« Gérer les ressources de la planète est à la base de l'activité de Mob-ion »

Publié le : 08/06/2021
Portrait de Christian Bruère, président de Mob-Ion
Mob-Ion
Christian Bruère est président de la société Mob-ion spécialisée dans la mobilité légère et le stockage d'énergie. Après un scooter électrique, l'entreprise a lancé un scooter à hydrogène. Interview.

Pouvez-vous nous présenter votre société ?

Nous sommes spécialisés dans la mobilité électrique et le stockage d’énergie. La durabilité de nos produits est un des piliers de notre démarche. Mob-ion développe des solutions électroniques, pour la mobilité légère et les le stockage d'énergie, avec en toile de fond, l‘écologie et de l’économie circulaire.

Dès sa création, en 2016, la société Mob-ion s’est identifiée comme étant un acteur de la transition écologique. Nous avons pris conscience qu’il fallait gérer les ressources de la planète. Notre ambition est de fonder notre projet économique sur l’optimisation de nos ressources planétaires.


Après un scooter électrique à batterie, Mob-ion a décidé de concevoir un scooter à hydrogène. Pourquoi ce choix ?

Notre conception d’entreprise, appliqué à la mobilité urbaine, nous a conduits, en 2016, à développer et fabriquer en France un scooter électrique connecté. Ce projet a reçu le soutien de l’Ademe. Après avoir fait un scooter électrique, le scooter hydrogène est devenu une évidence.

Le premier bénéfice est la réduction importante de l’empreinte carbone, car l’hydrogène produit par énergies renouvelables est non seulement durable mais aussi non émetteur de CO². On le sait, l’action de l’hydrogène associé à une pile à combustible pour alimenter le moteur en électricité ne produit que de l’eau.

C’est la raison pour laquelle nous avons conclu un partenariat avec la société STOR-H Technologies pour accélérer le développement de la mobilité par hydrogène en concevant ensemble le scooter AM1 Powered by STOR-H.


Pourquoi ce partenariat avec STOR-H ?

STOR-H était déjà présent sur le segment de la mobilité urbaine grâce aux vélos et aux triporteurs et avait déjà développé un scooter à hydrogène en 2010. Un modèle avait même été exposé au Grand Palais lors de la COP21, en 2015.

Chacun apporte ses compétences : la partie cycle et l’électronique embarquée de puissance et de contrôle est assurée par Mob-ion, STOR-H oeuvre sur la solution hydrogène.


Particularité : l’hydrogène est stocké dans des cartouches amovibles. Présentez-nous ce choix technologique ?

La technologie développée par STOR-H permet de contenir l’hydrogène dans des cartouches standards de la taille d’une canette. L'hydrogène est stocké à l’état gazeux dans des  “espèces d’éponges métalliques”, la pression y est très faible (9 à 10 bars). Les risques d’explosion sont nuls. Le ravitaillement est facilité. Lorsque les cartouches sont vides, il suffit de se rendre dans le distributeur le plus proche et de les échanger contre des cartouches pleines.


Pourquoi avoir décidé de faire un scooter à hydrogène ?

Nous sommes convaincus que l’hydrogène jouera un rôle majeur dans la mobilité durable de demain et de l’avenir prometteur de cette technologie zéro émission.

L'hydrogène, lorsqu'il est produit à partir de ressources renouvelables, est considéré comme non polluant. Les rejets d'un véhicule à hydrogène sont composés uniquement d'eau. Il n'y a aucune émission de particules nocives ou de CO².

Autre avantage par rapport aux batteries : avec l'hydrogène l’autonomie est plus importante et le temps de recharge est très rapide. Il ne prend que quelques minutes.


Comment vous inscrivez-vous dans le plan gouvernemental pour un hydrogène décarboné en France ?

Nous sommes, avec STOR-H, sans conteste un acteur de la transition écologique, s’inscrivant dans la lignée du plan hydrogène et du plan de relance économique annoncés par le Gouvernement, plaçant l’hydrogène sur le devant de la scène.


Un autre point caractérise votre vision d’entreprise : le « produire en France ». En quoi est-ce important, selon vous ?

Je suis convaincu que la délocalisation industrielle ne contribue qu’à appauvrir notre territoire et nos savoir-faire locaux. C’est la raison pour laquelle nous privilégions les circuits courts et des prestataires français.

Chez nous, les revenus, issus des salaires de nos collaborateurs, ainsi que ceux des prestataires avec lesquels nous travaillons, contribuent à enrichir le territoire. Par leur consommation au sein de l’économie locale, ces ménages créent à leur tour de la richesse. Un cercle vertueux se met en place, gage de la bonne santé de l’économie de proximité.


Comment se traduit la localisation industrielle de votre production ?

Nous avons déployé une production nationale locale qui nous permet d’économiser des frais de transport, d’optimiser la main-d’oeuvre, les emballages et la logistique :
  • un atelier d’assemblage de scooters, un atelier de formation et un service client à Bezons ;
  • les lignes d’assemblage sont hébergées au sein d’un site unique, à Guise dans l’Aisne, dans lequel nous stockons nos conteneurs ;
  • L'électronique est conçue et fabriquée dans la banlieue sud de Nantes en Loire-Atlantique ;
  • Les batteries électriques sont également assemblées à Artigues-près-Bordeaux, en Nouvelle-Aquitaine.