L'Arc de triomphe de l'Étoile dessiné en 1852 par  Gaspard Gobaut (1814-1882)
L'Arc de triomphe de l'Étoile dessiné en 1852 par Gaspard Gobaut (1814-1882) - © BNF/Gallica
Jean-François Chalgrin (1739-1811). Projet pour l'arc de triomphe de l'Étoile
Jean-François Chalgrin (1739-1811). Projet pour l'arc de triomphe de l'Étoile - © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Thierry Le Mage
29 juillet 1836 - Galerie

Inauguration de l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris

"Je vous ramènerai en France. Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe", proclame Napoléon Ier à ses soldats, au lendemain de la victoire d’Austerlitz, le 2 décembre 1805.

L’arc de triomphe, objet depuis la Révolution française de nombreux projets architecturaux, est également un thème majeur de l’esthétique napoléonienne. La Rome antique est proposée comme modèle : n’est-elle pas, elle aussi, passée de la République à l’Empire ? Mais le projet, monumental, reste inachevé. Trente ans plus tard, Louis-Philippe, devenu roi des Français, reprend le projet de l’Empereur et élargit sa promesse.
 
La décision officielle de faire ériger un arc de triomphe à la gloire de la Grande Armée est pourtant prise dès le 18 février 1806 par Napoléon. Après avoir d’abord opté pour le site de la Bastille, l’Empereur se décide pour celui de la place de l’Étoile. Les plans retenus sont ceux de l’architecte Jean-François Chalgrin (voir croquis en noir et blanc ci-contre). La première pierre du monument est posée le 15 août 1806.
 
En 1810, Chalgrin fait construire un trompe-l’œil en bois et toile peinte qui donne une idée de ce que sera le monument achevé, à l’occasion du mariage de Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche, le 2 avril 1810. Le projet définitif de Chalgrin, qui sera suivi jusqu’au bout durant vingt-cinq ans, est adopté par Napoléon le 2 août suivant. La même année, Chalgrin publie les plans (Description de l’arc de triomphe de l’Étoile) avant de mourir subitement, le 21 janvier 1811. Son collaborateur Louis-Robert Goust lui succède. Mais la construction du monument se ralentit avec les difficultés économiques engendrées par la campagne de Russie en 1812.
 
Privilégiant dès lors les travaux utilitaires comme la construction du Grenier d’abondance de Paris (grenier de réserve de blé), Napoléon déclare : "L’Arc de triomphe, le pont d’Iéna, le Temple de la Gloire peuvent être retardés de deux ou trois années sans inconvénient." À cela près qu’à la chute de l’Empire, en 1815, le chantier restera ensuite fermé pendant dix ans.
 
Entre-temps un élégant arc de triomphe, de taille plus modeste et surmonté d’un quadrige (char de quatre chevaux) en bronze, a été érigé par les architectes Charles Percier et Pierre Fontaine sur la place du Carrousel du Louvre. Achevé en 1809, l’Arc de triomphe du Carrousel, conçu initialement comme porte d’entrée du palais des Tuileries, célèbre les victoires napoléoniennes de 1805.
 
Quant à la construction de l’Arc de triomphe de l’Étoile, elle reprend beaucoup plus tard, en 1832. Louis-Philippe, proclamé roi des Français le 9 août 1830, décide de redonner vie au projet. Mais dans un esprit de réconciliation, afin de rassembler les Français, il reprend l’idée initiale de Napoléon en l’élargissant à toutes les batailles de la République et de l’Empire, de 1792 à 1815.
 
L’Arc de triomphe, inauguré le 29 juillet 1836, mesure 49 mètres de haut et dépasse 45 mètres en largeur. Le décor sculpté figurant les campagnes françaises, confié à vingt-deux artistes, devient le plus vaste ensemble de sculptures de la première moitié du siècle. Sur les surfaces intérieures de l’Arc de triomphe se trouvent gravés les noms des généraux et des grandes batailles de la Révolution et de l’Empire.