9 juillet 2021

Fiches pratiques : Le respect des droits des personnes intersexes

Tel que prévu dans le cadre du plan national d’actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023, la DILCRAH met à la disposition du grand public et des professionnels des fiches pratiques sur le respect des droits des personnes intersexes. Produites en collaboration avec le conseil scientifique de la DILCRAH et le Collectif intersexes et allié.e.s (CIA) ces fiches pratiques et ouvertes à toutes et à tous visent à favoriser la création d’un environnement inclusif en milieu éducatif, dans le domaine de la santé et dans le cadre des activités sportives.

L’intersexuation : qu’est-ce que c’est ?

Les personnes intersexes ont des caractéristiques sexuelles (chromosomes, hormones, organes génitaux) qui ne correspondent pas aux définitions types des corps féminins ou masculins. Autrement dit, les personnes intersexes naissent avec des variations de leurs caractéristiques sexuelles. On peut en distinguer trois types :
 
  • Des organes génitaux atypiques (par exemple, un clitoris jugé trop grand, une soudure des lèvres génitales, une absence de vagin ou d’utérus, un pénis jugé trop petit, des gonades [1] mixtes etc) ;
  • Une production atypique d’hormones (par exemple, un taux de testostérone élevé chez une fille, entraînant une plus forte pilosité, l’absence de règles etc) ou une réceptivité différente aux hormones (insensibilité partielle ou totale par exemple);
  • Une constitution génétique atypique (par exemple, plus de deux chromosomes sexuels, comme XXY [2]).
Il faut noter que ces différentes réalités ne sont pas des pathologies. Dans la large majorité des cas, la santé n’est pas menacée par des caractéristiques sexuelles atypiques, même si d’autres aspects d’un syndrome peuvent exceptionnellement requérir un traitement [3]. Les enfants intersexes représentent 1,7% des naissances[4], soit environ 12 800 en France en 2019. A l’inverse d’une personne intersexe, on parle d’une personne dyadique quand elle naît avec des caractéristiques sexuelles typiquement masculines ou féminines. On parle d’intersexuation ou de variation du développement sexuel.

Le terme « hermaphrodisme » est un concept biologique qui ne correspond pas à l’intersexuation [5]. De la même manière, les termes « anomalie » ou « trouble » du développement sexuel sont à proscrire en ce qu’ils renvoient à une pathologie. Enfin, il ne faut pas confondre intersexuation et transidentité : alors que l’intersexuation concerne les caractéristiques sexuelles innées de la personne, la transidentité porte sur son identité de genre [6]. Les personnes intersexes, indépendamment de leur corps, peuvent être des femmes, des hommes et des personnes non-binaires.

Accéder aux fiches pratiques pour accéder à une boîte à outils et des clés de lecture permettant de créer un environnement inclusif, c’est-à-dire qui respecte les sensibilités des personnes intersexes. Ces fiches pratiques comportent trois focus : éducation, sport et santé.
  [1] Organe sexuel qui produit des gamètes (ovaires, testicules).
[2] La majorité des personnes nait avec deux chromosomes sexuels : XX ou XY.
[3] Par exemple, l’hyperplasie congénitale des surrénales avec perte de sel.
[4] Conseil de l’Europe. Droits de l’homme et personnes intersexes. Document thématique publié par le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Strasbourg, 2015.
[5] L’hermaphrodisme désigne le fait de disposer d’un double appareil génital fonctionnel, ce qui n’est pas le cas des personnes intersexes.
[6] DILCRAH, Fiche pratique sur le respect des droits des personnes trans, 2019.

Voir également, "Contre les discriminations, les personnes intersexes en quête de visibilité" , Léa Fournier, Libération, 3 juillet 2021
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