Laurence Tubiana : « L'Accord de Paris va au-delà de ce que j'espérais »

Publié le : 14/01/2016Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 11 Février 2016
Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 11 Février 2016

Un accord ambitieux

« J’avais préparé mon équipe à être un peu déçue à la fin », explique Laurence Tubiana qui, si elle ne doutait pas que la France obtiendrait un accord, redoutait qu'il soit au rabais « sur un grand sujet, qui était l'ambition de cet accord : les objectifs en matière de réduction des émissions notamment sur le long terme. »
 
« Finalement, les pays ont choisi de se donner un horizon plus ambitieux que ce à quoi ils étaient préparés une semaine ou 10 jours avant », se réjouit-elle. Ainsi, sur l'objectif des températures, beaucoup de pays jugeaient impensable d'avoir une référence au 1,5°C et trouvaient même l'objectif de 2°C trop ambitieux. « Il y a eu une dynamique très positive et une confiance dans le fait que la France avait raison d'être aussi ambitieuse. »
 
« Nous n'aurions jamais espéré avoir 187 pays qui font un plan climat », avoue l'ambassadrice de la France pour les négociations climatiques. La France a également obtenu un mécanisme de révision de l'accord, tous les 5 ans, doublé d'un principe de progression : « quand on révise une contribution, on va toujours à la hausse.» Des points qui ont fait l'objet de discussions extrêmement dures. « Nous sommes dans une dynamique où les pays émergents et en développement acceptent de plus en plus de responsabilité », poursuit-elle, « et en même temps on reconnaît toujours que les pays développés doivent aller plus vite. »

Un succès diplomatique

« Le succès diplomatique français est indéniable, il est salué encore plus dans la presse internationale que dans la presse française », relève Laurence Tubiana qui souligne « la prise de risque énorme » que constituait l'organisation de la Conférence. « Le succès n'était absolument pas garanti. Quelques jours avant l'ouverture certains (...) disaient qu'on n'allait pas y arriver à Paris. » La représentante spéciale pour la Conférence souligne « la mise sous pression par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international, de tout l'appareil diplomatique. » « La figure de très grand professionnel de la politique de Laurent Fabius a énormément joué. Cela a rassuré tout le monde dans les 15 derniers jours (...) qui est toujours un moment très compliqué. » « L'incarnation de l'autorité et de l'expérience a énormément rassuré », explique-t-elle.

Rester vigilants

« Il faut être vigilants, évidemment, pour conserver cette dynamique vertueuse, cet élan », reconnaît Laurence Tubiana. Cette année, la France est encore présidente de la Conférence. « Il faut donc vraiment être vigilants cette année pour qu'on ne détricote rien et qu'au contraire les institutions que l'on va mettre en place pour le suivi de cet accord soient à la hauteur des ambitions. »
 
« Il faut également trouver le bon suivi » pour l'Agenda des solutions, « il faut avoir une stratégie. » C'est l'objet de ces premiers jours de janvier.

Nous avons rencontré Laurence Tubiana quelques jours après la clôture de la Conférence de Paris sur le climat. L'ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique, représentante spéciale pour la Conférence, a été de toutes les négociations. Et se réjouit aujourd'hui de l'accord obtenu. Un succès climatique et diplomatique sur lequel elle revient pour Gouvernement.fr