La deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté

Le ministre des Outre-mer a présenté une communication portant sur la deuxième consultation sur l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté.

Ce dimanche avait lieu, conformément aux accords de Matignon et de Nouméa, la deuxième consultation sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.

Les Calédoniennes et les Calédoniens, à 85,64 %, ont massivement participé à ce scrutin déterminant pour leur avenir. Cette participation est le signe et le gage de la légitimité du processus démocratique unique engagé en 1988 par Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, sous l’égide du Premier ministre Michel Rocard.

Cette consultation s’est déroulée dans le respect des contraintes imposées par la crise sanitaire et de l’expression libre des convictions de chacune et de chacun.

À la question « souhaitez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », les électeurs ont répondu « non » à 53,26 % et « oui » à 46,74 %.

Les électeurs se sont donc majoritairement prononcés, pour la seconde fois, en faveur du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France. Le vote pour l’indépendance a cependant progressé, en 2 ans, de près de 3,5 points (43,33 % des suffrages exprimés en 2018), moins de 10 000 voix (pour environ 180 000 électeurs) séparant les deux options. Ce vote a progressé dans toutes les communes, sauf une (Maré), et y compris à Nouméa (23,31 % en 2020 contre 19,49 % en 2018).

L’accord de Nouméa prévoit la possibilité d’organiser une troisième consultation posant la même question, si la demande en est exprimée, à partir du 4 avril 2021, par le tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Si tel était le cas, l’État se tient prêt à l’organiser. Ce troisième scrutin interviendrait alors avant le 4 octobre 2022.

Certains responsables politiques et institutionnels de la Nouvelle-Calédonie ont cependant précisé qu’une autre voie pourrait être explorée, avec le concours de l’État, pour trouver un consensus qui permettrait de construire pour toutes les Calédoniennes et tous les Calédoniens un avenir leur permettant de vivre ensemble et en paix.

Quelle que soit l’option retenue par les élus calédoniens, le processus engagé en 1998 s’achève et la dernière étape de l’accord de Nouméa s’ouvre.

Le ministre des Outre-mer se déplacera en Nouvelle-Calédonie dès cette semaine. Dans le prolongement de l’allocution du Président de la République qui a suivi la consultation, le Gouvernement s’efforcera, au fil des prochains mois, d’accompagner les forces politiques calédoniennes dans la réflexion pour une définition plus précise des conséquences du « oui » et du « non », sans limiter l’échange aux seules questions institutionnelles mais en l’élargissant aux principaux défis de la Nouvelle-Calédonie, notamment l’indo-pacifique, le développement économique et le défi climatique.