Le téléphone passe à la numérotation à dix chiffres

Publié le : 16/10/2017
La numérotation téléphonique à dix chiffres, mise en œuvre le 18 octobre 1996 pour 32 millions d’abonnés, est la dernière étape d’une longue histoire des télécommunications en France.
 
L’épopée démarre en 1896, avec l’apparition des premiers numéros pour les centraux de Passy et Wagram à Paris. Les numéros comprennent alors cinq chiffres. Puis à partir de 1912, les numéros se composent du nom du central (en toute lettre) et d’un numéro (de deux fois deux chiffres). En 1928, avec l’apparition de « l’automatique », chaque abonné compose lui-même sur le cadran de son appareil téléphonique les trois premières lettres du nom du central, suivis de deux fois deux chiffres : DIDerot 32.39, BALzac.18.09, ODÉon 12.14…
 
À partir de 1963, les numéros de téléphone deviennent entièrement numériques et comptent six ou sept chiffres selon les endroits. Puis le 25 octobre 1985, le quotidien des Français change à nouveau, la numérotation passant de six ou sept chiffres à huit chiffres.
 
Onze ans plus tard, le 18 octobre 1996, l’opération est donc réitérée une nouvelle fois : « Avec une croissance des besoins de plus d’un million de numéros par an, le plan de numérotation à huit chiffres approchait de ses limites dans certaines régions », affirme France Télécom pour expliquer le plan de numérotation à dix chiffres.
 
La forte demande de lignes téléphoniques est en partie liée à la généralisation du fax et de la téléphonie mobile. Mais le changement répond aussi à un autre impératif : l’ouverture du marché des télécommunications à la concurrence, le 1er janvier 1998. L’arrivée de nouveaux concurrents et les perspectives d’harmonisation européenne rendent indispensable l’adoption d’un nouveau plan de numérotation. Avec une réserve théorique de 470 millions de numéros disponibles, la numérotation à dix chiffres permettrait de faire face à la demande jusqu’en 2050.
 
Pour assurer ce basculement sur l’ensemble du réseau, France Télécom a mobilisé des moyens considérables, procédant à 100 000 essais en cinq vagues successives. Le 18 octobre 1996, des milliers de techniciens sont là, prêts à pallier tout problème.
 
L’instant crucial ne dure qu’une fraction de seconde. À 23 heures précises, les 1 325 centraux du réseau viennent de commuter les numéros de 32 millions d’abonnés de manière totalement automatique. Le basculement de huit à dix chiffres est réalisé.
 
Présentant la France en 5 régions ayant chacune son propre indicatif, la nouvelle numérotation est simple. Il suffit d’ajouter les deux chiffres de sa région – 01, 02, 03, 04, 05 – en tête de l’ancien numéro à huit chiffres. De même, pour les téléphones mobiles, il suffit d’ajouter le 06 en tête du numéro à huit chiffres. L’indicatif 16, qui était destiné à l’acheminement des numéros de l’Île-de-France vers la province et inversement, disparaît. Quant à l’indicatif 19, il disparaît, remplacé par le 00 pour répondre aux besoins d’harmonisation internationale.