Écolier
12 février 2019

École de la confiance : un projet de loi pour poursuivre la transformation du système éducatif

L’examen du projet de loi pour une école de la confiance a démarré, le 12 février, à l’Assemblée nationale. Il marque une nouvelle étape dans la transformation de notre système éducatif, après le lancement de réformes essentielles ces 18 derniers mois : dédoublement des classes en CP/CE1 en REP/REP+, nouveau lycée, nouveau baccalauréat, nouvelle voie professionnelle…
 
"Poser les bases d’une école qui inspire confiance – par la formation et l’évaluation – et qui crée de la confiance, en permettant la réussite et l’épanouissement de l’élève dès le début de sa vie et dès 3 ans", tel est l'objectif énoncé, le 11 février, par le ministre de l'Éducation nationale au quotidien Le Monde.

Quelles sont les principales mesures du projet de loi ?

Le projet de loi examiné à l'Assemblée nationale propose plusieurs mesures phares. Parmi celles-ci :
 
  • L’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans est une mesure sociale, puisqu’elle améliore les chances de réussite des 26 000 enfants encore non scolarisés en maternelle aujourd’hui. La recherche a montré que c’est entre 3 et 6 ans que l’enfant développe des compétences indispensables à l’apprentissage des fondamentaux. La mesure concerne aussi les enfants qui ne sont présents que partiellement pendant la semaine. Le surcoût pour les communes sera compensé par l'État. Il est évalué par le Gouvernement à 100 millions d'euros et non 150 millions d'euros. Cela concernera autant des écoles publiques que des écoles privées sous contrat.
     
  • La création des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé) propose une homogénéité de la formation des enseignants sur le territoire. Aujourd'hui, chaque ESPE choisit combien d’heures sont consacrées à tel ou tel enseignement. Avec les Inspé, l’Éducation nationale aura son mot à dire sur la formation des enseignants. Pour le ministre, l'objectif est d'en faire de véritables écoles professionnelles au sein de l’université, profitant du meilleur de la recherche et du meilleur de l’expérience des professeurs devant élèves.
     
  • La pré-professionnalisation vise à accompagner financièrement 3 000 étudiants se destinant à l’enseignement chaque année à partir de la deuxième année de Licence (L2). Ils bénéficieront de près de 700 euros par mois en L2, puis près de 1 000 euros par mois en L3 et M1, en échange de 8 heures de présence dans un établissement, où ils commenceront progressivement à enseigner avec le statut d’assistant d’éducation. Cet accompagnement pourra se cumuler avec des bourses, ce qui permettra de sécuriser des cursus d’étude pour des élèves issus de milieux défavorisés. L’objectif est de renforcer l’attractivité du métier de professeur – un défi majeur pour l’Éducation nationale – et de mieux accompagner les futurs enseignants tant par l’aide financière que par un tutorat pour les étudiants sur 3 ans.
     
  • L'évaluation des établissements est renforcée avec la création du Conseil d’évaluation de l’école. Cette mesure permet de développer une politique nationale d’évaluation des établissements scolaires. L’évaluation sera menée par des experts mais comportera aussi une part d’autoévaluation. Elle portera sur la réussite pédagogique mais aussi sur le climat scolaire. L’objectif est de mieux accompagner les établissements. L’évaluation devient synonyme de levier, non de sanction, pour aider les équipes à progresser, ensemble, en détectant les difficultés et en accompagnant pour apporter des réponses.
     
  •  La création du statut d’établissement public local d’enseignement international (EPLEI) facilite le développement de cursus en plusieurs langues, accueillant à la fois élèves étrangers et élèves français, sur initiative des collectivités. Ces EPLEI seront un levier d’attractivité important pour nos territoires, et un élément majeur pour le rayonnement du système éducatif français dans le monde.