19 décembre 2018

La lutte contre les inégalités, priorité de la présidence du G7

La France assumera la présidence du G7 à partir du 1er janvier 2019 et organisera le sommet du G7 du 24 au 26 août 2019. Jean-Yves Le Drian en a présenté les grands axes le 18 décembre 2018 à Biarritz, ville où se tiendra le sommet.
 

Les grands axes de la présidence française s'articuleront autour de cinq objectifs pour lutter contre les inégalités, le fil directeur des priorités : la lutte contre les inégalités de destin ; la réduction des inégalités environnementales ; la promotion de politiques commerciales, fiscales et de développement plus justes et équitables ; l’action pour la paix, contre les menaces sécuritaires et le terrorisme ; l’exploitation des opportunités offertes par le numérique et l’intelligence artificielle.

 


1. La lutte contre les inégalités

La hausse des inégalités est une grave menace pour la cohésion des sociétés et un développement économique profitant au plus grand nombre. La France place au cœur du débat la réduction des inégalités et la dimension sociale de la mondialisation. La promotion d’un tel modèle constitue un choix politique majeur.

2. Le renouvellement du format du G7 et la mobilisation de la société civile

Le G7 associera, dans le cadre de coalitions, les pays hors G7 qui partagent l’ambition de la France sur les sujets prioritaires. Seront également intégrées les organisations internationales dont la France cherchera à renforcer les synergies entre elles, à la suite de l’impulsion donnée par le Président de la République lors du Forum de Paris sur la Paix. Le G7 s’ouvrira également davantage à la société civile et une consultation systématique des acteurs non-étatiques est envisagée. Le Gouvernement veillera à mobiliser les Français, en suscitant l’adhésion aux grands défis sur lesquels la France a l’ambition d’obtenir des avancées.

3. L’Afrique

L’un des premiers objectifs du sommet de Biarritz sera de renforcer les liens avec l’Afrique. Cette alliance associera les pays africains les plus impliqués dans la promotion du multilatéralisme, de la paix et de l’intégration régionale, et ceux qui sont en pointe sur l’action climatique.

4. Egalité entre les femmes et les hommes et éducation

Sur ce sujet, qui est aussi la grande cause du quinquennat, le G7 adoptera un "pacte de Biarritz pour l’égalité". En réponse à l’accroissement des inégalités, le G7 devra aussi agir résolument dans le domaine de l’éducation - notamment des filles et en premier lieu au Sahel - et de la santé.

5. Climat et biodiversité

Le G7 abordera les inégalités environnementales, en rappelant l’attachement de la France à l’accord de Paris et en mettant l’accent sur la "finance climat" et la protection de la biodiversité, ainsi que sur la préservation des océans, dans la continuité de la présidence canadienne.

6. Numérique et intelligence artificielle (IA)

Le numérique (cybersécurité, concurrence, fiscalité, impact sur l’emploi) et l’intelligence artificielle seront abordés en présence de grandes démocraties non-européennes : Inde, Afrique du Sud, Mexique, Australie.

7. Sujets politiques et de sécurité

Le G7 devra continuer à se coordonner pour lutter contre le terrorisme (mise en œuvre de l’agenda de Paris sur le financement du terrorisme, liste d’engagements pour lutter contre l’utilisation d’Internet à des fins terroristes, combattants terroristes étrangers), en particulier sur le continent africain.



En matière financière, la présidence française du G7 intervient dans un contexte économique et multilatéral troublé. C'est pourquoi la France défendra la coopération des pays du G7 pour une mondialisation régulée, plus juste et plus équitable, à partir de trois piliers :


1. Le renforcement du système financier international et de sa résilience, dans un contexte de remontée des risques.
 

2. La promotion d'une mondialisation équitable et fondée sur des règles. Dans ce domaine, l'une des premières priorités sera d’intensifier la lutte contre les phénomènes d’optimisation fiscale et les paradis fiscaux. Un autre axe majeur sera celui des défis posés par la numérisation de l'économie, notamment en matière de concurrence.
 

3. La promotion d'une croissance plus inclusive et un développement plus efficace.

 

Le G7 : création et objectifs
Le groupe des sept (G7) rassemble sept pays (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) dont les chefs d’État et de gouvernement se réunissent lors d’un sommet annuel. L’Union européenne y est représentée conjointement par le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne. Groupe informel, le G7 n'a ni existence juridique, ni secrétariat permanent, ni membre de droit et c’est la présidence annuelle tournante, assurée par l'un des sept pays, qui fournit les moyens nécessaires aux travaux du groupe.
Créé à l’initiative de la France dans le contexte de la crise issue du premier choc pétrolier, le G7 permet le dialogue, sans protocole spécifique, entre les plus grandes puissances économiques mondiales pour faciliter la coordination des politiques économiques et financières, en mobilisant de nombreux experts, responsables politiques et membres de la société civile tout au long de l’année. Le G7 doit ainsi aboutir à la signature d'un communiqué final, qui acte des nouvelles actions à mettre en œuvre. Au fil des ans, le G7 a contribué, par sa dimension multilatérale, à mettre en place un cadre collaboratif pour une meilleure régulation de la mondialisation.
Depuis sa création, la France a accueilli six sommets du G7 : Rambouillet en 1975, Versailles en 1982, Paris (Arche de la Défense) en 1989, Lyon en 1996, Évian en 2003, et enfin Deauville en 2011.


En savoir plus sur le site officiel du G7