25 août 1944 - Vidéo

"Paris libéré...", discours historique du général de Gaulle à l’Hôtel de Ville

Le général Leclerc, nommé gouverneur militaire de Paris par intérim depuis décembre 1943, a reçu du général de Gaulle l'ordre de libérer la capitale.
 

Affirmer la souveraineté nationale du peuple français

La libération de la France commence le 6 juin 1944 avec le débarquement de Normandie, qui se poursuit par celui de Provence, le 15 août. Pour les Alliés, la libération de Paris n’est pas une priorité stratégique. Les ordres du général Eisenhower, commandant en chef des armées alliées, sont alors de contourner la capitale et de poursuivre l’armée allemande qui se replie vers l’est. Mais le premier objectif du général de Gaulle est au contraire de libérer la capitale le plus rapidement possible et d’affirmer la souveraineté du peuple français.
 
Aussi, la libération de Paris débute-t-elle le 10 août 1944. Ce jour-là, les cheminots se mettent en grève, suivis cinq jours plus tard par les employés du métro et les policiers, puis par les postiers le 18 août. Paris se couvre d’affiches appelant à l’insurrection. On voit des drapeaux français apparaître aux balcons des immeubles. Le 19 août, des combats sporadiques éclatent un peu partout dans la capitale.
 

25 août 1944 : le général Leclerc entre dans Paris

Le 20 août, le général de Gaulle parvient à convaincre le général Eisenhower d’intervenir et obtient de lui l’autorisation de laisser le général Leclerc faire un crochet par la capitale afin que l’honneur de la libération de Paris revienne aux troupes françaises.
 
Le vendredi 25 août 1944, la 2e Division blindée du général Leclerc entre donc dans Paris, appuyée par la 4e Division d’infanterie américaine. Après de rapides et violents combats, les troupes d’occupation capitulent face au général Leclerc à 15h30, devant la gare Montparnasse. L’acte de capitulation est signé par le général Dietrich Von Choltitz, commandant du 84e corps d’armée allemand, et contresigné par le colonel Henri Rol-Tanguy, chef régional des FTP-FFI (Francs-tireurs et partisans des Forces Françaises Libres). À 16h30, le général de Gaulle arrive, gare Montparnasse, et se voit remettre par le général Leclerc l’acte de capitulation.
 

Retour à l'unité nationale et à l'ordre républicain

Reçu ensuite à l’Hôtel de Ville par Georges Bidault, président du Conseil national de la Résistance (CNR), le général de Gaulle apparaît pour la première fois devant la foule parisienne en liesse. Sa voix s’élève : "Nous sommes ici. Nous sommes ici chez nous dans Paris levé […] Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière : c'est-à-dire de la France qui se bat. C'est-à-dire de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle."
 
Le soir même, le général de Gaulle s’installe au ministère de la Guerre, rue Saint Dominique, en qualité de président du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Le lendemain, 26 août, le triomphal accueil qu’il reçoit en descendant les Champs-Élysées marque le retour à l’unité nationale et à l’ordre républicain.