Elèves déjeunant à la cantine scolaire
8 avril 2019

Lancement de la cantine à 1 euro pour les familles

Sept mois après le lancement de la Stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, annonce au JDD la "cantine à 1 euro", une mesure qui devrait concerner jusqu’à 10 000 communes.
 

Assurer à chaque famille des repas abordables et équilibrés à l’école

Avec la « cantine à 1 euro », l’objectif est de garantir aux familles en difficulté des repas équilibrés pour leurs enfants en milieu scolaire.

En France, ce sont les communes qui fixent le prix des repas à l’école primaire. Conséquence : "Dans beaucoup de communes rurales, les cantines n’offrent pas de tarification sociale", a expliqué la secrétaire d’Etat. "Du coup, les familles les plus en difficulté n'y mettent pas leurs enfants."

Pour y remédier, Christelle Dubos, accompagnée du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lancera d'ici fin avril cette mesure phare de la stratégie de lutte contre la pauvreté. Les communes qui s’engagent à la "cantine à 1 euro" recevront une aide de l’Etat de 2 euros par repas. Cela concernera jusqu’à 10 000 communes.

“S’attaquer aux racines des inégalités”

Le 17 avril prochain, la secrétaire d’État annoncera également la mise en place des premiers petits-déjeuners gratuits à l’école, "une mesure de bon sens qui s’attaque aux racines des inégalités", a déclaré la secrétaire d’Etat.

“Dans les zones défavorisées, un enfant sur dix arrive en classe le ventre vide, il n'a donc pas les mêmes chances d'apprentissage qu'un camarade qui a le ventre plein.”

Les petits déjeuners gratuits seront d’abord mis en place dans huit académies, dont celles d’Amiens, Toulouse et Montpellier. Puis en septembre, sur tout le territoire, a précisé la secrétaire d’État.

Former, éduquer, accompagner vers l’emploi

Présentée en septembre dernier par le président de la République, la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté fait un double constat : le taux de pauvreté est reparti à la hausse depuis 20 ans, avec 8,8 millions de personnes pauvres en 2017, dont près de 3 millions dans une situation de privation matérielle grave en 2018 (Insee).

Il y a nécessité à adapter le modèle social français aux réalités économiques d’aujourd’hui. Dans ce contexte, le Gouvernement mise aujourd’hui sur deux leviers :
 
  • investir dans l’éducation et la formation ;
  • tabler sur l’accompagnement et l’émancipation sociale par l’emploi.

La Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté se décline ainsi à travers cinq engagements majeurs :
 
  • L’égalité des chances dès les premiers pas pour rompre avec la reproduction de la pauvreté.
  • Garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants.
  • Un parcours de formation garanti pour tous les jeunes.
  • Aller vers des droits sociaux plus accessibles, plus équitables et plus incitatifs à l’activité.
  • Investir pour l’accompagnement de tous vers l’emploi.