Original du décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) – première page
Original du décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) – première page - © Archives nationales, A166
Original du décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) – dernière page
Original du décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) – dernière page - © Archives nationales, A166
Étalon prototype du mètre avec son étui, fabriqué par Lenoir, platine, 1799
Étalon prototype du mètre avec son étui, fabriqué par Lenoir, platine, 1799 - © Archives nationales, AE/I/23/10, armoire de fer (inscrit au “registre de la Mémoire du Monde de l’Unesco en 2005)
7 avril 1795 - Galerie

Adoption du système métrique décimal

En 1789, il n’existe aucun système de mesure unifié entre les pays. L’étalonnage des poids et mesures est alors octroyé au Roi, et on dénombre en France près de 700 unités de mesure différentes. Certaines sont liées à la morphologie du corps (pouce, doigt, poignée, brassée, pied, pas), d’autres au travail (hommée, fauchée, journal), d’autres encore au transport (ânée, charge, sac, tonneau)… La complexité vient aussi de ce qu’une même dénomination, le pied, par exemple, correspond à une vingtaine de longueurs différentes selon les lieux et les corps de métier. Ainsi, à Paris, les merciers, les drapiers et les marchands de toile ont chacun leur aune.
 

Une mesure universelle et invariable, reproductible et vérifiable

Pour y remédier, "Un roi, une loi ; un poids et une mesure" est bien une des doléances inscrites à l’ordre des États généraux de 1789. Les projets d’unification de Colbert comme de Turgot n’ont jamais abouti. Mais dans la nuit du 4 août 1789, l’abolition au nombre des privilèges de celui d’étalonnage ouvre la voie à une réforme enfin possible des poids et mesures. Le Roi n’étant plus à l’origine de l’étalonnage, il s’agit de trouver dans la nature "une mesure universelle et invariable, reproductible et vérifiable partout et toujours" (Talleyrand).

Le décret du 8 mai 1790 en arrête le principe et en confie le calcul à une commission de l’Académie des sciences, composée de Borda, Condorcet, Laplace, Lagrange et Monge.
 

Naissance du mètre

Le 26 mars 1791, le choix du "quart du méridien terrestre" comme unité universelle et naturelle est fait sur la recommandation de Condorcet et de l’Académie des sciences, car cette mesure "ne renferme rien ni d'arbitraire, ni de particulier à la situation d'aucun peuple sur le globe". La naissance du mètre – dont la longueur est établie comme "égale à la dix millionième partie du quart du méridien terrestre" – est officialisée par le décret du 1er août 1793, "qui établit pour toute la République la même uniformité dans les poids et mesures".
 

Instauration du système métrique décimal

Introduisant une véritable révolution dans le calcul des surfaces et des volumes, le décret du 18 germinal an III (7 avril 1795) "relatif aux poids et mesures" institue le système métrique décimal. L’unité de mesure de base étant déterminée, il suffit désormais d’établir toutes les unités de mesure qui en découlent : le mètre carré, le mètre cube, le litre, le gramme…
 
Le décret supprime et interdit toute autre unité de mesure. Afin de la fixer physiquement, la loi du 19 frimaire an VIII (10 décembre 1799) prévoit la diffusion de cette unité de mesure au moyen d’étalons calqués sur un mètre de référence, l’étalon mètre en platine (reproduit ci-contre) conservé jusqu’à aujourd’hui dans "l’armoire de fer" des Archives nationales.