25 février 2019 - Actualité

Des alternatives aux produits phytosanitaires

Le PDG de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a remis à la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, et au secrétaire général pour l’investissement, Guillaume Boudy, le rapport "Cultiver et protéger autrement".
 
"Nous devons compter sur la recherche pour trouver des solutions et pour aller avec les agriculteurs vers une agriculture plus écologique et utilisant moins de produits chimiques", avait déclaré Frédérique Vidal lors de la présentation du programme "Cultiver et protéger autrement" en juillet 2018. Ce dernier vise à développer des solutions alternatives à l’usage de produits phytosanitaires.

Parmi eux, le glyphosate, pesticide particulièrement répandu dans le secteur agricole, est classé par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme "probablement cancérogène".

Comment sortir des produits phytosanitaires ? En accompagnant les agriculteurs, en mettant en place un plan ambitieux de sortie du glyphosate, en s'aidant de la recherche pour trouver des solutions alternatives respectueuses de la santé et de l'environnement.

Accompagner la transformation de l’agriculture française

À l’issue des États généraux de l’alimentation en 2017, le Gouvernement s’est engagé à accompagner l’ensemble du secteur vers l'adoption de pratiques agricoles favorables à l'environnement. Deux outils ont été mis en place pour atteindre cet objectif :
  • Les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) qui soutiennent l’adoption de pratiques agricoles plus vertueuses. Sur une période de 5 ans, les pouvoirs publics soutiennent financièrement les efforts des agriculteurs en contrepartie d’engagements pris par ces derniers.
  • Les aides à la conversion à l’agriculture biologique, qui visent à accompagner le manque à gagner des agriculteurs pendant la phase de conversion à l’agriculture biologique. Ces aides ont également une durée de 5 ans.
Au total, le soutien aux agriculteurs pour passer à des modes de production plus respectueux de l’environnement représente un coût de 1,3 milliard d’euros pour les pouvoirs publics.

Fin du glyphosate en 2022

Engagement de campagne du président de la République, la réduction puis l’arrêt de l’utilisation des produits phytosanitaires ont été engagés par le Gouvernement à travers un plan d’action global.

Les objectifs fixés : réduire leur utilisation de 25% en 2020 puis de 50% en 2025. Les principaux usages du glyphosate devraient quant à eux cesser d’ici trois ans.

Le plan gouvernemental de sortie du glyphosate s’articule autour de plusieurs mesures :
  • La création d’une plateforme pour rendre accessible à l’ensemble des agriculteurs les solutions existantes pour sortir du glyphosate ;
  • Le renforcement des actions d’accompagnement des agriculteurs dans le cadre du programme Ecophyto ;
  • La mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture, et de l’enseignement agricole pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate ;
  • Le suivi des quantités vendues et utilisées des produits contenant du glyphosate ;
  • L’incitation au niveau européen à s’engager dans une sortie rapide du glyphosate.

La recherche pour sortir des produits phytosanitaires

Avec la recherche, les produits phytosanitaires n'ont qu'à bien se tenir !  Le rapport de l’Inra, "Cultiver et protéger autrement", présente un panel de solutions pour que scientifiques et agriculteurs instaurent de nouvelles façons de cultiver sans recourir aux produits phytosanitaires.

Deux axes sont définis :
  1. Approfondir les connaissances en biodiversité pour stimuler les mécanismes naturels de défense des plantes et des espaces cultivés (insectes, champignons, virus...).
  2. Mettre en place des outils structurants, comme le couplage de capteurs biologiques et de l’intelligence artificielle pour monitorer en temps réel les cultures.
Parmi les solutions développées en laboratoire : l’utilisation de la résistance naturelle des pommiers sauvages pour lutter contre le mildiou, des bactéries pour lutter contre le feu bactérien ou encore des virus pour éradiquer les larves des papillons qui infestent les pommes.

Prochaine étape du programme : identifier, définir et séquencer l’appel à projets lancé en juin 2019.

Pour ce faire, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation s’appuiera sur l’Inra, sur le secrétariat général aux investissements et sur l’Agence nationale de la recherche.