Manuel Valls à la rencontre de réfugiés dans un centre d'accueil à Calais
31 août 2015 - Actualité

"L'État est là pour résoudre cette crise des migrants de Calais et l’Europe est à ses côtés"

Contenu publié sous le Gouvernement Valls II du 26 Août 2014 au 11 Février 2016
La mobilisation est totale pour faire face à la situation de la crise migratoire d’une ampleur exceptionnelle en Europe. Manuel Valls s’est rendu le 31 août à Calais pour exprimer la position de la France au sein de l’Europe et exposer les actions mises en place sur le territoire national. Il a rendu hommage au travail des forces de sécurité françaises à Calais lors de ce déplacement auquel participaient Bernard Cazeneuve et Harlem Désir, ainsi que le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans et le commissaire européen chargé de la Migration, des Affaires intérieures et de la Citoyenneté, Dimitris Avramopoulos.
 
Toute l’Europe est concernée par l’afflux massif de populations migrantes. En six mois, plus de 340 000 entrées irrégulières ont été recensées dans l’espace Schengen, soit trois plus que l’an dernier à la même période.  Les premiers concernés sont les pays se trouvant en première ligne des flux migratoires : l’Italie (Lampedusa et Vintimille) et la Grèce (Kos et Ios en Grèce), mais aussi Leyanet en Macédoine, ou Subotica en Serbie.
 
Au-delà de ces pays, a insisté Manuel Valls, c’est toute "L’Europe qui est concernée par cette crise d’une exceptionnelle gravité", car, rappelle-t-il  "l’Europe ce sont des pays qui ont décidé de mettre en commun pour avancer ensemble, elle ne peut pas abandonner les pays dits  de "première entrée" à leurs difficultés."  "Nous devons apporter des solutions européennes", a-t-il insisté. Des réponses qui doivent être trouvées dans le respect des valeurs et des principes communs.


 

"Humanité, responsabilité et fermeté"

 
"Humanité, responsabilité, fermeté, telle est la ligne commune du président de la République et de la chancelière allemande" , a déclaré Manuel Valls.
 
  • Humanité car "chaque migrant, qu’il soit demandeur d’asile ou non, doit être traité avec dignité et vivre dans des conditions décentes."
  • Responsabilité car il faut "s’assurer que le droit d’asile, droit fondamental, soit partout respecté. On ne peut s’y soustraire au moyen de barbelés."
  • Fermeté car il est nécessaire de distinguer le droit d’asile et l’immigration irrégulière.  
 
5 millions
millions d'euros accordés à la France par la Commission européenne
pour faire face à la crise des migrants à Calais.
Des centres d’accueil dans les pays de "première entrée" seront mis en place pour identifier les personnes qui relèvent du droit d’asile de celles en situation irrégulière. Le Premier ministre l’a rappelé : "Dans ce deuxième cas, elles devront être raccompagnées dans leur pays d’origine, avec toujours, humanité, dignité, respect du droit, mais avec la fermeté nécessaire qui s’impose."

Un nouveau campement humanitaire, pouvant accueillir environ 1 500 migrants, sera construit début 2016, "car nous ne pouvons pas en France accepter que les gens vivent dans de telles conditions d’insalubrité", a annoncé le Premier ministre. Ce campement bénéficiera d'un soutien de 5 millions d'euros supplémentaires de l'Union européenne, a précisé le Premier ministre.
 

Des mesures importantes pour Calais

 
Manuel Valls a annoncé le renforcement des dispositifs d’accueil avec 11 000 places  d’hébergement supplémentaires. 36 millions d’euros sont mobilisés à cet effet pour le deuxième semestre 2015. "L’effort sera poursuivi en 2016 pour un total de 112 millions d’euros", a-t-il précisé. De plus, 20 millions d’euros, sur deux ans, ont été attribuées au dispositif de prise en charge humanitaire pour faire face à l’ampleur des demandes à Calais.
 
Une présence massive des forces de l’ordre
 
Devant les forces de sécurité françaises à Calais, Manuel Valls a rendu hommage à leur travail permettant d’assurer "la sécurité de la frontière franco-britannique et des points stratégiques en matière de transports." Depuis début janvier, elles ont procédé à plus de 42 000 interpellations. Le Premier ministre a rappelé que "près de 20 000 intrusions [ont eu lieu] sur le site d’Eurotunnel depuis le début de l’année, dont près de 15 000 pour le seul mois de juillet." Des intrusions toutefois en net recul sur le port par rapport à l’an dernier, grâce au travail de sécurisation mené.
 
En trois ans, les moyens en hommes ont été multipliés par cinq dans le Calaisis : en tout, 1 300 policiers et gendarmes sont moblisés. Le Premier ministre a rendu hommage au rôle des forces de sécurité pour "éloigner les étrangers en situation irrégulière." Ainsi, plus de 1 200 personnes ont été éloignées de Calais depuis le début de l’année, afin de désengorger les centres d’accueil. Les forces de sécurité ont aussi démantelé les filières de passeurs : 177 filières (800 trafiquants et passeurs) sur l'ensemble du territoire - dont 19 dans le Calaisis, depuis le début de l’année, soit autant que pour l’ensemble de l’année 2014 en seulement sept mois. Le Premier ministre a appelé  à "définir une politique migratoire européenne, définir un système  unifié d’asile, avec des délais raccourcis, pour répondre aux demandes, une harmonisation des règles".
 

Une action au plan international

 
Il est nécessaire de "résoudre cette crise migratoire en l’attaquant par la racine en trouvant des solutions avec les pays d’origine des migrants, ainsi qu’avec les pays de transit. Notre objectif prioritaire, c’est de mettre en place, par exemple au Niger, un premier centre de prévention des départs et d’aide au retour avant d’étendre cette première expérimentation", a déclaré Manuel Valls.

Plus largement, il convient de "mettre en place une politique de développement efficace avec des moyens financiers pour appuyer les économies des régions concernées et donner à la jeunesse d’autres perspectives  d’avenir."
 
Un sommet international pour examiner les questions relatives aux migrations avec les pays africains et d'autres pays clés aura lieu en novembre prochain à La Valette (Malte). Il doit permettre d’aboutir à des résultats concrets sur tous ces sujets et de bâtir des liens solides, renouvelés, solidaires entre l’Europe et l’Afrique. "La France est déterminée à y prendre toute sa part", a affirmé Manuel Valls.
 
"L'État est là pour résoudre cette crise des migrants de Calais et l’Europe est à ses côtés"