[Grand Défi] Biomédicaments : améliorer les rendements et maîtriser les coûts de production

Les systèmes de santé dépendent de façon croissante d'un accès à des protéines critiques et à forte valeur ajoutée, qui sont souvent d'un coût environnemental élevé et complexes à obtenir de source locale. L’émergence de protéines fonctionnalisées et sur mesure permet une transformation radicale des thérapies, qui s’individualisent et se complexifient. Néanmoins, les coûts de production des nouveaux médicaments biologiques explosent par rapport aux médicaments chimiques. Ces coûts sont par ailleurs très sensibles à la technologie employée et à la taille des lots. En ce qui concerne les thérapies cellulaires et géniques, il s’agit encore aujourd’hui de techniques peu industrialisées et optimisées. Pour répondre à ces besoins, des progrès sont nécessaires. C'est la raison d'être de ce Défi.
 

Les systèmes de santé dépendent de façon croissante d'un accès à des protéines et à des médicaments de thérapies innovantes (thérapies cellulaires et thérapies géniques). L’émergence de protéines fonctionnalisées et sur mesure permet une transformation radicale des thérapies, qui s’individualisent et se complexifient. Néanmoins, les coûts de production des nouveaux médicaments biologiques explosent par rapport aux médicaments chimiques. Ces coûts sont par ailleurs très sensibles à la technologie employée, à la taille des lots, notamment vis-à-vis du recyclage ou non des consommables et intrants utilisés, ainsi que des normes en vigueur. En ce qui concerne les thérapies cellulaires et géniques, il s’agit encore aujourd’hui de techniques peu industrialisées et optimisées. Pour répondre à ces besoins, des progrès sont nécessaires. C'est la raison d'être de ce Grand Défi.

Les progrès concerneront aussi bien des innovations dans les domaines des biotechnologies que du numérique et à leurs croisements (modélisation,prédiction, physico-chimie in silico...). Aussi, ils devront principalement aborder les questions inhérentes à l’industrialisation de la production de ces nouvelles formes de médicament. Le défi portera principalement sur la levée de verrous technologiques en matière de bioproduction, à la croisée des sciences dites -omics, de l’information et des procédés de bioproduction industrielle. Le défi visera à optimiser et sécuriser les moyens de production de ces protéines et médicaments de thérapies innovantes, afin de positionner la France en tant que leader sur ces marchés en forte croissance.

Plusieurs axes interdépendants présentant chacun des enjeux majeurs de rupture pourraient ainsi faire l'objet d'appels  à projets spécifiques par l’Etat :

 

  • Produire de biomédicaments aux propriétés disruptives à partir de nouvelles sources,. En particulier, la pureté des protéines, leurs fonctionnalités pharmacocinétiques et l’éco-efficience de leurs méthodes de production constitueront des centres d’intérêt majeurs...
  • Produire de manière efficiente des protéines complexes en (très) petits volumes. Le développement d’une médecine de plus en plus personnalisée via entre autre l’usage des biomédicaments pose la question de la pertinence des standards actuels des modes de production, calqués sur la recherche et production de grandes quantités d’une même molécule. En effet, dans un nombre croissant de situations, ces nouveaux médicaments devront être produits à des niveaux de personnalisationet donc des volume de production plus faibles...
  • Améliorer les rendements de l’ensemble de la chaîne de production. L’amélioration des rendements des lignes industrielles de productions de biomédicaments se heurte à des verrous majeurs sur les exigences de contrôle qualité, l’optimisation des conditions de culture et la purification des molécules d’intérêt.
  • Modéliser les problèmes de production à une échelle industrielle. Notamment, limiter le nombre de lots de mise au point par le développement d’outils de conception adaptés pourrait permettre un gain de temps et d’économie considérables
 

Emmanuel Dequier, directeur du grand défi

Emmanuel Dequier a occupé la fonction de Directeur de la Recherche et des Plateformes Technologiques à Genopole, premier biocluster français. Depuis plus de 10 ans il œuvre pour développer l’écosystème d’innovation d’Evry par le rapprochement des laboratoires de recherche académique et des industriels en biotechnologies. Emmanuel Dequier a aussi passé 5 ans dans l’industrie au Royaume-Uni où il a travaillé pour le groupe mondial d’agronomie Syngenta, avant de rejoindre la société de biotechnologie Summit PLC. Il est diplômé de l’Université Denis Diderot où il est titulaire d’un Magister de Génétique Appliquée et de l’Université Pierre et Marie Curie où il y a obtenu un doctorat en Génétique cellulaire et moléculaire.