18 septembre 2018 - Actualité

Médecine : après 50 ans d’existence, le numerus clausus sera supprimé en 2020

Le numerus clausus, pour la première année commune aux études de santé, sera bientôt de l’histoire ancienne. C’est l’une des principales annonces de la réforme “Ma santé 2022”, présentée ce mardi 18 septembre par le Président de la République et la ministre des Solidarités et de la Santé.
 

Pas question cependant de supprimer toute sélection : à partir de 2020, les passages en deuxième et troisième années de licence s’effectueront par un examen à la fin de l’année universitaire.

Améliorer le bien-être des étudiants en médecine

Le Président de la République et la ministre des Solidarités et de la Santé ont confirmé, ce mardi 28 septembre 2018, la suppression du numerus clausus dès la rentrée 2020. L’objectif premier de cette mesure : remédier au mal-être des étudiants en première année de médecine.

Depuis 1972, le numerus clausus fixe chaque année le nombre d’étudiants pouvant accéder à la seconde année d’études de médecine, sage-femmes, dentaire ou pharmacie. La sélection s’effectue alors par un concours au terme de la première année commune aux études de santé (Paces).

“Il s’agit d’en finir avec la souffrance des étudiants en première année”, a expliqué la ministre des Solidarités et de la Santé dans une interview au Parisien. “On voit une hausse des abandons, des dépressions, des suicides… C’est bien que quelque chose ne va pas dans notre système.”

agnes buzyn

Particulièrement sélectif (11,5% de réussite pour les étudiants de première année, 22,2% de réussite pour les étudiants ayant redoublé leur première année d’après une note émise par le SIES en novembre 2017), le concours est facteur d'un grand stress chez les étudiants.  Sur le long terme, cette mesure vise à augmenter le nombre d’étudiants en médecine. En jeu : la lutte contre les déserts médicaux sur le territoire français.

Vers une diversification des profils d’étudiants en médecine

La suppression du numerus clausus cherche également à diversifier les profils d’étudiants. “Il y a dès aujourd'hui des étudiants qui souhaitent rejoindre des études médicales et qui sont en sciences et en biologie”, a expliqué le Président de la République lors d’une conférence de presse, “tous les étudiants inscrits en licence pourront rejoindre en 2e, 3e, 4e année le cursus de médecine".
 
Si le concours privilégie actuellement les compétences en mathématiques et en physique, sa suppression veut créer des passerelles entre les études médicales et les filières de sciences humaines et sociales.

Ma santé 2022 : un plan de réforme global du système de soins

Outre la suppression du numerus clausus, la réforme “Ma santé 2022” propose 54 mesures. qui ambitionnent de réformer l’ensemble du système de soins en France sur le long terme. “Je veux que le système de santé soit l'un des piliers de notre État-providence du XXIème siècle”, a déclaré le chef de l’État. “Nous devons le restructurer pour les cinquante ans à venir”.



Parmi les principales mesures, on retrouve notamment une enveloppe budgétaire pour la création de 4 000 postes d'assistants médicaux, de 400 postes de médecins salariés dans les déserts médicaux ou encore d’un statut d'hôpital de proximité en 2019.