Déclaration du Premier ministre depuis le centre de vaccination de Tarbes

Publié le : 15/01/2021
Nous voici à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, dans un centre de vaccination avec Monsieur le ministre de la Santé où nous sommes venus voir concrètement comment les choses étaient organisées, comment cela se passe. On a rencontré des personnes qui sont en train d’être vaccinées. Nous avons parlé avec les professionnels de santé, avec les organisateurs. Étaient présents évidemment l’Agence régionale de santé, les préfets, les élus locaux que je remercie vivement pour leur concours.

Nous avons pu constater avec le ministre que les choses se passent normalement et comme nous l’avons prévu. Les choses se font, je tiens à le dire, d’abord de façon très sérieuse, sérieuse. Nous voulons aller vite, nous voulons d’abord faire les choses dans la sécurité et dans le sérieux. Il faut que nous soyons collectivement très crédibles, très organisés et apporter toutes les garanties qu’une vaccination, ce n’est pas un acte anodin, suppose. Et ce que je sais des remontées dans l’ensemble du territoire, qui se confirment ici à Tarbes, nous montre que c’est bien comme ça que cela se passe.

En même temps, les autorités sanitaires nous ont décrit le processus de montée en charge ici dans ce département conformément aux lignes directrices que nous avons données, que j’ai détaillées devant l’ensemble des Français avec le ministre de la Santé lors de notre conférence de presse de jeudi dernier, avec toujours ce souci de sécurité, ce souci aussi de proximité. S’approcher des gens avec la diffusion de centres de vaccination dans le territoire départemental, en lien avec les élus.

L’impossibilité dans cette première phase de vaccination de multiplier les centres de vaccination compte tenu de ce vaccin qui, vous le savez, est très spécifique, qui se conserve à une température extrêmement basse et qui suppose donc un processus de diffusion très cadré pour ne pas perdre de doses. Et pour pallier les problèmes que cela pourrait engendrer j’ai noté, comme cela va aussi se faire dans d’autres départements, que des équipes mobiles pourraient être mises en place pour aller vers les personnes le jour où les plus de 75 ans qui ne sont pas en EHPAD pourront se faire vacciner, c’est-à-dire comme vous le savez, très bientôt.

Je constate, enfin, et je laisserais le ministre de la Santé, s’il le veut bien, compléter mon propos, que le sujet majeur, c’est-à-dire, faire en sorte que dans le cadre des priorités que nous avons fixées, le plus de personnes possible veuillent se faire vacciner effectivement. Ces priorités, vous les connaissez, à ce jour, les résidents des EHPAD, et ceux qu’on appelle les unités de soins de longue durée, et les professionnels de santé âgés de plus de 50 ans.


Donc nous avons constaté ici, ce matin à Tarbes aux dires des professionnels qui s’en occupent que ce taux d’adhésion augmente et c’est tout à fait satisfaisant parce qu’évidemment, c’est l’objectif majeur. L’objectif, c’est bien sûr d’aller vite. L’objectif, c’est bien sûr de le faire dans des conditions de sécurité absolument irréprochables. Mais l’objectif, c’est aussi que le maximum de nos concitoyens, par priorités successives, adhèrent à la vaccination. Et c'est pour cela que je pense que tout se tient, tout se tient. J'ai dit jeudi dernier qu'il ne fallait pas confondre vitesse et précipitation. Pourquoi ? Parce que justement, nous devons asseoir auprès de nos concitoyens la crédibilité de cette opération vaccinale, il faut qu'elle réussisse parce que, comme vous le savez, c'est elle qui nous permettra de sortir de cette grave crise sanitaire qui d'ailleurs s'aggrave, vous le voyez autour de nous en Europe. Et je suis convaincu que nous réussirons.

Olivier VÉRAN
Pas grand chose à ajouter, Monsieur le Premier ministre, à ce que vous venez de dire, si ce n'est remercier à nouveau les pharmaciens des officines hospitalières qui sont mobilisés jour et nuit pour que la logistique se passe bien, remercier les agences régionales de santé, remercier l’ensemble des professionnels de santé, les préfets de département et de région également qui font qu’il y a déjà 169 centres qui sont ouverts sur tout le pays, 170 d’ailleurs avec celui-ci qui vient d’ouvrir. Donc nous sommes sur un rythme plus rapide en termes d’ouvertures de centre que ce que nous avions anticipé, c’est évidemment une bonne nouvelle. Nous n’avons pas encore atteint totalement le rythme de croisière des vaccinations dans notre pays puisque nous allons vacciner davantage de Français chaque jour mais hier déjà pas loin de 40 000, entre 35 et 40 000 Français ont été vaccinés. La semaine prochaine, alors dans le week-end la vaccination se poursuit, d’ailleurs exemple ici à Tarbes, mais la semaine prochaine le rythme augmentera encore et vous verrez que nous serons, nous sommes déjà là dans la moyenne journalière des pays européens et nous prendrons évidemment un rythme plus important encore, non pas pour se dire qu’il faut aller absolument le plus vite possible mais parce que les moyens qui sont mis en place le permettent de manière à protéger un maximum de Français. Nous passerons donc probablement le cap symbolique des 100 000 Français vaccinés dans le week-end et nous accentuerons à partir de la semaine prochaine. J’ai rappelé également que l’ensemble des territoires qui ont été pourvus en vaccins et qui en ont besoin à nouveau la semaine prochaine, parce qu’il y a des endroits où ça va très vite et ils nous disent “Ramenez-nous des vaccins, ça va aller vite” seront fournis toutes les semaines en vaccins à mesure que ces vaccins sont fournis à la France par les différents laboratoires. Je rappelle, 500 000 vaccins seront alloués à la France en supplément la semaine prochaine puis la semaine d’après pour le vaccin Pfizer ; et nous aurons 50 000 premières doses du nouveau vaccin, dont le fonctionnement est identique et la validation est identique, le vaccin Moderna, à partir de lundi dans notre pays, ce qui permettra également d’augmenter les quantités de vaccins disponibles.

Jean CASTEX
Merci beaucoup.

Journaliste
Est ce qu'on peut avoir quelques précisions sur les villes qui vont passer au couvre-feu à 18 heures. Je crois déjà qu’à Marseille la révolte gronde presque ?

Jean CASTEX
Oui. Vous savez, lorsqu’on prend des mesures difficiles mais nécessaires, il y a toujours des contestations. En réalité, nous appliquons à Marseille les mêmes critères que nous appliquons ailleurs. Chacun a conscience que l’épidémie ne faiblit pas, qu’elle faiblit différemment ou qu’elle se renforce, au contraire, différemment dans certaines zones du territoire, c’est la raison pour laquelle depuis quelques jours nous avons souhaité, en effet, anticipé l’heure de démarrage du couvre-feu. Donc ça sera le cas dans 8 départements supplémentaires, à partir de demain.

Journaliste
Ce sont lesquels ?

Jean CASTEX
Alors je ne les ai pas sur moi parce que, on va vous l’indiquer au ministère de la Santé ou dans mes services. En tout cas, je demande évidemment à tous nos concitoyens des départements concernés d’observer ce couvre-feu qui est une mesure de prévention sanitaire. Nous surveillons en tout cas la situation épidémiologique avec le ministre des Solidarités et de la Santé, jour par jour. J'ai indiqué jeudi, encore une fois lors de la conférence de presse, que nous devons adapter les outils pour prévenir la progression de l'épidémie en fonction de la situation telle que nous l’observons et nous sommes particulièrement attentifs. Et je répète que les progrès de la vaccination, pour l'instant, ne nous permettent en rien de baisser la garde sur les mesures de protection. Avant, en France comme dans les autres pays, que la vaccination nous protège de façon efficace, il y en aura pour plusieurs mois. Je le redis donc, nous devons rester extrêmement vigilants.

Journaliste
Monsieur le Premier ministre, un petit mot peut-être sur la situation de votre garde des Sceaux qui va faire l'objet d’une enquête ?

Jean CASTEX
Ce n’est pas l’objet des déplacements du jour.

Journaliste
Monsieur le Premier ministre, Monsieur VÉRAN, vous avez annoncé jeudi soir, que l'administration de la deuxième dose pouvait être décalée de 3 à 6 semaines. Est-ce que vous ne craignez pas que ça nuise à l'efficacité du vaccin et de son administration ?

Olivier VÉRAN
Si je pensais que ça pouvait nuire à l’efficacité de la vaccination, je ne le proposerais pas. Ce que nous dit l'Agence nationale de sécurité du médicament, c'est que la deuxième injection du vaccin de Pfizer peut se faire entre 3 et 6 semaines. Ça ne veut pas dire que nous décidons que les rappels, donc la deuxième injection se fera systématiquement à 6 semaines. Mais ça veut dire, comme j'ai pu en discuter avec des soignants qui viennent de se faire vacciner ce matin, que s'ils appellent pour avoir leur rappel vaccinal dans 3 semaines, et qu'on leur dit : écoutez, l'agenda est booké, revenez dans une semaine ou dans 10 jours, il n'y a aucune perte de chance. Ce que nous dit l'Agence nationale de sécurité du médicament, c'est qu'il n'y a pas de perte de chance, pas de perte d'efficacité et pas de surrisque pour les patients, s’ils sont vaccinés à 6 semaines au lieu de 3. Donc, nous n'avons pas annoncé que la norme va passer à 6 semaines, nous avons dit que c'était possible de le faire. C'est une bonne nouvelle. Et en termes organisationnels et en termes de rapidité de la vaccination, nous tenons compte, comme nous le faisons depuis le premier jour, des données scientifiques, des données sanitaires validées et des recommandations des sachants, des savants et des scientifiques.

Jean CASTEX
Merci beaucoup.
Le Premier ministre est allé le 9 janvier 2021 au centre de vaccination mis en place par le centre hospitalier Bigorre à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Avec les préfets, le directeur général de l’agence régionale de santé ainsi que les élus locaux, il s'y est entretenu sur le déploiement de la stratégie vaccinale dans les territoires avec les professionnels chargés de la prise en charge.