Rapport du 4 juin 1943 de "Rex", alias Jean Moulin, à André Philip
Rapport du 4 juin 1943 de "Rex", alias Jean Moulin, à André Philip - Photo : Archives nationales, F1a3728
Rapport du 4 juin 1943 de "Rex", alias Jean Moulin, à André Philip
Rapport du 4 juin 1943 de "Rex", alias Jean Moulin, à André Philip - Photo : Archives nationales, F1a3728
27 mai 1943 - Galerie

Première réunion clandestine du Conseil national de la Résistance (CNR) sous la présidence de Jean Moulin

 Dans un message du 19 mai 1943, le général de Gaulle salue comme "événement capital" la formation du "Conseil de la Résistance" intérieure que Jean Moulin, son émissaire, est chargé de mettre sur pied. L’unité des objectifs entre la Résistance intérieure et la Résistance extérieure doit en effet se traduire par l’unité d’action, indispensable pour la Libération.
 
La création effective du Conseil national de la Résistance (CNR) est entérinée une semaine plus tard, le 27 mai 1943, par la tenue d’une réunion clandestine convoquée par Jean Moulin au 48, rue du Four à Paris, dans le VIe arrondissement.
 
"Ce n’est pas sans difficultés que je suis parvenu à constituer et à réunir le Conseil de la Résistance", écrit "Rex", alias Jean Moulin, dans son rapport du 4 juin adressé à André Philip, à Londres. Il poursuit : "Je passe sur les difficultés matérielles d’une réunion de dix-sept membres recherchés ou au moins surveillés par la police et la Gestapo. J’ai la satisfaction de pouvoir vous dire que non seulement tous les membres étaient présents à la réunion, mais celle-ci s’est déroulée dans une atmosphère patriotique et de dignité que je me dois de souligner."

 

Cette réunion inaugurale du CNR consacre l’unité de la Résistance. Une motion est votée à l’unanimité, par laquelle la Résistance unifiée, représentative de l’ensemble des mouvements, partis et syndicats, reconnaît le général de Gaulle comme seul chef légitime, mandataire des intérêts de la France : "Quelle que soit l’issue des négociations, de Gaulle demeurera pour tous le seul chef de la Résistance française."
 

Le succès de cette première réunion du CNR permet de revoir la donne avec les Alliés. Plébiscité à l’unanimité par la Résistance intérieure, le général de Gaulle est en effet en mesure de quitter Londres pour Alger, et de fonder une semaine plus tard, le 3 juin 1943, le "Comité français de Libération nationale" (CFLN).
 
Le CFLN devient ensuite, exactement un an plus tard, le 3 juin 1944, le "Gouvernement provisoire de la République française" (GPRF). En tant que président du GPRF, le général de Gaulle devient l’interlocuteur obligé des Alliés.