Sécheresse

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À la suite d’un hiver et d’un printemps plus secs que les moyennes saisonnières, plusieurs départements français subissent un épisode de sécheresse.

D'après la cartographie des territoires avec risque de sécheresse d’ici à la fin de l’été 2022, publiée par le ministère de la Transition écologique le 18 mai, les régions Provence-Alpes-Côte-D’azur, Auvergne-Rhône-Alpes, le nord de la Nouvelle Aquitaine, Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire pourraient être particulièrement touchées.
Territoires avec risque de sécheresse d'ici la fin de l'été 2022
Source :  Ministère de la Transition écologique
Aussi, pour faire face aux risques de tension sur les ressources en eau, le Gouvernement a rehaussé les moyens des agences de l’eau pour 2022 et nommé un délégué interministériel chargé du suivi des actions et travaux engagés par le Varenne agricole de l'eau et du changement climatique, le préfet Frédéric Veau.
Les périodes de sécheresse peuvent résulter d’un manque de pluie, mais aussi d’une utilisation trop intensive ou inadaptée de l’eau disponible.
Quand la sécheresse survient, des restrictions d’usage de l’eau peuvent être décidées par les préfets de département.
Et, chacun, par ses gestes quotidiens ou ses pratiques professionnelles, peut contribuer à préserver les ressources en eau potable.

Les causes de la sécheresse

Définition

La sécheresse peut se définir comme un épisode de manque d’eau plus ou moins long mais suffisant pour que les sols et la flore soient affectés. Ce phénomène peut être cyclique ou exceptionnel et peut concerner une zone géographique plus ou moins vaste.

Quelle différence entre sécheresse, aridité, manque d’eau et stress hydrique ?
2 minutes pour comprendre la sécheresse et ses conséquences
Comment est évaluée la gravité de la sécheresse ?
Source : Ministère de la Transition écologique

Grands facteurs de sécheresse : manque de pluie, fortes chaleurs, prélèvements excessifs (eau portable, irrigation, industries)
Suivi du milieu : cours d'eau, nappes d'eau souterraines
4 niveaux de gravité pour les cours d'eau et les nappes souterraines : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise.

Le manque de pluie

La France reçoit en moyenne 512 milliards de m3 d’eau par an.
Une partie de l’eau retourne vers l’atmosphère via l’évaporation, de la végétation, du sol, etc. L’autre partie, environ 40 % (soit environ 200 milliards de m3 d’eau), constitue la pluie efficace. C’est l’eau qui est disponible pour alimenter les cours d’eau et les nappes souterraines via les écoulements et l’infiltration.
La sécheresse peut résulter d’un manque de pluie. Elle survient lorsque la quantité de pluie est nettement inférieure aux normales saisonnières sur une certaine période. Lorsque le manque de pluie survient en hiver ou au printemps, il empêche le bon remplissage des nappes phréatiques (« réserves » d’eau) qui s’effectue habituellement à cette époque de l’année.
Après le mois d’avril, l’eau de pluie est essentiellement absorbée par les plantes, alors en pleine croissance, ou s’évapore à cause de la chaleur. La sécheresse peut être accentuée par des températures élevées, notamment en été.

Des prélèvements excessifs

Les prélèvements correspondent à l’eau douce extraite des eaux souterraines et des eaux de surface, pour les besoins des activités humaines.
En France, on estime qu’environ 33,5 milliards de m3 sont prélevés en moyenne chaque année - dont 80 % dans les eaux de surface -, pour satisfaire les principaux usages, que ce soit pour la production d’eau potable, l’industrie, l’agriculture, l’alimentation des canaux de navigation et le refroidissement des centrales électriques (en dehors du turbinage des barrages hydroélectriques).
La répartition des prélèvements d’eau par usages est la suivante :
  • 51% pour le refroidissement des centrales électriques
  • 16 % pour les canaux de navigation
  • 16% pour la production d’eau potable
  • 9 % pour l’agriculture
  • 8 % pour les autres activités dont l’industrie.
L’industrie rejette une grande partie de l’eau qu’elle prélève. Plus de la moitié des prélèvements est destinée au refroidissement des centrales électriques, qui en consomment 31%. Les autres usages industriels représentant 3% des consommations.
Inversement, l’agriculture consomme presque toute l’eau qu’elle prélève. Elle représente ainsi 45% des consommations pour seulement 9% des prélèvements, soit près de 2,4 milliards de m3 consommés pour 3 milliards de m3 prélevés. Les impacts sont importants, car ils sont concentrés sur une seule période de l’année - les 3 mois d’été -, où l’agriculture peut représenter jusqu’à 80% de l’eau consommée et certaines zones géographiques où les ressources sont les moins importantes.
La production d’eau potable représente 21% des consommations, soit environ 1,1 milliard de m3 par an. Ce chiffre est globalement stable, l’augmentation de la population étant compensée par une diminution de la consommation de chacun.

Sécheresse et changement climatique

Avec le changement climatique, les sécheresses seront de plus en plus récurrentes.
La hausse des températures fait augmenter l’évaporation, ce qui renforce l’intensité et la durée des épisodes de sécheresse.

Avec, pour conséquence : canicules, hausse du risque d’incendie de forêt lié à la sécheresse de la végétation, fragmentation des milieux de vie aquatiques liée à la baisse des cours d’eau, augmentation de la température de l’eau altérant le milieu de vie d’espèces aquatiques ou encore la prolifération d’algues...
Reportage vidéo : les sapeurs-pompiers de l'Indre mobilisés contre les feux de forêt

Les mesures de restriction des préfets

Au niveau national, le décret du 23 juin 2021 a donné un nouveau cadre au dispositif de gestion de la sécheresse en France, concernant notamment l’anticipation et l’harmonisation des mesures de restrictions des usages de l’eau.
Pour permettre la mise en œuvre opérationnelle de ce nouveau cadre dans les territoires, une instruction à destination des préfets a été publiée le 27 juillet 2021 visant à optimiser l’organisation de la gestion de la crise et gérer les situations de pénurie d’eau.
Cette instruction a également été accompagnée d’un guide national sur la sécheresse, qui fixe un socle commun de mesures de restriction à mettre en œuvre en fonction du niveau de gravité et de l'usage considéré.

Quatre niveaux de gravité

Ainsi, en période de sècheresse, pour préserver les utilisations prioritaires de l'eau (santé, sécurité civile et approvisionnement en eau potable), des restrictions d'eau graduelles et temporaires sont déclenchées progressivement par les préfets en fonction de 4 niveaux de gravité de la sécheresse :
  • Le niveau vigilance sert à informer et inciter les particuliers et les professionnels à économiser l'eau.
  • Réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, ...
  • Réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, ..., jusqu'à l'interdiction de certains prélèvements
  • Le niveau de crise déclenche des interdictions, pour préserver les usages prioritaires : santé, sécurité civile, eau potable, salubrité. Les prélèvements d'eau pour l'agriculture sont alors interdits totalement ou partiellement, ainsi que de nombreux usages domestiques ou d'espaces publics (arrosages des massifs floraux, fontaines, nettoyages des voiries...).
Les seuils entraînant des mesures de restriction sont définis au niveau local par les préfets. Cela facilite la réaction en situation de crise et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin.
Ces mesures de limitation des prélèvements sont aussi adaptées aux différents usagers :
  • usages domestiques : sensibilisation, puis limitation de plus en plus forte des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable) ;
  • agriculture (80% des prélèvements entre juin et août) : interdiction d’irriguer 1 jour par semaine, plusieurs jours par semaine ou à certaines heures jusqu’à l’interdiction totale de l’irrigation ;
  • Industrie : mesures spécifiques sur les unités les plus consommatrices pour imposer une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires.
Les arrêtés « Sécheresse » ne peuvent être prescrits que pour une durée limitée, sur un périmètre déterminé.
Ils doivent assurer l’exercice des usages prioritaires, plus particulièrement pour la santé, la sécurité civile, l’approvisionnement en eau potable et la préservation des écosystèmes aquatiques. Ils doivent également respecter l’égalité entre usagers des différents départements et la nécessaire solidarité amont-aval des bassins versants.
Lorsqu’un arrêté de restriction est général et collectif, il doit être affiché dans chaque mairie impactée et faire l’objet d’une publication dans les journaux régionaux ou locaux.

Propluvia

Ce site présente les mesures de suspension ou de limitation prises par les préfets sur le territoire de la France métropolitaine et de la Corse à partir des données, fournies à titre indicatif, par les services départementaux de l’État.

Je consulte le site dédié aux arrêtés de restriction d’eau

Comment la sécheresse impacte-t-elle l’agriculture ?

Les aléas climatiques, comme la sécheresse, sont difficilement prévisibles et peuvent avoir de lourdes conséquences sur les exploitations agricoles.

Je consulte le dossier

Les gestes pour économiser l'eau

21% de la consommation d’eau en France relève de la production d’eau potable.

En période de sécheresse, que l’on soit soumis ou non à des mesures de restriction, chacun d’entre nous doit, plus que jamais, maîtriser sa consommation d’eau quotidienne avec des gestes simples : privilégier les douches, installer des équipements sanitaires économes en eau, faire fonctionner les appareils de lavage à plein, réutiliser l’eau de pluie…
Agriculteurs et industriels sont également encouragés à réduire leurs prélèvements et leur consommation d’eau par de nouvelles pratiques et modes opératoires (exemple : recyclage des eaux de nettoyage).
Sécheresse : économisons l'eau
Ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et de la Transition énergétique

Sécheresse : économisons l'eau

Usage domestique :
- éviter de laisser couler l'eau
- limiter les arrosages des jardins
- utiliser les appareils de lavage à plein
- installer des équipements économes en eau

Collectivités :
- réduire les fuites dans les réseaux de distribution d'eau potable.
- optimiser l'arrosage des espaces verts et du nettoyage des voieries.
- connaître les volumes d'eau consommés pour éviter de surconsommer ou gaspiller.
- distribuer des kits hydra-économes dans les foyers.

Industrie :
- recycler certaines eaux de nettoyage ;
- mettre en place des circuits fermés ;

Agriculture :
- mettre en place des tours d'eau pour l'irrigation ;
- utiliser un matériel d'irrigation hydro-économe ;
- réduire l'irrigation selon les horaires définis dans les mesures de limitation des prélèvements.

Que faire en cas de sécheresse ?

Respectez l’arrêté préfectoral de restriction de l’usage de l'eau en vigueur dans votre département. Publié au recueil des actes administratifs, cet acte est affiché en mairie et mis en ligne sur le site des préfectures.
Un résumé est également publié dans la presse du territoire concerné et les communes en font la publicité via les panneaux d'information.

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