4 septembre 1870 - Infographie

Proclamation de la IIIe République par Gambetta

Le palais du Corps législatif, le 4 septembre 1870, par Jules Didier et Jacques Guiaud - voir en plus grand
« Le peuple a devancé la Chambre qui hésitait. Pour sauver la Patrie en danger, il a demandé la République : elle est proclamée, et cette révolution est faite au nom du droit et du salut public. Citoyens, veillez sur la cité qui vous est confiée ; demain, vous serez avec l’armée des vengeurs de la Patrie. » Ainsi Léon Gambetta proclame-t-il la IIIe République devant la foule assemblée place de l’Hôtel de Ville, à Paris, le 4 septembre 1870.
 
Deux jours plus tôt, le 2 septembre 1870, la défaite des armées françaises face aux armées prussiennes sonne le glas du Second Empire. De Sedan, Napoléon III envoie un télégramme  à l’impératrice Eugénie : « L’armée est vaincue et captive, moi-même je suis prisonnier. »
 
Le 4 septembre 1870, la République est donc proclamée par Gambetta au nom du peuple qui, après une journée d’émeute, envahit la Chambre des députés avant de se rassembler place de l’Hôtel de Ville, comme il l’avait fait pour assister à la proclamation de la IIe République par Lamartine, le 24 février 1848.
 

Les Républicains, partisans de la délivrance de Paris

Les députés républicains de Paris –  parmi lesquels Jules Favre, Jules Ferry, Léon Gambetta et Jules Simon – forment sans attendre un gouvernement de Défense nationale, présidé par le général Trochu. L’objectif est de poursuivre la guerre. À cette fin, Gambetta, ministre de la Guerre et de l’Intérieur, quitte Paris en ballon, le 7 octobre 1870, pour organiser la délivrance de Paris encerclé. Mais de nouvelles défaites militaires amènent le gouvernement à signer un armistice avec Bismarck, le 28 janvier 1871.

 
28 mars 1871 : les Parisiens proclament la Commune de Paris

La convention d’armistice permet néanmoins au gouvernement de Défense nationale de convoquer une Assemblée librement élue, le 8 février 1871, pour savoir si la guerre doit être continuée ou à quelles conditions la paix doit être négociée. La droite monarchiste, partisane de préliminaires de paix reconnaissant la capitulation de Paris, l’emporte alors largement sur les républicains. Réunie à Bordeaux, la nouvelle asssemblée nomme Adolphe Thiers « chef de l'exécutif » (on n'utilise pas encore le terme « président »). Un immense sentiment d’humiliation s’empare des Parisiens. Le 28 mars, ils proclament la Commune de Paris, impitoyablement réprimée deux mois plus tard par Thiers.
 

Législatives de 1876 : la IIIe République s'installe durablement

Par le traité de paix signé à Francfort le 10 mai 1871, la France perd le nord de la Lorraine et presque toute l’Alsace, à l’exception de Belfort. Mais les tentatives de restauration monarchique échouent malgré tout en 1873, et les lois constitutionnelles de 1875, par lesquelles le chef de l’État devient le « président de la République », l’emportent. Les Législatives de 1876 marquent la première victoire républicaine au suffrage universel. La IIIe République s’installe durablement, jusqu’en 1940.

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