Décret de la Convention nationale de l'an I de la République abolissant la royauté
Décret de la Convention nationale de l'an I de la République abolissant la royauté - Photo : Archives nationales A//1022/9
Décret de la Convention nationale de l'an I de la République abolissant la royauté
Décret de la Convention nationale de l'an I de la République abolissant la royauté - Photo : Archives nationales A//1022/9
22 septembre 1792 - Galerie

Proclamation de "l'an premier de la République française"

La fête nationale élève chaque année le 14 juillet 1789 au rang d’événement fondateur de la Révolution française. A cet égard, qu’en est-il du 22 septembre 1792, jour fondateur de la République française, dans la mémoire nationale ?
 
Deux jours plus tôt, le 20 septembre 1792, la bataille de Valmy, remportée in extremis par le général Dumouriez, est la première victoire des troupes révolutionnaires françaises contre celles de Léopold II d’Autriche et de Frédéric-Guillaume II de Prusse. Pour la première fois, la France de la Révolution triomphe des monarchies européennes. Et le lendemain 21 septembre, la Convention nationale, réunie pour la première fois, "décrète à l’unanimité que la royauté est abolie en France." [voir ci-contre l’original du décret] 
 
Dès lors, le pas est franchi. Sur proposition de Danton, la "République française" est proclamée par la Convention, le 22 septembre 1792. Mais elle l’est sans pompe, sans proclamation solennelle. C’est même de manière "furtive", selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République. Le décret de la Convention stipule simplement qu’à compter de ce jour, 22 septembre 1792, les actes publics seront datés de "l’an premier de la République française".
 
L’événement est pourtant de taille. Mais la prudence des conventionnels s’explique. Au terme d’une évolution de moins de quatre ans, les Français sont passés d’une monarchie de droit divin, vieille de près d’un millénaire, à un régime républicain qui a encore du mal à dire son nom, y compris parmi les adversaires les plus acharnés du roi. Mais les évènements ont finalement joué le rôle décisif : notamment la prise des Tuileries et l’incarcération de Louis XVI six semaines plus tôt, le 10 août 1792. À cette occasion, l’Assemblée législative proclame la "suspension" du roi et décrète l’élection au suffrage universel d’une Convention chargée de la rédaction d’une nouvelle Constitution –  la première Constitution républicaine française (24 juin 1793).
 
À partir du 22 septembre 1792, les députés prêtent serment de fidélité, non plus au Roi, mais à la Nation : "Au nom de la Nation, je jure de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir à mon poste." Le 25 septembre, quatre jours après l’abolition de la royauté, la Convention nationale décrète "la République une et indivisible."