10 mai 2001 - Vidéo

Le Parlement adopte la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité

En mai 1998, une marche silencieuse, organisée à l’occasion du cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage en France (décret du 27 avril 1848), mobilise, contre toute attente, plus de 40 000 femmes et hommes qui défilent dans les rues de Paris. C’est une première historique. Martiniquais, Guadeloupéens, Réunionnais, Guyanais… ils sont tous venus là pour dire qu’ils sont des citoyens français descendants d’esclaves et pour honorer la mémoire de leurs ancêtres, victimes de l’esclavage.

La France, 1er Etat à reconnaître la traite et l'esclavage "crime contre l'humanité"
Le 22 décembre 1998, Christiane Taubira, députée de la Guyane, dépose à la présidence de l’Assemblée nationale une proposition de loi "tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité".

 

L’exposé des motifs de la loi est percutant : "Il n'existe pas de comptabilité qui mesure l'horreur de la traite négrière et l'abomination de l'esclavage. […] Pas de statistiques, pas de preuves, pas de préjudice, pas de réparations. Les non-dits de l’épouvante qui accompagna la déportation la plus massive de l’histoire des hommes sommeillèrent, un siècle et demi durant, sous la plus pesante chape de silence. […] La France […]  redonnera éclat et grandeur à son prestige aux yeux du monde en s’inclinant la première devant la mémoire des victimes de ce crime orphelin."

Le 10 mai 2001, le Sénat adopte en deuxième lecture, et à l’unanimité, la "loi Taubira", promulguée le 21 mai suivant. La France est le premier État à déclarer la traite et l’esclavage "crime contre l’humanité".
 

Une partie intégrante de la mémoire nationale

En 2006, le président de la République, Jacques Chirac, instaure une Journée nationale "des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions", désormais commémorée chaque année le 10 mai, date anniversaire du vote de la loi par le Sénat, le 10 mai 2001, afin que la mémoire de l’esclavage devienne partie intégrante de la mémoire nationale.