le 29 janvier 1941, date de nomination des premiers Compagnons par le général de Gaulle, et le 23 janvier 1946, date de cessation d’attribution.
 
En 1967, l’ordre de la Libération s’installe dans le pavillon Robert Cotte de l’Hôtel national des Invalides, au 51 bis boulevard de la Tour-Maubourg, dans le 7e arrondissement. C’est dans ce cadre prestigieux que le Musée de l’Ordre de la Libération a ouvert ses portes en 1970. Entièrement rénové entre 2012 et 2015, il accueille aujourd’hui en moyenne 100 000 visiteurs par an.