Arc de Tromphe éclairée en bleu
31 mars 2017 - Actualité

La France en bleu pour la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme

Contenu publié sous le Gouvernement Cazeneuve du 06 Décembre 2016 au 14 Mai 2017
Le 2 avril, c'est de bleu que se colore notre environnement social et urbain pour informer et sensibiliser l’opinion publique à la Journée mondiale de l'autisme.
 
Pour la Journée internationale de l'autisme tous les bâtiments publics de France et dans le monde seront illuminés en bleu. En France, l'autisme  touche entre 600 000 et 650 000 personnes. Un enfant sur 150 naît chaque année avec autisme.

Selon la classification internationale des maladies de l’OMS (CIM 10), l’autisme est un trouble envahissant du développement (TED) affectant les fonctions cérébrales. Les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA) se caractérisent par une grande hétérogénéité des cas, avec de nombreux degrés de gravité. Les personnes souffrent principalement de difficultés à communiquer et à interagir avec le monde qui les entoure. Et pourtant, si elles éprouvent des difficultés à appréhender leur environnement, elles ont un potentiel d'acquisition et de développement similaire à une personne normale, à condition d'être accompagnées.
 
Un dépistage précoce et un diagnostic adapté sont le gage d’une prise en charge efficace. Comme le soulève le professeur Stéphane Cabrol (chef du centre d’évaluation savoyard de l’autisme à Chambéry), "entre 0 et 7 ans, la maturation cérébrale se fait à une telle vitesse et la plasticité cérébrale est telle qu'une intervention adaptée permet la réversibilité d'un certain nombre de difficultés majeures de développement." Avec le dépistage précoce dès 18 mois, un pas important est franchi. Entre 2 et 3 ans, une stratégie globale d'accompagnement concernant les soins, l'éducation et la scolarité peut être mise en place, permettant de construire une base solide pour la scolarisation des enfants en classe inclusive.

Plus d’élèves en école inclusive avec le 3e plan autisme

La place des enfants avec autisme en milieu scolaire ordinaire est primordiale pour leur développement cognitif et leurs aptitudes sociales. Plusieurs avancées ont été faites avec le 3e plan autisme 2013-2017 (PDF) notamment sur la scolarisation des enfants en milieu ordinaire. 110 unités d'enseignement en maternelle (UEM) ont été ouvertes, permettant à 770 élèves de bénéficier d'interventions précoces, intensives et adaptées recommandées par les autorités de santé que sont la HAS et l'ANESM. Ces unités d'enseignement associent enseignants et professionnels médico-sociaux.

Depuis 2008, la scolarisation des enfants avec TSA en établissements scolaires a augmenté passant de 12 000 élèves à 26 347 en 2014/2015. Soit plus du double depuis 2008 et + 17% depuis 2012. 67% des élèves sont accompagnés par des personnels dédiés (aides à la scolarisation des élèves handicapés ou aides à la vie scolaire).
 

Trois questions à Lydie Laurent

Enseignante spécialisée pour enfants présentant des troubles cognitifs, en particulier des enfants avec autisme. 

Elle dispense des formations aux professionnels et aux parents pour apprendre les gestes professionnels et l’utilisation des outils pédagogiques qui favorisent la scolarisation des élèves à besoins particuliers à Epsilon à l'école

En quoi le diagnostic précoce est-il important ?

Le diagnostic précoce détermine de manière essentielle le développement cognitif de l'enfant. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, si la mise en place d'un programme se fait entre les 3 et les 5 ans de l’enfant : 85 à 90% d’entre eux parviennent à s’exprimer, contre 20% si l'intervention se fait après 5 ans.
 
En France, l'âge moyen du diagnostic est de cinq ans et demi. Une des pistes d'évolution serait, par exemple, que les hôpitaux de jour puissent devenir des centres de diagnostic. Un pédopsychiatre, le professeur Stéphane Cabrol, à Chambéry, a transformé son hôpital de jour en centre de diagnostic et d'évaluation. Il apporte une aide qui va dans le sens souhaité car le diagnostic précoce détermine une intégration sociale optimale, avec la possibilité pour l’enfant d'intégrer l'école.
 

Vous défendez la notion d'école inclusive. Quelle est sa particularité  ?

Aujourd’hui, notre société tend vers une école inclusive. Le 3e plan autisme a notamment permis l'ouverture d'unités d'enseignement en maternelle pour les jeunes enfants. Une école inclusive est une école qui garantit le droit à une scolarisation à tous les enfants sans tenir compte de leur condition physique, intellectuelle, psychologique, culturelle… Dans une école inclusive, les enfants à besoins particuliers bénéficient des soutiens spécifiques pour leurs apprentissages, mais ils font partie intégrante des établissements fréquentés par les autres enfants.
 

L'école inclusive, pour vous, profite à tous les enfants ?

C'est cela ! C'est bénéfique pour tous les enfants. Dans cette démarche, les enseignants deviennent  experts en pédagogie s'adaptant sans cesse aux besoins et aux particularités de chaque enfant. L'école inclusive n'est pas qu'une adaptation spécialisée au sein d'un enseignement général de référence. Il faut réfléchir aux changements à apporter pour répondre à la "neuro-biodiversité" des apprenants.