23 mai 2018 - Discours

Facebook Live du 22 mai 2018

Edouard PHILIPPE, Premier ministre
Bonjour à tous. Bienvenue pour un nouveau Facebook Live. Comme d’habitude, vous posez vos questions par l’intermédiaire des commentaires et j’essaye de répondre au maximum d’entre elles.

Première question, Sébastien qui me dit : « Que pensez-vous de ce qui se passe en ce moment, beaucoup de manifestations ? » Sébastien a raison, il y a beaucoup de manifestations. Elles sont d’une nature très diverse et je ne veux pas du tout les confondre. Quand on dit il y a beaucoup de manifestations, on peut mettre dans le même lot, si j’ose dire, les manifestations qui ont lieu à Notre-Dame-des-Landes contre l’évacuation qu’on fait des occupations illégales des terrains. Il y a les manifestations qui sont déclarées en préfecture, on en a vu le 1er mai, où traditionnellement il y a toujours une grande manifestation le 1er mai. Il y a celles qui ont eu lieu aujourd’hui de fonctionnaires qui défilent. Il y a celle de samedi prochain, organisée par la France Insoumise. Elles sont quand même d’une nature assez différente.

La première chose que je peux dire sur les manifestations, c’est d’abord que manifester, c’est un droit, c’est même une liberté, en France, on a la liberté de manifester, il y a une procédure qui est prévue, on doit faire la déclaration, on doit discuter de l’organisation de la manifestation. Mais manifester est un droit. Alors, parfois, ça fait râler ceux qui ne manifestent pas et dont la circulation peut être gênée par la manifestation. Parfois, ça peut faire râler ceux qui sont contre les manifestants. Mais enfin, ça fait partie des grandes libertés d’expression, des grandes libertés syndicales, politiques même et il faut respecter cette liberté parce qu’on vit dans une démocratie, il faut l’assumer.

Ce qui n’est pas autorisé, en revanche, c’est manifester et profiter de la manifestation pour casser, ça, évidemment, ce n’est pas autorisé. C’est vrai qu’on a vu – le 1er mai, c’était très net, aujourd’hui aussi en marge des manifestations – des casseurs s’ajouter au cortège, soit en queue de cortège traditionnellement, soit maintenant en début de cortège et profiter de l’occasion de la manifestation pour casser, pour détruire des équipements publics, pour détruire des vitrines de magasins, pour aller au contact et au contact le plus brutal possible avec les forces de l’ordre, bref pas pour manifester du tout, mais pour casser. Et ça, c’est évidemment inacceptable.

C’est toujours très compliqué d’intervenir dans une manifestation et de faire respecter l’ordre public dans une manifestation. J’ai bien conscience qu’il y a beaucoup, beaucoup de ceux qui me regardent en ce moment, beaucoup d’entre vous sans doute qui se disent « mais enfin, il y a des forces de l’ordre, il y a des gens qui cassent, pourquoi est-ce que tout de suite on ne leur dit pas vous chargez, vous les arrêtez, vous les donnez à la justice, ils sont jugés et ils sont condamnés » !

Parce que l’ordre public est un exercice qui est toujours délicat. Autour des casseurs, il y a souvent des manifestants et des manifestants légitimes, des gens qui ont le droit de manifester et il faut faire attention à ce que l’intervention des forces de l’ordre ne vienne pas avoir un impact et un impact brutal sur ceux qui ne sont pas des casseurs et sont des manifestants qui respectent la loi. Des manifestants ou même des passants ou même des propres forces de l’ordre, dont il faut être certain que quand ils vont intervenir, ils vont intervenir dans des conditions de sécurité, de protection qui soient maximales. Donc, c’est toujours un art difficile.

L’important, c’est qu’il n’y ait évidemment pas de blessés physiques. L’important, c’est qu’on puisse faire respecter l’ordre en faisant en sorte que le problème ne s’étende pas. C’est ce qu’ont fait les policiers le 1er mai dernier, ça a donné lieu à des images extrêmement violentes, extrêmement choquantes. Mais ce qui est choquant, ce n’est pas la réaction des policiers. Ce qui est choquant, c’est que des types soient venus avec la seule volonté de casser, et ça, c’est insupportable.

Mais ça a donné lieu à des interventions qui ont fait qu’on a beaucoup, beaucoup d’arrestations, un certain nombre de gardes à vue, un grand nombre d’interpellations et que la zone qui a connu cette hyper-violence ait été finalement, heureusement, relativement restreinte, parce que les forces de l’ordre ont entouré de façon intelligente les casseurs.

C’est, je crois, aussi ce qui est arrivé dans une certaine mesure aujourd’hui, c’est ce que nous cherchons à faire systématiquement avec les forces de l’ordre, la police ou la gendarmerie, les CRS, de façon à ce qu’on ne multiplie pas les blessés, mais pas trop de blessés et qu’on puisse intervenir dans de bonnes conditions.

Sur le fond, il ne fait pas revenir sur ce droit à manifester, c’est une liberté, mais il fait l’encadrer avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de précautions, beaucoup, beaucoup de moyens aussi, c’est ce qu’on fait. Je sais qu’aujourd’hui, il y a eu un incident, un accident sur Notre-Dame-des-Landes, à l’occasion, là encore, d’une action d’une très grande violence, d’une très grande brutalité exercée contre les forces de l’ordre. C’est toujours, il faut faire très attention, je sais, je veux le dire, parce que parfois on caricature la façon dont les forces de l’ordre interviennent, elles le font avec beaucoup de mesure et elles essayent de faire en sorte de faire respecter la loi, face à des gens dont on ne dira jamais assez qu’ils multiplient les provocations, qu’ils multiplient les violences et qu’ils ne sont pas simplement là par hasard, mais bien souvent ils vont au contact pour créer l’incident ou pour faire en sorte que les choses dégénèrent.

Alexandra me pose une question difficile, elle me dit : « Monsieur le Premier Ministre, je me permets de vous interroger, non pas en tant qu’ancien maire du Havre, mais en tant que chef du Gouvernement. Le sport va-t-il retrouver sa place et ses valeurs, nous qui allons prochainement accueillir les JO ? La Corse va-t-elle rester longtemps une zone de non droit ? Comment puis-je expliquer à mon fils de sept ans, licencié football depuis septembre, que tout ce qu’il a vu ce week-end n’est pas du football ? Merci pour votre attention. »

Je comprends assez bien la question d’Alexandra et je suis obligé de faire attention quand je m’exprime, parce qu’évidemment je suis Havrais, évidemment j’ai regardé le match comme beaucoup de Havrais, comme d’ailleurs beaucoup de Français qui regardaient le match de barrage qui devait avoir lieu vendredi soir et qui a eu lieu dimanche soir. Je pense, comme l’immense majorité des Français, j’ai été consterné par ce que j’ai vu. Consterné par l’enchainement des faits, par la violence et la brutalité de l’arrivée au stade des joueurs havrais vendredi soir. Consterné par la violence, la tension qui a régné aux abords du stade et dans le stade dimanche soir.

Un peu consterné – je dois le dire – par le fait qu’un certain nombre de règles qui sont des règles, je crois, importantes ont été curieusement respectées, c’est le moins que l’on puisse dire. Consterné par les pressions, la violence, les insultes qui ont émaillé l’ensemble du match.

Je sais que cette consternation est très largement partagée. Elle est partagée par tous ceux qui aiment le football. Moi, j’aime le foot et je sais bien que quand on est un supporter de foot, on supporte son équipe, on critique l’autre, on n’est jamais totalement de bonne foi, on n’est jamais totalement dans la maitrise du langage, je le sais, je l’ai fait aussi, je connais ces réactions, c’est assez humain sans doute, ce n’est pas toujours très intelligent, mais on va dire qu’on peut comprendre.
Ce qui est inacceptable, c’est la violence, c’est l’insulte raciste. Ce qui est inacceptable, c’est un niveau de brutalité et d’imbécillité qui n’a rien à voir avec le football, qui est un sport qu’on aime. Ce que je trouve terrible, c’est qu’au fond dans cette histoire, Le Havre a perdu le match, dans les conditions qu’on connait, je ne veux pas revenir là-dessus, la Ligue a pris une décision, sans doute une très bonne décision, mais tout le monde est perdant. Tout le monde est perdant. Le Havre a perdu le match, très bien. Ajaccio a perdu d’une certaine façon, le prochain tour de barrages se fera dans des conditions qui seront des conditions plus difficiles pour elle et dans un stade à huis clos, ce n’est pas le football. Le football a perdu. Le football a perdu.

Tous les gens qui aiment le football ont vu un spectacle déplorable et je comprends très bien qu’Alexandra aient du mal à expliquer à son fils de sept ans que ce n’est pas ça le football, que le fair-play, ça existe, que le respect de l’adversaire, ça existe et que même quand on perd, on peut saluer l’adversaire. On est assez loin de ce que j’aime dans le foot. Heureusement, tous les matchs ne sont pas comme ça.

Si vous me permettez, je voudrais saluer les joueurs havrais, parce qu’ils ont fait preuve d’une très, très grande retenue, dans des conditions d’une très, très grande pression, parfois d’une assez grande violence. Je trouve que le visage qu’ils ont offert au football était au moins explicable à cet enfant de sept ans qui aime son sport. J’ai hâte de lire toutes les choses qui seront publiées par la Ligue notamment pour expliquer l’ensemble des décisions qu’elle a prises, parce que c’est vrai que c’est difficile à comprendre pour plein de gens de bonne foi. Mais après, je suis sûr qu’elle saura trouver d’excellents arguments. Je lirai ça avec beaucoup d’attention évidemment, comme tout le monde d’ailleurs.

Pascal me demande : « Quel est le bilan du Gouvernement en matière de transition écologique ? La nomination de Nicolas HULOT a suscité des espoirs importants. Mais au bout d’un an, j’ai peine à comprendre ce qui a été fait et surtout le plan d’avenir sur ce sujet essentiel. »

D’abord – c’est évidemment une bonne question – il n’aura pas échappé à Pascal que le ministère que nous avons désigné sous le titre de « Ministère en charge des transitions écologiques », « écologique » est important, « des transitions » l’est tout autant. Nous vivons une transition, c’est une transition inéluctable, certaine, indispensable, parce qu’il n’y a pas de deuxième planète, parce que nous consommons les ressources naturelles à vitesse grand V, parce que nous modifions notre environnement et les conditions de la vie dans notre environnement à vitesse grand V et que si on continue à ce rythme, à l’évidence, ce n’est pas soutenable.

Moi, je ne suis pas un expert, je ne saurais pas dire si le « pas soutenable », c’est dans dix ans ou c’est dans cinquante ans ou c’est dans deux cents ans. Il y a beaucoup de gens beaucoup plus intelligents que moi et beaucoup plus versés dans ces sujets, qui ont des analyses très fines, thème par thème, région par région, sujet par sujet.

Ce que je sais, ce que je sens, ce que je vois, ce que tout le monde voit, c’est que ce n’est pas tenable à long terme, pas dans ces conditions. Donc, il faut qu’on se transforme. Alors, il y a ceux qui sont animés par la conviction qu’il faut changer très, très vite, si on veut préserver l’essentiel et qui disent que cette transition doit chambouler tous les aspects de notre vie et doit le faire très vite et qu’il y aura des perdants, bien entendu, mais au fond si on ne fait rien, tout le monde sera perdant. Donc, ils sont favorables à une transition extrêmement rapide.

Et puis, il y a ceux qui disent il faut effectivement se transformer. Mais il faut tenir compte de la réalité, du rythme acceptable de cette transformation et de cette transition. Donc, ça impose de réfléchir, de faire de l’information, d’accompagner les transitions et donc c’est forcément un peu plus long.

C’est un débat qui est compréhensible, c’est un débat noble d’une certaine façon entre ceux qui sont les partisans d’aller vite et fort et ceux qui sont partisans d’aller vite, mais en faisant attention aux conditions dans lesquelles on le fait, pour que tout le monde suive et qu’il n’y ait pas des perdants trop forts.

Et puis, il y a des gens qui pensent qu’il ne faut rien faire. Il faudrait quand même rappeler qu’il y a des gens qui pensent qu’il n’y a pas de transition écologique. Il y a des gens qui pensent qu’il n’y a pas de menace sur le climat, qu’il n’y a pas de menace sur la biodiversité. Vous avez encore, peu dans le débat français, c’est vrai, de gens qui l’admettent, beaucoup dans le débat international, on a vu un certain nombre d’Etats se retirer, je pense aux Etats-Unis, de l’Accord de Paris, dans lequel il y avait véritablement la conviction que nous devions organiser une transition et que c’était l’intérêt de l’Humanité dans son ensemble et même de la Terre dans son ensemble.

Au Gouvernement, on est évidemment convaincus de la nécessité de favoriser cette transition et on s’y est engagés. La France a interdit – c’est le premier grand Etat qui l’a fait – la production d’hydrocarbures sur son territoire national. Nous l’avons fait, c’est une loi qui a été adoptée. Parce que nous considérons qu’il faut s’engager résolument dans cette initiative, c’est un des éléments qui a été décidé à l’initiative du Président de la République et du ministre d’Etat en charge de la Transition écologique, de Nicolas HULOT. Donc, voilà un domaine dans lequel nous avons avancé.

Le ministre a annoncé un plan Climat, c’est-à-dire un ensemble de mesures qui doit, sujet par sujet, permettre de cranter des choses et d’accompagner, d’encourager et d’accompagner cette transition que j’évoquais tout à l’heure. On va le voir aussi dans la loi d’orientation sur les mobilités qui sera discutée dans le deuxième semestre de l’année 2018 à l’Assemblée nationale et ensuite au Sénat, où là encore il s’agit d’inventer de nouvelles mobilités, de préserver un certain nombre de choses auxquelles on est extrêmement attaché pour mieux préparer la suite.

Tout ce qui est relatif à la meilleure identification d’une augmentation du prix du carbone, parce qu’il constitue une menace pour la stabilité du climat, et en même temps l’accompagnement des Français pour qu’ils puissent faire face à cette augmentation du carbone, ça relève de la même logique d’accompagner les transitions. J’en donne un exemple : on a donné une prime à la conversion de 1 000 à 2 000 euros pour les propriétaires de vieilles voitures polluantes dont ils peuvent bénéficier depuis le 1er janvier, pour qu’ils achètent une voiture plus récente, on a 45 000 demandes enregistrées, on a, là, une politique de guichet qui fonctionne bien parce qu’on sait qu’en accompagnant les Français dans cette transition, ils veulent jouer le jeu.

Et c’est d’ailleurs, quand on y pense, le vrai enjeu c’est bien ça ! C’est de donner la direction, c’est de créer les conditions pour que les choses changent, et c’est ensuite d’accompagner les Français parce que, fondamentalement, je suis convaincu que l’ensemble des Français a la conviction qu’il faut que les choses changent si on veut préserver notre façon de vivre, nos équilibres écologiques, la biodiversité, éviter un dérapage du climat tel que tout le monde, tout le monde, absolument tout le monde sur la surface de la Terre, s’en trouverait perdant.

Mais peut-être qu’un jour, on fera un... un « Facebook Live » comme celui-ci, on a l’occasion de le faire parfois avec d’autres ministres, peut-être qu’un jour, on pourra le faire avec Nicolas HULOT pour évoquer plus spécifiquement pendant une demi-heure, l’ensemble de ces sujets.

Du coup, question de Christophe : « Allez-vous demander à Nicolas HULOT de quitter votre gouvernement ou au contraire, tenter de le garder ? »... Mais moi, je suis heureux que Nicolas HULOT soit dans ce gouvernement ! Et je suis heureux qu’il ait été membre de ce gouvernement dès le début ! Parce qu’il apporte beaucoup de choses à ce gouvernement. D’abord, il apporte sa personnalité, sa connaissance des dossiers, sa capacité justement à expliquer cette transition écologique, sa capacité à l’incarner, sa capacité à entraîner d’une certaine façon une partie de la population française, une partie des associations qui sont très engagées dans ce domaine. Il apporte beaucoup au gouvernement ! Et sur tous les sujets depuis le début, on a des discussions avec lui !

Ca ne veut pas dire qu’on est d’accord sur tout, mais moi, je ne connais personne avec qui je suis d’accord sur 100 % des sujets à tous les instants ! Mais Il y a des bons débats, il apporte énormément, moi j’essaie dans toute la mesure du possible, avec Nicolas HULOT comme avec d’ailleurs l’ensemble des membres du gouvernement, de les aider, de faire en sorte que les arguments qu’ils portent, les propositions qu’ils portent soient discutées à l’intérieur du gouvernement, soient instruites, débattues, et puis ensuite, il y a des arbitrages à faire, on décide.

Certains veulent que ça aille plus vite, d’autres que ça aille moins vite, certains veulent que ça aille plus loin, d’autres que ça... C’est normal ! C'est la vie, c'est comme ça que se prennent les décisions lorsqu’on est plusieurs et qu’on a plusieurs objectifs en tête, mais en tout cas, c’est une vraie richesse pour le gouvernement, je le dis très tranquillement. En plus, on s’entend très bien humainement tous les deux. Donc bien entendu, il est le bienvenu dans ce gouvernement, il a toute sa place, il compte et c’est évidemment un atout important de ce gouvernement.

Emilie me dit : « Bonjour, Monsieur le Premier Ministre, il y a des négociations en cours sur le « zéro reste à charge lunettes ». Où en sommes-nous vraiment ? Ne pensez-vous pas que cette nouvelle réforme va faire baisser la qualité des soins pour les Français, supprimer des emplois dans toute la filière pour engraisser un peu plus les mutuelles ? »...

Je ne sais pas ce que vous faites, Emilie, dans la vie, je ne sais pas pourquoi vous imaginez qu’une mesure qui a pour objectif de faire en sorte que les Françaises et les Français qui doivent avoir recours à des lunettes, à des prothèses audio ou à des soins dentaires, puissent avoir accès à ces soins ou à ces équipements qui sont indispensables pour le confort de vie, dans de meilleures conditions et notamment en ayant plus à assumer financièrement une partie qui, parfois, les conduit soit à retarder des soins dentaires, soit à ne pas avoir d’audioprothèses, soit le cas échéant parfois, à ne pas aller chez l’opticien et à vivre... chez l’ophtalmo et ensuite chez l’opticien et finalement, à avoir un confort de vie inférieur.

Notre objectif, c'est de faire en sorte que les Français soient mieux couverts, pour ce qui est souvent une dépense extrêmement importante dans le domaine médical, mais qui est aujourd’hui, il faut bien le reconnaître, tous les Français le savent, pas très bien couvert pas la Sécurité sociale et un peu mieux couvert par les mutuelles, mais pas complètement. Eh bien voilà notre objectif, c'est de travailler avec l’ensemble des acteurs, en bonne intelligence, pour faire en sorte qu’on ait des solutions opérationnelles pour les Françaises et les Français, et qu’ils puissent avoir accès, dans ces trois domaines-là, audioprothèse, lunettes, soins dentaires, à des offres qui leur permettent d’avoir un « zéro reste à charge ».

Vous savez, parfois on dit « c'est quoi, libérer – protéger, incarné par le président de la République, et que le gouvernement met en œuvre ? »... Eh bien ça, c'est protéger. Faire en sorte que les Français puissent avoir accès à ces soins qui sont des soins importants, tout le monde le sait, et moi encore plus puisque maintenant, je porte des lunettes, mais tout le monde le sait, avec un « zéro reste à charge », c’est une véritable protection, c’est une véritable mesure de santé publique, c'est une véritable mesure de pouvoir d’achat, c'est véritablement quelque chose qui protège tous les Français. On peut le faire ! Ce serait impossible... Mais on peut le faire ! On peut s’organiser pour trouver les solutions ; ça ne veut pas dire que chacun pourra choisir... Mais on peut imaginer des solutions, mettre en œuvre concrètent des solutions – c’est notre objectif, c'est ce qu’on va faire – pour avoir un « zéro reste à charge ».

Une question de... comment s’appelle-t-il... Antoine, qui me dit : « Comment gérez-vous le stress lié à l’exercice de votre fonction ? Ne craignez-vous pas un burn-out ? »... Non, je ne crois pas ! Bon... Chacun gère son stress comme il veut, comme il peut. Il y en a... je connais beaucoup de gens pour qui le stress se traduit soit par beaucoup de susceptibilité ou parfois beaucoup de boulimie et d’appétit, on mange ou on fume. Bon... Moi, non. Mon stress, je gère en essayant, dans toute la mesure du possible, de faire du sport, dès que je le peux, d’essayer de rigoler avec les gens que j’aime bien, et de toujours, toujours – mais c'est difficile et je ne suis pas sûr d’y arriver toujours – c'est de toujours rester calme.

Les questions qu’on traite quand on est Premier ministre, sont souvent importantes, pas toujours ; elles sont parfois difficiles, pas toujours ; et je pense qu’on les traite mieux quand on est calme et qu’on essaie de faire en sorte que le stress ne vous saisisse pas et ne vous conduise pas à prendre des décisions erronées. Mais ce n’est pas facile. En même temps, c'est excitant et... et c’est formidable ! Peut-être que je serai plus malheureux et peut-être même que je serais beaucoup moins utile si je n’étais pas stressé. Donc voilà, il y a un bon stress et je crois qu’il ne faut pas chercher à l’écarter ; il faut chercher à vivre bien avec. C’est ce que j’essaie de faire.

Léopold me dit : « Les Black Bloc sont des manifestants, ils sont venus pour manifester ; c’est juste leur mode d’action qui est différent ». Ah non, non, ça, pas... Non, Léopold, je ne suis pas d’accord avec vous. Les Black Bloc, je ne sais pas si ce sont des manifestants, mais ce qui est sûr, c’est qu’ils ne sont pas venus pour manifester. Ils sont venus pour casser. Ils sont venus pour casser la propriété privée. Ils sont venus pour casser des équipements publics qui sont à la disposition des Françaises et des Français, y compris ceux qui en ont le plus besoin, et des plus fragiles.

Donc non, non, ce n’est absolument pas une manifestation.... « Oh, il y aurait les manifestants et puis il y aurait les Black Bloc, ils ont le droit de casser parce que c’est leur façon de s’exprimer ». En aucune façon ! C'est totalement illégal. C'est totalement inacceptable, et je n’accepte absolument pas ça. Donc je dois dire à monsieur Léopold, en deux mots, qu’on n'est pas d’accord et qu’il est hors de question d’accepter ce mode de fonctionnement et ce mode opératoire des Black Bloc qui est inacceptable.

Théo me dit : « Pourrai-je un jour venir à Matignon, Monsieur le Premier Ministre ? C’est un rêve depuis mes 11 ans et j’ai 15 ans ». Eh bien oui, oui ! Oui, Théo, oui ! Tu m’envoies sur les... Oui... eh bien tiens, est-ce que je peux répondre à Théo sur les commentaires ? On va voir, on va trouver un moyen pour faire en sorte que Théo vienne visiter Matignon.

Claudine : « Bonsoir, que pensez-vous de la percée de l’islamisme, notamment la représentante de l’UNEF qui dit que son voile est un étendard politico-religieux ? »... C’est une question difficile que pose Claudine. Ou plus exactement, c’est une question sur laquelle il y a beaucoup d’expressions ; j’ai vu la polémique naître et enfler. Qu’est-ce que je peux dire en réponse à Claudine ?

D’abord, il y a la loi, et la loi permet, autorise à ce que chacun, quand il est étudiant, ou quand il est un citoyen, qu’il se promène dans la rue ou qu’il est chez lui, ou qu’il se promène dans la rue, d’arborer des signes d’appartenance religieuse. C'est une liberté qui va avec la liberté religieuse. La laïcité, c’est un système dans lequel on ouvre la liberté au citoyen de croire ou de ne pas croire, et où on garantit la neutralité des autorités publiques, l’Etat, les collectivités territoriales. Neutralité absolue de l’Etat liberté très grande des individus et des citoyens. C'est ça, le principe de la laïcité.

Et donc une étudiante – on n’a pas le droit quand on est collégien ou lycéen parce qu’on considère que le discernement n’est pas encore là et qu’on est avant le Bac – mais les étudiants, les étudiantes ont, en France, c’est la loi, le droit de porter un voile. Donc je pense qu’on ne peut pas critiquer... En tout cas, je ne souhaite pas le faire – critiquer quelqu’un parce qu’il fait usage d’une liberté qui est reconnue par la loi et par la Constitution.

Ensuite, il y a la question de savoir si cette appartenance manifeste, ce signe d’appartenance manifeste à une religion, ce signe de conviction religieuse est un élément à prendre en compte lorsqu’on a une responsabilité, en l’occurrence une responsabilité syndicale.

Je dois dire que j’ai vu les doutes formulés par certains, les colères formulées par d’autres, les oppositions, et je comprends l’émotion que cela suscite ; parce que c’est tout sauf neutre d’avoir un responsable syndical qui porte le voile et qui, se faisant, envoie un message et dit quelque chose qui n'est pas simplement un investissement personnel.

Donc je comprends assez bien que la question soit... soit sensible. Elle l’est évidemment. Qu’elle ait donné lieu à une polémique, je le comprends, en tant que Premier ministre, ce qui m’importe, c'est le respect de la loi, mais l’UNEF, se faisant, a aussi fait un choix qui interroge sur la conception qu’ils ont de beaucoup de sujets et de l’engagement syndical. Je pense que ce débat est devant nous pendant longtemps.

Là, c’est une question sur ma vie familiale, ou plus ... sur ma vie privée à laquelle je ne... Eh bien non, je ne vais pas répondre, quand même...

« Allez-vous aider les personnes handicapées et leur donner un peu plus d’allocation et de droits ? » ; c'est Sébastien qui pose la question. Je peux confirmer à Sébastien ce que j’ai déjà dit et ce que je dis avec plaisir et avec conviction : nous allons augmenter l’Allocation Adulte Handicapé ; elle augmentera de 50 euros par mois à compter du 1er novembre prochain, et elle augmentera de 40 euros supplémentaires à compter du 1enovembre 2019. Donc 50 euros en 2018, 50 euros par à partir de novembre 2018, et puis 40 euros en plus à partir du 1er novembre 2019 ; ça veut dire que dans un an et demi, l’Allocation Adulte Handicapé sera passé de 810 euros par mois à 900 euros par mois, ce qui fait une augmentation sensible, et voilà comment je réponds à la question de Sébastien.

Reda, Reda c'est un nom, en l’occurrence le nom de famille qui va derrière, donc je reconnais la question : « Avez-vous la nostalgie du Havre et des responsabilités à l’échelle locale telles exercées aujourd’hui par un maire ? »... Non, je n’ai pas la nostalgie, au sens où je ne suis pas nostalgique ! Le Havre me manque parfois quand je suis à Paris, parce que la mer me manque et que c’est une ville que j’aime évidemment ! Mais... J’ai adoré exercer les responsabilités de maire, je l’ai toujours dit, c’est les plus belles responsabilités qu’un élu puisse avoir à exercer à mon avis, c’est passionnant, c'est formidable, c’est exaltant, c’est extraordinaire de transformer sa ville, c’est extraordinaire de l’incarner, c’est extraordinaire d’être en permanence au contact, à la rencontre avec l’ensemble des gens qui y vivent. C’est parfois très prenant, c'est parfois difficile, mais c’est toujours quelque chose de très... Eh bien c’est unique, d’être maire. C’est vraiment extraordinaire.

Maintenant ce que je fais ici est aussi extraordinaire, littéralement, et voilà. La nostalgie n’est pas dans mes habitudes. Donc je n’ai pas la nostalgie. J’ai adoré ça, mais je ne crois pas qu’il faille vivre dans la nostalgie.

Voilà ce que je pouvais vous répondre pour cette fois-ci. Mais ce que je propose, c’est que la prochaine fois qu’on organise ce « Facebook Live », je le fasse avec un autre ministre pour qu’on la consacre, cette séance, à une séance plus thématique et pour garder un sujet et le traiter à fond.

Merci beaucoup, à bientôt !