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27 novembre 2018

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles se dote d'une plateforme en ligne

Faciliter le signalement des violences sexistes et sexuelles et accompagner le dépôt de plainte : c'est l'objectif de la plateforme lancée ce mardi 27 novembre par les ministres Christophe Castaner et Nicole Belloubet et les secrétaires d'État Marlène Schiappa et Laurent Nunez.
 

La plateforme pour signaler des violences sexuelles et sexistes

Dialoguer en direct pour signaler une violence

Dorénavant, quelques clics suffisent pour signaler des violences sexistes ou sexuelles. Le 27 novembre 2018, les ministres Christophe Castaner et Nicole Belloubet, et les secrétaires d'État Marlène Schiappa et Laurent Nunez ont dévoilé au commissariat de Guyancourt la plateforme ministérielle dédiée à ce type de violences.

Hébergé sur le site service-public.fr, le portail www.signalement-violences-sexuelles-sexistes.gouv.fr permet de dialoguer virtuellement avec un des trente-six policiers et gendarmes formés aux violences sexuelles et conjugales. L’objectif : être accompagné dans ses démarches. Si besoin, un rendez-vous dans un commissariat est planifié pour déposer une plainte. Dans l’hypothèse où la victime n’y serait pas prête, elle sera orientée vers une prise en charge sociale et/ou psychologique.

La plateforme s’adresse également aux témoins de telles violences. "Quand vous avez connaissance d'une violence sexiste ou sexuelle, votre devoir de citoyen, c'est d'appeler la police ou la gendarmerie, ou désormais de vous connecter à cette plateforme", a insisté la secrétaire d'État chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.

En cas d’urgence, un bouton de couleur permet aux victimes de se déconnecter à tout moment du tchat et d’effacer l’intégralité de la conversation.

Un accompagnement gratuit et anonyme

Ouverte aux femmes comme aux hommes, la plateforme est gratuite et disponible jour et nuit, tous les jours de la semaine, via un ordinateur, une tablette ou un smartphone. De plus, le tchat avec un policier ou un gendarme est confidentiel : la victime ou le témoin d’une violence sexiste ou sexuelle n’est pas tenu de décliner son identité. Pour la ministre de la Justice, le portail permet ainsi de "faire le premier pas sans être obligé de se confronter à un regard, à une démarche physique".

En effet, l’anonymat est un enjeu essentiel pour les victimes de violences. Les sentiments de honte, de culpabilité et de peur sont des barrières importantes à la prise de parole. Le silence est bien souventpréféré. Sur la période 2009-2017, moins de 10 % des victimes de violences physiques et/ou sexuelles au sein d’un ménage ont porté plainte d’après l’Insee et l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. 125 personnes sont mortes en 2017, victimes de la violence de leur partenaire ou de leur ex-partenaire de vie (contre 138 en 2016 et 136 en 2015), dont 109 femmes et 16 hommes selon le ministère de l'Intérieur.



Si les violences sexistes et sexuelles sont sous-évaluées, la situation évolue depuis l’avènement du mouvement #MeToo en octobre 2017. Sur les sept premiers mois de 2018, les services de police et de gendarmerie ont enregistré 27 728 faits de violence sexuelle, soit une augmentation de 23 % par rapport à l’année précédente. Ce week-end, des milliers de personnes ont défilé dans toute la France pour dénoncer les violences faites aux femmes.

Une action qui s’inscrit dans le combat pour l’égalité femmes-hommes

À l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes qui se déroulait le 25 novembre, Marlène Schiappa a insisté sur les efforts du Gouvernement en la matière.

Érigée en grande cause du quinquennat, plus de 110 mesures en faveur de l’égalité femmes-hommes ont été menées depuis un an. Parmi elles : l’adoption de la loi du 3 août 2018 qui renforce la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le déploiement de la campagne de sensibilisation #RéagirPeutToutChanger à destination des témoins, ou encore la mobilisation des organisations syndicales et patronales sur le sujet de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail.